28 mai 2015

Et la responsabilité, Bordel? #fifagate #etautres

Normalement, la responsabilité vient avec le poste lors de l'ascension sociale.

Lorsque l'on se trouve au sommet de la pyramide, on est "responsable" des actions du reste de cette pyramide.
C'est d'ailleurs pour cela que souvent, les salaires et avantages à ces postes "à responsabilités" sont bien plus importants que pour les autres.
Le revers de la médaille - dans un monde de bon sens - c'est que si la pyramide dysfonctionne, le haut de celle-ci doit faire - au minimum - un pas de côté vu qu'elle n'a pas bien géré.

Nous vivons dans un monde où il existe une fracture sociale. Cela veut dire qu'entre les gens au sommet de toutes les pyramides et le reste du monde, il n'y a plus de comparaison financière: les uns croulent sous l'argent quand les autres comptent chaque euro.
Mais qu'en est-il de la responsabilité?
Combien de ministres/élus paient de leur poste ou avantages lorsque les lois qu'ils mettent en place ont de mauvais résultats?
Combien de hauts-fonctionnaires paient de leur poste ou avantages la mise en place de mauvaises règles qui amènent à de mauvais résultats sur le terrain?
Combien de têtes couronnées payent encore de leurs avantages le fait que leur pays se désagrège?
Combien de présidents de partis politiques ont fait un pas de côté quand on a découvert des fraudes dans leur parti?
Combien de mandataires syndicaux ont remis leur mandat quand ils ont fait de mauvais choix pour la société et leurs affiliés?
Etc, etc...

Et actualité du jour, comment est-il possible de penser qu'un dirigeant tout puissant à la FIFA depuis 4 mandats puisse être réélu alors que toute la pyramide sous lui semble crouler sous la corruption?

Franchement, j'ai mal à ma définition de la responsabilité...

08 mai 2015

Taxe des mandataires, pas des millionnaires?

On a appris récemment qu'une taxe des millionnaires "version PTB" était infaisable au niveau wallon.
L'opposition au fédéral (qui est au pouvoir au régional) a bien évidemment vite rejeté la patate chaude au niveau supérieur, faisant fi du fait qu'en Europe, les raisons dissuadant la taxe au niveau régional s'appliquent de la même manière au niveau fédéral, qui n'est jamais qu'une grosse région d’Europe.
Plutôt que se battre sur de l'idéologie difficile à mettre en place, pourquoi ne pas envisager une taxe pragmatique qui, même en n'étant qu'un geste symbolique, pourrait rapprocher le politique du citoyen?

En effet, qu'y a-t-il beaucoup en région francophone? Des niveaux de pouvoir et des institutions publiques à multiples mandataires dont certains avec cumul rémunéré.
Existe-t-il un cadastre des mandats? Oui, et ceux qui n'y répondent pas sont en infraction.
Pourrait-on appliquer une taxe juste? Oui, grâce à l'accessibilité des informations via les partis politiques, il est possible de mettre un plancher en dessous duquel on ne l'appliquerait pas si le mandataire est réellement "petit".
Pourrait-on le faire rapidement? S'il est possible de faire des taxes en urgence pour le citoyen "normal", on peut supposer qu'il n'est pas très compliqué de l'appliquer à ceux qui prennent eux-même les décisions sur ces lois!

Est-ce utopique? Sans doute, car si l'on regarde l'histoire de la politique dans le monde, s'il y a bien une corporation qui ne prend jamais de décision contre elle-même tout en préférant faire payer le reste de la population, c'est bien la classe politique.  Le simple fait d'aborder ce sujet entraînerait sans doute des jugements sur le "populisme" de la mesure.

Si un jour, un parti démocratique venait avec ce genre de proposition, mon avis sur mes prochains votes blancs pourrait changer et je pense que je ne serais pas le seul d'après ce que j'entends quand je côtoie l'électeur lambda non intéressé par la politique. En effet, montrer l'exemple - fut-il menu  - plutôt que donner l'impression de ne jamais vouloir s'attaquer "qu'aux autres" permettrait d'avoir une autre vision des mandataires de Lasnes, Ixelles et autre Waterloo (exemples au hasard, évidemment...)!

15 avril 2015

La "cyber-sécurité": un débat mal positionné?

Une "cyberattaque" sur TV5 Monde suivie d'une attaque de type "Déni de Service" - comme il y en a des dizaines dans le monde sur de nombreux sites chaque mois - sur les journaux "Le Soir", "Sud Presse", "la DH" et "La Libre" et les médias s'emballent.

Il faudrait renforcer la sécurité informatique? Nos données seraient en danger?
Bien évidemment, les médias invitent des "experts" à donner leur avis.
Les premiers, commerciaux de sociétés de consultance informatique, vous expliquent qu'il faut renforcer la sécurité avec des logiciels ou grâce à des audits (qu'ils vendent ou pratiquent, sans doute).
Les suivants, avocats actifs dans la cybercriminalité vous expliquent ce qu'il faut faire pour lutter contre celle-ci sans savoir techniquement de quoi il retourne.

Puis, vous avez ceux qui se taisent; ceux qu'on n'interviewe pas car ils n'ont rien de spectaculaire à dire: les informaticiens.
Ces derniers, eux, savent que le focus n'est pas mis au bon endroit.
Ils savent qu'une architecture informatique performante scinde (via au minimum une zone démilitarisée, voire des serveurs non connectés) les services web facilement "attaquables" sur un réseau dont le principe de base est l'ouverture à tous et les services critiques de l'entreprise et que donc, ce type d'attaque est visible, mais peu risquée pour le "core-business" de l'entreprise si elle a bien fait son job en amont.
Ils savent que l'énorme majorité des failles de sécurité est d'origine humaine et que l'organisation la mieux préparée et la plus sécurisée ne résistera jamais aux utilisateurs qui cliquent par inadvertance sur les attachements de mails qui contiennent des virus ou qui mettent leurs mots de passe sur des post-it accessibles pour tous, voire visibles lorsqu'ils communiquent via téléconférence.

Je ne travaille plus dans la sécurité informatique depuis 15 ans, mais rien n'a vraiment changé sur le fond, même si la technologie a évolué.
Si les troyens se sont fait avoir par un cheval de bois rempli de soldats, c'est parce que le facteur humain a joué, pas la solidité des murailles...

En bref, les médias qui voudraient que l'état investisse de manière déraisonnable dans les technologies de défense devraient se limiter à mettre en avant le fait que l'attaque sera toujours à un moment ou à un autre impossible à contrer. Quitte à investir, mieux vaut le faire dans une solution permettant d'avoir un backup permettant de relancer le système sur un outil séparé non infecté et redémarrer au plus vite plutôt qu'investir dans une muraille qui sera toujours contournable par erreur humaine.

Autre exemple, pour éviter de voir ses photos privées "embarrassantes" étalées au grand jour, la meilleure solution restera toujours de ne pas les faire, ou au minimum de ne pas les placer dans un endroit à risque, ce que sera toujours toute plateforme liée à un réseau dont la base est l'échange d'informations.

Le problème est avant tout un problème de mentalité plus qu'un problème de technologie: mieux qu'un "coyote" faillible, rien de tel que respecter la limite de vitesse pour éviter un procès-verbal ;)

02 avril 2015

C'est difficile d'être rationnel dans un monde d'émotion attisée par les médias...

Une fois de plus, le monde virtuel (et pas que lui) est en ébullition « à cause » de Michelle Martin, suite à son accueil par un ancien juge namurois.
Ce juge, tout le monde le trouvait excellent quand il venait défendre intelligemment la justice sur les plateaux de télévision. Depuis, il s'est présenté sur les listes du PTB (extrême gauche) et il a accepté d'accueillir une libérée sous conditions plus que controversée.  Est-ce que ces deux choix ont fait de lui une personne mauvaise ou incompétente ? Non !
Et même si je ne partage pas sa vision politique ou si je n'accepterais pas de faire le geste qu'il a fait, je continue à lui reconnaître intelligence et raisonnements.
En effet, il suit une certaine logique en faisant ce geste : si l'on ne veut pas d'une société qui accepte la peine de mort ou les peines à vie pour les personnes qui se rendent complices de meurtre par manque de réaction, on ne peut pas faire deux poids – deux mesures selon la personne impliquée.
En effet, la justice a tranché et elle a décidé que quelqu'un - tout complice d'un meurtrier qu'il soit - ne méritait pas telle peine si il n'avait pas tué directement.
Ne faudrait-il pas par exemple se dire qu'un passager dans la voiture d'une personne très alcoolisée qui tue un enfant parce qu'il n'est plus capable de contrôler son véhicule pourrait alors craindre une telle peine? En effet, en n'agissant pas et en le laissant prendre le volant alors que tout le monde connaît les risques encourus vu les nombreux cas du passé, il a aussi été complice du meurtre d'un enfant.
Pour la famille, le décès d'un enfant par une personne tierce serait aussi inacceptable dans ce cas que dans celui qui nous occupe, non? Mais là, les médias n'insistent pas spécialement...

Lors de toute tentative de discussion rationnelle sur ces sujets, arrive toujours bien un moment de type « point Godwin » où l'on te sort le sempiternel « Tu ne peux pas comprendre, ça ne t'est pas arrivé » ou « si c'étaient tes enfants, tu ne dirais pas ça ».
C'est tout à fait juste mais bien évidemment, les gens qui te disent cela n'ont pas non plus été dans le cas mais eux, « ils savent »...

En bref, dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, on risque de nouveau de voir réapparaître les « familles groseille » et autres « ma couille ».
Je comprends qu'on puisse haïr Michelle Martin; je peux comprendre qu'on n'accepte, ni ne comprenne le manque de réaction dont elle a fait preuve quand elle était sous la coupe de son malade de mari.
J'irais même plus loin, je ne suis pas certain que si l'on me demandait un avis sur ce qu'il faut faire à terme du meurtrier qu'est Dutroux, je n'aurais pas des idées radicales comme elles sont pratiquées dans d'autres pays occidentaux pourtant dits civilisés.
Néanmoins, je ne veux intellectuellement pas mettre le crime de lâcheté ou la culpabilité d'accepter l'innommable en étant sous la coupe d'un être abject sur le même pied que le passage à l'acte.
Je veux penser qu'il est possible que tout le monde puisse avoir une seconde chance s'il n'a pas tué de ses mains. Je dis volontairement « seconde » et pas « deuxième ».
Sinon, que penser de ceux qui connaissaient les atrocités perpétrées dans les régimes dictatoriaux ou ceux qui étaient au courant des massacres que leurs soldats perpétraient en cas de guerre ?

On me dira sans doute « ce n'est pas la même chose »...
Argument facile qui n'empêche pas d'accepter d'au moins en discuter et de ne pas avoir d'idées fermées totalement imperméables au moindre argument et au moindre doute. Quand on « croit » avoir « LA » vérité quels que soient les arguments défendus par les intellectuels, c'est souvent assimilable à un comportement de secte.

Et malheureusement, on a de plus en plus de comportements sectaires autour de nous...
C'est peut-être aussi pour cela que le monde occidental régresse de plus en plus...

02 mars 2015

Le saut d’index, ce mauvais dogme syndical

D'abord, quelques chiffres pour concrétiser les mots:
  • Si on se base sur un exemple trouvé sur un site officiel, une indexation moyenne peut valoir une augmentation de 70 euros bruts, soit +/- 40 euros net. On peut donc considérer que sur une année, un salarié moyen pourrait perdre +/- 480 € net par an.
  • Un paquet de cigarettes coûte +/- 7 euros d’après un site de référence. Si on considère un être humain qui fume un paquet par jour, arrêter lui fera économiser 365 x 7, soit 2555 € par an.
  • Un dagobert coute en moyenne 3 euros. Faire son propre dagobert à la maison revient à maximum 1 euro. Demander à ses 2 ados de prendre leurs tartines 2 jours par semaine plutôt qu’acheter des dagos permet une économie de 8 euros par semaine sur 40 semaines, soit 320 € par an. 
  • Un plein de diesel coutait l’an passé 75 euros (1.5€ x 50l) et coute actuellement  60 euros (1.2€ x 50l). Un travailleur qui n’a pas de carte essence de société et roule une grosse heure par jour pour son travail fait un plein par quinzaine, soit +/- 27 par an. Il aurait donc « économisé » en ne faisant rien 15 x 27, soit 405 € par an et pourrait faire bien plus s'il devait moins se déplacer.
  • Perdre son emploi et tomber au chômage pour la personne du premier exemple lui ferait perdre un gros 600 € net (2200 € - 1400 €), soit un bon 7200 € par an.
  • Enfin, un cadre supérieur dans une moyenne entreprise (salaire de 5000 euros brut) perdrait via une indexation +/- 100 euros bruts, soit +/- 700 € net par an.
De tous ces chiffres, que peut-on ressortir ?
  • L’indexation automatique non plafonnée est foncièrement moins favorable pour les salaires plus faibles. Tant qu’à se battre pour l’index, les syndicats devraient donc se battre pour un plafonnement de l’indexation, ce qui permettrait aux entreprises de gagner des marges qu’ils pourraient réinvestir en salaires, primes ou innovations.
  • La perte liée à un saut d’index unique est relativement peu impactante dans la vie de tous les jours, bien plus touchée par une modification significative du prix des combustibles. Ensuite, elle est virtuelle car elle parle d'argent que l'on n'a pas et sur lequel on ne peut pas compter pour faire son budget.  Finalement, elle peut être compensée en cas de besoin pour certains par de simples économies de comportement.
    Les syndicats devraient donc se battre pour la modération des taxes sur certains biens de première nécessité pour le travailleur ou promouvoir les économies en termes de déplacement via le télétravail ou la création d’antennes délocalisées plus proches du domicile des travailleurs pour ceux qui doivent bouger.
  • Perdre son emploi est beaucoup - mais alors beaucoup - plus impactant sur le niveau de vie d’un être humain que perdre un saut d’index! Dans un monde en pleine évolution, où les pays émergeants sont en train de prendre une partie du travail de nos pays occidentalisés, les syndicats ne peuvent pas se permettre par leurs actions d’impacter encore plus l’image des travailleurs belges et risquer par la suite une fuite encore plus importante des besoins de production de biens et services vers là où la main d’œuvre ne coûte rien (même si ce n'est pas acceptable, mais c'est un débat pour les syndicats de là-bas, pas les nôtres).
En conclusion, l’idéologie, c’est bon pour une société en pleine croissance mais dans nos sociétés en pleine crise, il serait bien que les syndicats se concentrent sur les choses qui comptent vraiment : la fraude fiscale, les élus qui agissent dans leur intérêt plutôt que celui du bien commun, les évolutions technologiques ou managériales qui permettraient de vrais évolutions du bien-être au travail, de vrais économies pour les travailleurs qui doivent se déplacer ou utiliser des biens privés pour leur job ou les gaspillages de tous types, etc.
Par contre, amis syndicats, foutez-nous donc la paix avec ce saut d’index car si vous voulez défendre le travailleur, ce qui est normalement votre but premier, il y a bien d'autres choses à faire bien plus utiles pour chercher des solutions innovantes et proposer des alternatives plutôt que de bloquer et de refuser l’inévitable.
Mais cela demande plus de raison, plus d'imagination, plus d’intelligence, plus de dialogue voire plus de courage devant la réalité.

01 mars 2015

Mon avis sur le cas De Decker

Je n'ai plus confiance dans les hommes politiques qui ont du pouvoir, ont grandi dans des familles où l'on ne doit plus apprendre à "gagner sa vie", ou cumulent avec des métiers où l'enrichissement peut demander de mettre ses valeurs "en sommeil".
Le pouvoir (et l'argent qui va avec) corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument.
Entendre les copains MR de De Decker expliquer que gagner des sommes indécentes venant d'une personne "sulfureuse", ce n'est pas grave (parce que c'est de l'argent privé et que seul le client peut se plaindre du prix payé), c'est démontrer au pire qu'ils n'ont pas beaucoup réfléchi à la situation et au mieux qu'ils se couvrent, ce qui est inacceptable.

Le problème n'est pas ce que ce soit de l'argent public ou privé.  Je vois de prime abord deux points litigieux dans sa défense:
- D'un côté, un homme ne peut décemment pas cumuler autant d'heures de travail et fournir de la qualité.  Vouloir le faire croire, c'est mentir. Soit il est payé rubis sur l'ongle pour un travail que d'autres font, soit pour un travail bâclé qu'autre chose permet de valoriser.
Il serait sage que l'on remettre en doute TOUS les cumuls sur base du temps estimé pour un job via l'expérience de tous ceux qui l'ont fait (et pas seulement ceux qui auraient intérêt à le minimiser). Par exemple, il n'est pas acceptable que pour cause de cumul, les députés soient absents des chambres de décision si cela fait partie du travail pour lequel ils sont payés.
- D'un autre côté, il n'était peut-être pas capable de changer la loi seul comme il s'en défend, mais il est tout à fait possible qu'il l'ait laissé croire, ce qui est encore plus honteux.  S'il a fait quelque chose pour mériter de telles sommes en utilisant sa fonction, c'est inacceptable et s'il n'a rien fait pour faire changer la loi mais qu'il a fait croire à son influence pour demander des honoraires exorbitants, c'est de la malhonnêteté professionnelle.

En résumé, je n'avais déjà plus beaucoup d'espoir dans la politique, j'en ai encore moins.
Ils ne sont peut-être pas foncièrement malhonnêtes ou de mauvaise foi mais j'ai de plus en plus l'impression que tout qui a touché au pouvoir n'en sort pas indemne: ils vivent dans un autre monde où l'argent n'a pas la même valeur et où l'éthique n'a pas le même sens que nous.  Que nous reste-t-il comme choix en tant qu'électeur? Des partis qui acceptent de couvrir des comportements à tout le moins dysfonctionnants, des partis dogmatiques ou des partis extrémistes... On n'est pas sauvé!

24 février 2015

J’en veux (toujours) à Ecolo....

Sous l’époque Javaux et ses co-présidentes (Isabelle Durant et Sarah Thurine) puis juste après, un momentum s’est présenté. 
Tout était en place pour faire changer la Wallonie. Le PS n’était plus en odeur de sainteté à cause d’affaires récurrentes et médiatisées tandis que le cdH n’était plus là que pour maintenir certaines baronnies locales et certains mandats.

Ecolo aurait pu changer la donne en Wallonie en étant une véritable alternative. 
D’abord en mettant le PS hors du gouvernement, ce qui aurait (peut-être) permis de mettre en place plus facilement une meilleure gouvernance (bien que l’on m’ait assuré que tout n’était pas entre leurs mains, ce que je peux entendre). 
Ensuite, je reste persuadé qu’à un moment où une partie de la population voyait ce parti comme une alternative aux pratiques politiques classiques, il était possible de conquérir un électorat centriste en choisissant de pousser des décisions sur base moins idéologiquement « à gauche ».
Même si à posteriori, je me rends compte que cette idéologie fait partie intégrante de l’ADN d’Ecolo - comme l’écologie en fait partie – je me dis qu’il était possible de le faire autrement.  Ecolo se présentait comme un parti non dogmatique mais il a démontré qu’il l’était dans ses communications, aussi bien en voulant faire croire à l’électricité gratuite qu’en voulant imposer des choix « durables » sans l'expliquer avec plus de pédagogie aux citoyens lambda.
En faisant de l’idéologie, les écolos se sont affaiblis et se sont fait éjecter du pouvoir par le citoyen déçu des espoirs mis en eux. 
Et maintenant, les éoliennes passent à la trappe sans alternative réelle, le photovoltaïque est moribond, les centrales repartent avec sparadraps et la bonne gouvernance redevient un fantôme qui ne verra sans doute jamais le jour.

Je leur en veux car pour la Wallonie, c’est direction le mur sans compromission pour satisfaire l’égo des petits barons et des mandataires qui vivent grâce au « on a toujours fait comme ça ».
La seule sortie de la pauvreté galopante ne pourra se faire que comme en Flandre, via une opposition extrémiste au fonctionnement actuel. Et l’extrémisme, de gauche ou de droite, ne nous mènera qu’à l’exclusion de l’autre et à la souffrance. 
Ecolo n’est bien évidemment pas le seul coupable, mais je leur en veux de ne pas avoir saisi leur seconde chance: quand on a déjà connu le crash "Francorchamps" et les "convergences de gauche", on devrait avoir compris comment marche cette démocratie malade de ses mandataires et agir pour la soigner de l'intérieur en acceptant quelques compromissions sur sa com'…

Vous me direz, "pourquoi ne pas en vouloir aux autres, ceux qui dysfonctionnent?"
Parce qu'eux, je n'attends plus rien de leur part depuis bien longtemps et ne vois aucun tressaillement qui laisserait espérer un changement...

26 janvier 2015

Foot, religion: séparations - tout est dans tout!

Ce dimanche, une image de tifo avec une décapitation de joueur a fait le "buzz" et le tour du monde. En ces temps où l’État Islamique décapite à tout va, ce choix d'image était irresponsable.
Avant, j'aurais ri de ce que je pensais être du second degré des supporters de foot.
Ça ne me fait plus rire car je crains qu'il n'y ait pas que du bon-enfant dans tout ceci: il y a de la vrai et puante haine pour au moins une petite minorité.

Le matin, j'entendais dans le débat télévisé sur les cours de religion que pour les plus "faibles d'esprit", la séparation en groupes confessionnellement homogènes pouvait être la base d'une animosité future si en dehors de l'école l'encadrement est intolérant.
L'après-midi, on présente une affiche qui, pour certains "faibles d'esprit" dont le football est une sorte de religion, pourrait renforcer cette haine de l'autre.
Il y a 30 ans, les choses de même type avaient un impact moins violent:


#VivreEnsemble

On parle de promouvoir le "vivre ensemble" mais on n'arrête pas de mettre en place dans notre société des silotages qui séparent les gens:
- tu dois être rouche, zèbre, blauw en zwart ou mauve mais l'un exclut l'autre,
- tu dois voter à gauche, à droite ou à l'extrême mais il semble impensable que tu puisses panacher tes idées,
- tu dois être chrétien, musulman, juif ou laïc et on te met dans des classes différentes en formant des groupes scolaires sur cette base,
- tu dois être catalogué sans revenu, à revenu modeste, de la classe moyenne ou riche sans pouvoir expliquer les causes de ta situation financière,
- tu dois être ouvrier, employé, cadre ou cadre supérieur afin de définir la taille de ton bureau ou de ta voiture de société sans tenir compte de l'apport concret que tu as envers ton employeur,
- etc, etc, etc...
Et je ne parle pas de la différence faite par certains entre les "races", orientations sexuelles ou simplement genres. 

L'être humain passe sa vie à cataloguer ses semblables pour pouvoir adapter son comportement à des types "communs".  Dans certains cas, c'est sans doute justifiable pour des raisons pragmatiques mais pour d'autres, c'est simplement compliquer le "vivre ensemble".
En effet, on voit dans l'actualité qu'avec une bonne propagande, on peut transformer une frange complète de la population en bourreaux sans pitié envers "les autres". Ce fait n'est pas nouveau, à chaque guerre, c'est le même principe.

Je pense qu'il est donc plus que temps d'essayer d'éliminer certaines séparations qui ne sont pas "justifiables" et ne plus accepter le manque de respect là où on peut légiférer:
- dans les écoles, il faut la mixité confessionnelle comme on a eu la mixité homme/femme et où on essaye la mixité sociale (qui serait plus facile à appliquer en instaurant le respect en classe mais c'est un autre débat);
- dans les stades de foot, il faut éradiquer sans faiblesse toute insulte lorsqu'elle n'est pas explicitement de l'humour: les "enculés, fils de pute" à chaque dégagement de gardien adverse sont des insultes, pas de l'humour; les jets d'objets "solides" doivent être punis;
- les politiciens doivent montrer l'exemple et pouvoir être punis d'exclusion temporaire des lieux de débats démocratiques s'ils y dérapent: on éviterait certains spectacles dignes d'anciens pays du bloc de l'est;
- etc...
Maintenant, ça n'arrivera sans doute jamais car tout le monde connait le principe du "diviser pour mieux régner" et du "panem et circenses" mais au moins, qu'on essaye de limiter les dégâts au maximum..

19 janvier 2015

Si nécessaire, démarrons la guerre scolaire!

Depuis des années, à chaque discussion sur des modifications de fond dans l’enseignement, le politique francophone sort sa carte « Guerre Scolaire » pour tout stopper.

Il ne faudrait toucher à rien au risque de faire éclater une guerre scolaire qui mettrait à mal le « pacte scolaire » et serait catastrophique pour le pays.

D’abord, l’enseignement étant communautarisé, ce ne serait pas un problème pour le pays - comme ce fut le cas dans les années 50 - mais juste en Communauté française, qui n’a plus beaucoup de compétences (en terme budgétaire) hors enseignement et qui pourrait survivre à un blocage temporaire.

Ensuite, l’enseignement en communauté française fonctionne mal. De nombreux signes en attestent: les différentes études PISA; les résultats catastrophiques en 1ère année des jeunes qui se lancent dans des études supérieures; l’incapacité à réformer le technique et professionnel pour en faire une vrai filière de qualité et pas une voie de garage; le manque de moyens que l'on voit dans les écoles à filière technique; etc.

Enfin, nous sommes à un « momentum » suite aux attentats chez Charlie Hebdo : nombreux sont les consciences qui reconnaissent que scinder les élèves sur base confessionnelle n’est pas une bonne idée pour le « vivre ensemble ».  De plus, nombre de parents d’élèves du « libre » n'y mettent plus leurs élèves parce qu’ils « croient » mais bien parce que souvent, le projet pédagogique parfois plus exigeant et plus discipliné leur semble une meilleure option pour la préparation au futur de leurs bambins. On veut de la mixité sociale mais on ne pourrait supporter une mixité convictionnelle dans les cours d’écoles?

C’est le moment ou jamais de tout remettre à plat : penser à des cours d’histoire des religions, de citoyenneté ou de philosophie communs à tous les élèves dans toutes les écoles ; envisager des coopérations - voire des fusions - locales dans les écoles sans tenir compte de la conviction du réseau mais bien sur base du projet pédagogique ; mettre en place une vrai flexibilité des enseignants inter-réseaux afin de lutter à certains endroits contre des pénuries et à d’autres de réduire les déplacements pour ceux qui doivent faire plusieurs écoles pour compléter leurs horaires ; etc.

Et si les gens ne sont pas assez adultes, raisonnables ou simplement réfléchis pour voire le bien commun en faisant fi de leurs croyances, il ne faut plus avoir peur de relancer une « guerre scolaire » dont il n’est pas certain qu’il ressortirait du mal. 

La société a changé, le monde se radicalise, il faut s’adapter (vers l'ouverture à l'autre) ou périr (dans des luttes déraisonnables)…

11 janvier 2015

Que faire de ces Charlie?

"En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur." – Gandhi

Faut-il encore écrire quelque chose sur le sujet « Charlie Hebdo » alors que tant de choses ont déjà été écrites et souvent avec tellement de talent et d’émotions ?
Je pense que oui en ce qui me concerne, car lorsque l’on s’occupe d’un blog - comme c'est mon cas depuis plus de 10 ans - c’est que l’écriture est un exutoire, une évacuation de la frustration de ne pas avoir travaillé dans le journalisme mais d'en aimer les valeurs. Lorsque l’émotion est présente, il est parfois utile de coucher sur papier (ici, sur les réseaux) les idées qui nous rongent.
Je n'arrive néanmoins plus à tourner mes phrases pour dire quelque chose d'intéressant, d'intelligent voire d'utile depuis ces événements... Alors, pour marquer néanmoins le coup, je vais poser ici les quelques points que j'arrive à mettre en avant sans trop les développer. Je le ferai peut-être plus tard.
  • Je n'aimais pas toujours l'extrémisme (de gauche) de Charlie Hebdo mais j'étais par contre un grand fan de leur vision athée. Cela démontre que la pensée est multiple: on peut aimer une partie d'un tout sans aimer le tout, ce que trop de partis politiques ne comprennent pas toujours...
  • Je trouve bizarre que derrière la même bannière #JesuisCharlie puissent se trouver aussi bien des gens qui ont des idées nationalistes (françaises), voire racistes que des gens qui sont pour l'ouverture à tous. On y trouve des laïcs, des musulmans, des juifs, des chrétiens pourtant parfois animés de valeurs si différentes....
  • Je suis surpris que dans une espèce de déni de réalité, les médias parlent très peu de ceux qui ne se sentent pas "Charlie". Ceci permettrait d'en évaluer la force et l'impact. #Connaîtrenosennemis
  • Je suis déçu que certains politiques responsables d'attaques contre la liberté de la presse (Israël, Arabie, Turquie, etc.) soient invités à participer à une marche pour la liberté d'expression.
  • Je pense que ce n'est pas tellement l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo qui a touché tellement de monde (car certains n'en avaient sans doute jamais entendu parler) mais c'est bien le fait que le terrorisme s'attaque à des civils - représentant la liberté d'expression et qui avaient pour tâche principale d'essayer de faire réfléchir les gens via l'humour - dans une grande ville occidentale, comme cela avait été le cas le 11 septembre 2001.
  • J'espère que pour contrer la radicalisation, nos responsables politiques vont penser à écouter le bon sens des intellectuels et philosophes plutôt que les sempiternels accords chevrechouttistes. On entend déjà la ministre Milquet parler de plan de lutte contre la radicalisation quand les intellectuels confirment qu'arrêter de séparer les élèves de différentes croyances dans des cours de religion pour les regrouper dans des cours d'histoire des religions serait bien plus fédérateur. 
  • Le pouvoir que représente la presse, qui est souvent le seul à dénoncer aussi bien les abus de pouvoir que les abus de biens publics ou les autres dysfonctionnements inacceptables, doit survivre et être plus fort que jamais. A la limite, il est plus utile que beaucoup d'élus qui ne concrétisent pas souvent leurs promesses.
  • Je pense qu'un débat sur la sécurité doit se mettre en place. J'ai entendu parler d'un guantanamo européen, d'un patriot act du même genre. Je ne sais pas, je suis de ceux qui pensent que céder un peu de secret de ses actions pour une plus grande sécurité est envisageable mais sous contrôle très strict.
  • J'ai connu (et participé à la) la marche blanche en Belgique. Très impressionnante, très digne mais après, avec peu de résultats concrets (selon mon avis). J'espère que cette fois, ce sera différent.
Voici quelques idées en vrac. Pour l'instant, je ne suis pas capable de mieux. J'espère que quand l'émotion sera retombée et que je serai de nouveau en mode "observateur", je pourrai lancer des débats plus cohérents.

06 janvier 2015

Exclusion du chômage: problème mal posé?

Oui, il est normal qu'après 3 ans, une personne qui n'a pas réussi à trouver un emploi malgré une prime d'aide à l'insertion professionnelle perde celle-ci. Si après 3 ans, la prime ne l'a pas aidée, elle ne le fera peut-être jamais parce qu'il y a de bonnes raisons pour cela. Le chômage devrait être une aide temporaire permettant de retrouver un emploi. Si ce n'est pas possible, ce n'est plus cet organisme qui doit payer.
Non, il n'est pas normal que sans cette prime, des personnes se retrouvent dans la pauvreté si elles ne gaspillent pas leurs revenus mais cela n'a rien à voir avec l'exclusion du chômage!  
On se trompe de débat et de cible.

Je ne prends pas ici position idéologiquement sur le bienfondé des éventuelles solutions proposées (telle que l'allocation universelle), mais simplement, on ne lutte pas contre la pauvreté en donnant des allocations détournées.
Si on veut que chacun ait un minimum pour bien vivre, qu'il soit capable ou pas de trouver un job, c'est l'allocation de base fournie par les CPAS qu'il faut augmenter et pas se plaindre que les gens qui n'ont pas un profil "employable" dans les conditions économiques actuelles (qui sont ce qu'elles sont, qu'on le veuille ou pas) s'y retrouvent.  Il n'est pas anormal qu'à partir d'un moment, seule l'aide sociale puisse aider certains profils de citoyens qui ne rentrent plus dans les "normes" du système, fut-ce pour de bonnes raisons.
Dans le débat actuel, qu'est-ce qui pose plus problème: que les gens "exclus du chômage" n'aient plus de prime pour trouver un job après 3 ans (gouvernement fédéral) ou qu'on arrête les primes permettant aux gens de se lancer comme indépendant (gouvernement régional)?
Le problème est en fait le même: s'il n'y a pas assez d'emploi pour tout le monde et qu'on ne veut pas forcer/aider les gens à lancer leur propre job, peut-être faut-il accepter qu'une partie de la population restera inactive parce qu'elle n'en a pas/plus les capacités.

Si on accepte ce préalable, la bonne question est de savoir s'il faut augmenter l'allocation de base qui permet aux gens de vivre hors pauvreté et si pour ce faire, le politique est prêt par exemple à limiter les gaspillages (mandats, niveaux de pouvoir, dépenses électorales, gares pharaoniques, saupoudrages de subsides, etc.).
Mais ça, c'est une autre histoire visiblement....

23 décembre 2014

La caricature "de gauche" n’aide pas…

Actuellement, le peuple de gauche se trompe de cible.

Oui, il y a plus de cas malheureux que de cas de parents irresponsables amenant à la pauvreté des bébés mais en essayant d’occulter cette part d’ombre que représentent les gens insuffisamment éduqués que pour comprendre l’investissement que représente la mise au monde d’un (voire de plusieurs) enfant(s) et le fait qu’après, il faut s’en occuper pendant une partie de sa vie, on laisse les gens qui triment pour subvenir aux besoins de leurs enfants écouter la voix de certains extrémistes qui montrent ceux qui attendent une aide caritative comme des profiteurs, alors que nombre d'entre eux ne le sont pas.

Oui, il y a plus de conséquences catastrophiques de la crise que d’adultes malhonnêtes profitant du système dans les personnes qui vont perdre leurs allocations de chômage en janvier 2015 mais en essayant d’occulter l’existence de cette minorité d’assistés, on laisse les politiciens très à droite jouer avec la caricature dans les slogans attaquant les moins nantis et mettre en place des mécanismes dangereux qui auront des impacts sur l’ensemble des gens sans faire de nuance.

Oui, il y a plus de cas de travailleurs inquiets pour l’avenir que de syndicalistes bêtes et méchants retournant des vêtements dans des magasins ou vidant des universités à force de menaces mais en ne dénonçant pas de manière claire et précise ces cas minoritaires, on laisse les travailleurs qui ne croient pas que la grève soit une solution s’imaginer qu’une minorité est en train de prendre le pouvoir de force dans notre pays (ce qui est la définition du totalitarisme)…

Une seule solution : la transparence et le fact checking ! Je veux croire que d’un côté comme de l’autre, on trouve des cas « exceptionnels » et puis, une grande majorité de cas « classiques ».  
Pour l'instant, en voulant utiliser des tableaux caricaturaux ou simplistes pour s'attaquer à la méchante droite et faire passer des messages justes, on prend une partie de la population « non convaincue idéologiquement » pour des cons et souvent, c'est contre-productif...
Je veux espérer que si l'on démontrait la vérité des chiffres, la majorité des gens serait ouverte à l'évolution d'une société plus solidaire où chacun fait sa part et de son mieux, selon ses moyens propres et ses capacités pour travailler vers un bien-être commun...

Allez, joyeux Noël quand même...

15 décembre 2014

La morale des grèves d'automne...

Qu'est-ce que je retiens des grèves d'automne?

1. Quand tu donnes du pouvoir à certains cons en leur donnant l'impression d'avoir "une mission", qu'ils soient de gauche ou de droite, ça finit toujours par déraper et par sortir des limites de la légalité, de la bien-séance et de la courtoisie. Et quand en plus, tu les mets en face de cons aux idées opposées, tu risques des échauffourées.
2. Quand tu attaques politiquement un gouvernement avec un canon avant même qu'il n'ait eu vraiment l'occasion de démontrer les idées de son programme et surtout, en focalisant sur un seul d'entre eux alors que le problème est plus global (classe politique dans son ensemble, europe, etc.), tu lèves contre toi des tas de personnes qui sont d'accord avec tes principes mais ne peuvent accepter tes méthodes.
 3. Quand tu te limites à une ou deux mesures slogans pour justifier ton opposition, tu te bloques des possibilités de négocier alors que c'est la seule sortie honorable pour tout le monde...
  • Le saut d'index? Ce serait tellement plus intelligent de repenser l'indexation pour tout le monde en y mettant un plafond plutôt que d'obliger de faire payer les bas salaires via un saut d'index pour éviter l'indexation des plus hauts...
  • La pension à 67 ans? Il est vrai qu'actuellement, le monde est plein de petits vieux de 64 ans et demi qui donnent cours, qui travaillent dans les épiceries et qui vous reçoivent aux guichets de la poste... Postposer de 2 ans va tout changer...
Bref, les syndicats, en embrayant de manière totalement exagérée sur la propagande du PS ont cassé l'outil important qu'est le droit de grève. Maintenant, ils n'ont plus d'armes pour la suite.
Finalement, ces grèves seront sans doute contre-productives.
J'espère juste que les responsables syndicaux auront au moins la décence d'accepter des compromis si à un moment la ligne modérée du gouvernement Michel1 propose un vrai Tax-Shift qui serait bénéficiaire pour tous les travailleurs...

05 décembre 2014

La bonne extrême droite vs la mauvaise extrême droite...

De nouveau, je ne défends pas la position du #BeGov ou le passé de Jan Jambon. Je lutte contre tout extrémisme depuis que je m'intéresse à la "chose publique" mais une nouvelle fois, je ne peux laisser passer cette propagande et cette manipulation permanente que le PS organise dans ce pays.

Je ne suis pas journaliste, mes sources non validées ne sont donc que des articles internet mais après tout, quand on voit que l'opposition fédérale composée d'élus décidant de lois qui influencent des générations entières ne fait pas mieux pour prendre ses décisions, un blogueur de quartier doit pouvoir se le permettre....

A écouter les hauts dirigeants du PS et du CDH que sont Paul Magnette et Joelle Milquet dans les débats, les liens de Jan Jambon avec l’extrême droite flamande devraient le faire démissionner car un parti démocratique ne peut supporter de donner du pouvoir à des gens avec de telles idéologies.
Sur le fond, je ne m'oppose pas à cette idée. S'il est prouvé (plainte, décision de justice?) que c'est le cas, je préférerais voir ce gars en dehors d'un gouvernement qui pourrait prendre des décisions qui influencent nos vies de tous les jours...

Mais, car il y a un mais...
Un rappel via quelques liens:
- En Turquie, il existe un mouvement d'extrême droite: Les Loups gris, mouvement armé néo-fasciste, anti-communiste, anti-Kurdes, accusé de terrorisme et d'infiltration dans la politique européenne. lien wikipedia
- Les loups gris sont présents en Flandre entre autre au SPA (de gauche): lien "Alert"
- Le journal "Résistances" qui dénonce les liens entre Jambon et l'extrême droite a déjà relevé les liens entre PS et Loups Gris: lien 1, lien 2
- Laurette Onkelinx, chevalier blanc anti extrême droite Jambon, aurait déjà été "compromise" avec les loups gris: Lien 
- Un ex-député socialiste de Charleroi, actuel membre de l'équipe communale carolo du chevalier blanc Paul Magnette aurait soutenu les loups gris: Lien
- etc... (tout qui sait utiliser Google peut relever les infos)

En résumé: j’exècre l'extrémisme depuis toujours, qu'il soit de droite ou de gauche. Je l'ai déjà prouvé par le passé dans mes actes liés à la politique. Donc, je ne supporte pas de penser qu'un type avec des idées nauséabondes puisse être ministre de l'intérieur de mon état.
Mais maintenant, je ne supporte pas non plus le deux poids deux mesures et si le passé d'une personne publique doit avoir un impact sur sa carrière actuelle, ce ne peut pas être le PS, qui a visiblement accepté en ses rangs des gens fricotant avec l'extrême droite turque, qui mène la fronde contre ce personnage.
C'est une question de crédibilité de la classe politique (à supposer qu'elle en ait bien évidemment encore)...

24 novembre 2014

La liberté de penser a plus de valeur que le droit de grève...

Je n’ai pas fait grève ce lundi 24/11 (même si j'ai été jeté hors du bureau manu militari en matinée) et pourtant je ne suis pas d’accord avec le manque de justice fiscale dans les décisions du gouvernement Michel.
Le CD&V a raison quand il dit qu’en période de crise, ce sont ceux qui ont les épaules plus larges qui doivent faire un effort supérieur.
Et je ne parle pas ici de ceux qui ont juste un salaire plus "confortable" dans la classe moyenne mais bien de ceux qui ramassent le pactole sans trop travailler pour y arriver, comme par exemple les spéculateurs mobiliers et immobiliers, les mandataires politiques cumulards et autres patrons qui s’enrichissent sans suivre les règles éthiques de base…

Je ne serais pas contre la grève (ou en tout cas une certaine démonstration d’opposition à l’évolution du monde actuel) si elle était dirigée contre les classes dirigeantes, les décideurs politiques de tous niveaux de pouvoir qui prennent des décisions unilatérales, les élus qui utilisent les budgets publics pour leur profit indirect en en faisant payer le prix aux travailleurs, etc.
Par contre, je suis contre une grève qui ne se dirige que contre un seul gouvernement. Dans ce cas spécifique, c’est pour moi de la manipulation politique.

Je peux bien évidemment comprendre la présence de responsables syndicaux à l'entrée des lieux de travail pour informer ceux qui ne veulent pas faire la grève pour des raisons diverses et variées (besoin financier, service public, poste critique, petites structures où chaque jour compte, etc.) mais je ne peux accepter que soit renié le droit au travail ou simplement le droit à ne pas être d'accord.
Si des partisans de la NVA menaçaient des travailleurs ou des conducteurs qui ne sont pas d’accord avec eux, on parlerait de fascisme, de déni de démocratie et d’autres noms plus durs encore. 
Ce n’est pas parce qu’un homme a un sac poubelle rouge ou vert sur le dos que ses menaces, son incapacité à accepter que d’autres puissent penser et  agir autrement que lui sont plus acceptables que s'il en avait un jaune et noir.

En bref, le jour où les syndicats s’occuperont d’ennuyer les vrais responsables de nos problèmes que sont les élus de tous les niveaux de pouvoir, y compris l’européen voire le mondial tout en laissant le citoyen de base conserver sa liberté de penser et d’agir tout en mettant en avant des valeurs plus que des caricatures, ils me verront de leur côté. 

D’ici là, si des gens se sont battus pour le droit de grève, bien plus l’ont fait pour que l’on conserve la liberté de parole et d’actions (légales). Lorsqu’il y a menaces et obligation, il n’y a plus de liberté et je m’y opposerai.
Accepter qu’il faut faire le bien des gens contre leur volonté, ce n’est pas plus démocratique que ce que certains dénoncent dans le nord du pays et si on le refuse d'un côté, on ne peut l'accepter de l'autre…

17 novembre 2014

les bons riches vs les mauvais riches...

Ce matin, le ministre Marcourt, dans une interview sur la RTBF, parlait avec dédain de ces « riches » qu’il fallait sans doute faire payer pour équilibrer les budgets.

Il y a un débat idéologique qui a d’ailleurs démarré ces derniers jours quant à savoir si les patrons qui pourtant produisent de la richesse doivent être plus taxés que les autres. Je pense personnellement que oui, mais je ne veux pas aborder ce débat ici.

Mon propos est plus un problème récurrent avec certains slogans ou autres remarques que l’on trouve dans la bouche de nombreux représentants de « la gauche ».
Ces gens passent leur temps à critiquer les « riches » et les « nantis », ces êtres malsains qui, à les écouter, « mangent des pauvres au petit déjeuner » et qu’il suffirait de faire cracher au bassinet pour améliorer la vie de tous.

Il y a juste un petit point qui me chiffonne. Ces ministres de gauche, ne sont-ils pas des personnes qui – souvent grâce à l’argent public – se sont construits des patrimoines financiers qui les mettent à l’abri, eux et leurs enfants, pour des lustres ?
Il est bien évidemment difficile de le prouver, leur patrimoine étant déclaré dans le plus grand secret dans des enveloppes qui ne seraient ouvertes (avec peut-être de grosses surprises à l’intérieur) qu’en cas de problème avec la justice.
Néanmoins, on peut supposer qu’avec leur salaire, l’endroit où ils habitent voire le nombre de leurs mandats rémunérés et/ou de résidences, ils font aussi partie de cette classe sur laquelle ils vomissent dans les médias.

J’aimerais donc comprendre cette schizophrénie qui permettrait à un élu de définir – à l’instar des bons et des mauvais chasseurs – qu’il y a des « bons riches » et des « mauvais riches » et que – comme par hasard – eux sont du bon côté…

Si quelqu’un a une idée….

16 octobre 2014

Le gouvernement du moindre mal…

Puisque tout le monde donne son avis sur le nouveau gouvernement, je ne peux pas ne pas le faire. :)

Je relève quatre grands manques avec le gouvernement « Michel I ». C'était pourtant possible malgré un positionnement de centre droit:
  • ne pas avoir instauré une obligation de création / conservation d’emplois au versement d’aides, subsides et autres notionnels est une erreur, car même si souvent les petits patrons sont de bonne volonté, on ne peut espérer qu’en période de crise, une société qui n’est pas extrêmement solide financièrement puisse consolider l’emploi avant de consolider ses finances. Quant à celles qui le sont, elles dépendent d'actionnaires qui voient le profit avant tout…
  • ne pas avoir instauré de taxe sur la plus-value en cas de spéculation dans tous les domaines. Il y a peut-être des arguments valables pour ne pas le faire mais de nouveau, en période de crise, il faut pouvoir faire contribuer au bien commun ceux qui ont vraiment plus de moyens et là où les partis d’extrême gauche proposent des solutions irréalistes voire pelliculaires, cette taxe aurait été un signal tout en restant juste. 
  • ne pas avoir (encore) coupé dans l’argent « donné » au roi. Avec un parti républicain dans le gouvernement, on aurait pu espérer que la luxure affichée par la famille royale pour un rôle devenu de plus en plus représentatif aurait été diminuée. Quant à nos mandataires bien rémunérés...
  • ne pas avoir trouvé une solution pour avoir une plus grande parité « hommes-femmes » en son sein. Maintenant, reconnaissons que des partis « conservateurs » comme l'ex-CVP ou la NVA ne sont pas toujours portés sur l’ouverture du pouvoir aux femmes…
Il y a certainement d’autres points litigieux mais il y a de très bons journalistes politiques qui ont déjà fait une analyse plus détaillée des pour et des contre.

A l’inverse, j’ai encore plus de problèmes avec certains arguments populistes de l’opposition :
  • le saut d’index est socialement injuste ? Si certains politiciens étaient arrivés à passer outre leurs dogmes pour réfléchir, ils auraient acceptés de modeler l’index afin qu’il soit plafonné aux plus gros salaires. Au lieu de cela, tout le monde va le payer. C’est donc à la base que le problème se pose : cette décision est la « moins mauvaise » solution pour alléger l'économie vu la manipulation des masses organisée sur ce sujet "tabou".
  • la retraite à 67 ans au lieu de 65 ans ? Combien atteignent cet âge en bonne santé et en restant performant ? La réalité du terrain dans notre système occidental - heureusement humain - fait que ceux qui ne sont plus capables physiquement ou intellectuellement de travailler ne le feront plus et que les autres seront bien contents d’encore pouvoir garder leur pouvoir d’achat total deux ans de plus. On en reparle en 2030?
  • l’austérité ? Vouloir faire croire que ce qui est une « austérité » au niveau fédéral n’est qu’une « bonne gestion des économies » au niveau wallon est au pire de la malhonnêteté intellectuelle et à tout le moins une mémoire sélective. En effet, si les responsables francophones et wallons du passé n’avaient pas mis en place tellement de mécanismes gaspillant l’argent public, ils ne pourraient pas si facilement se contenter d’économies. D’un côté, on est à l’os tandis que de l’autre on commence à enlever le gras des gabegies des 60 dernières années… Et avec les provinces, le brol « Wallonie Bruxelles », les intercommunales et d’autres mécanismes bien inutiles et couteux dont les élus locaux sont principalement les bénéficiaires, on a encore de la marge quoi que certains en disent.
  • le problème avec les profils « extrémistes » de la NVA ? C’est pour moi déplacé de venir brandir sa lance de chevalier blanc alors qu’on les connait depuis bien longtemps, y compris à l’époque où l’opposition actuelle négociait avec eux pour former un gouvernement. C'est également oublier qu’on a dans ses rangs des personnes qui ont été impliquées ou sont soupçonnées de choses aussi gênantes (un ancien ministre avec des relations extrémistes turques niant le génocide arménien ou le cas d’une actuelle ministre et ses soupçons de manipulation de la presse pour couvrir un membre de sa famille en salissant une jeune fille) que l’on n’a jamais vraiment éclaircies.
En conclusion, que penser de ce gouvernement ?
  • Est-ce un bon gouvernement ? On ne le saura qu’à l’usage ! Il faut parfois juger les gens sur leurs actes plutôt que leurs paroles. L’orientation est différente, laissons-lui sa chance. L’avenir nous dira si c’est vraiment un gouvernement qui privilégie l’optimalisation des ressources ou si c’est – comme le dénoncent certains – un gouvernement des nantis.
  • Risque-t-on des catastrophes ? En sachant que l’Europe est derrière comme belle-mère pour tout surveiller, je pense qu’il y a peu de risques. De plus, il semble que le parlement, pour une fois, soit dans l’optique de faire son travail de surveillance de l’exécutif.  
    Le seul risque étant à terme un éclatement de la Belgique mais franchement, les débats actuels alimentés par l’opposition démontrent (comme Bart De Wever l’espérait sans doute) qu’il y a deux peuples avec des histoires, des sensibilités, des aspirations et des cultures différentes dans ce pays. Si l’opposition francophone ne peut le comprendre et accepter que la majorité en Belgique puisse décider de temps en temps, peut-être faut-il en effet envisager autre chose que la « Belgique actuelle » et sinon, se rejoindre sur les points communs.
  • A-t-on une alternative ? Soyons un peu réalistes, il n’y a pour l’instant pas d’alternative. Si les gens du MR ont un peu d’amour propre, refaire un gouvernement avec le PS demandera un certain temps et il n’y a mathématiquement pas d’autre possibilité. De plus, l’alternance au pouvoir est ce qui permet à la démocratie de s’assainir. Il faut donc continuer dans cette voie, même si le casting doit être revu dans le futur pour les plus complexes des profils de ce gouvernement. Il sera toujours temps de changer plus tard...

02 octobre 2014

La mondialisation nous a « tuer »….

Lundi matin, un “expert” nous expliquait dans l’émission Matin Première que l’état pourrait payer les pensions, que l’inverse n’était que « faux arguments de “la droite” pour instaurer l’austérité » et qu’il était possible d’adapter les moyens publics pour résoudre le problème.

Cet “expert” dans le monde de l’emploi et des pensions est en réalité un récent candidat socialiste aux élections qui a fait une très belle et très longue carrière dans les hautes sphères publiques (Docteur en droit, il sera passé d’employé d’un syndicat de gauche à chef de cabinet puis président de SPF, etc.).  En un mot, encore quelqu’un qui parle de l’emploi sans jamais avoir mis les pieds dans une entreprise et n’a donc qu’une vue “biaisée” de l’ensemble de l’équation.

Au même moment, on nous parlait d’une déflation de plus en plus réaliste… Je vais donc tenter une démonstration opposée à cet avis d’expert qui pourra sans doute paraître simpliste pour certains mais que j’attends toujours que l’on me démonte.

Dans une société capitaliste qu’est – que cela plaise ou pas à certains – l’Europe, il n’y a qu’une seule manière pour une majorité de citoyens élevés dans ce système de “vivre avec plaisirs”: gagner de l’argent qu’ils peuvent ensuite dépenser en biens et services via les loisirs.

Cet argent, la grande majorité l’obtient via des salaires directs ou indirects (l’indépendant ne faisant jamais que se “payer” un salaire à lui-même) qu’il obtient en produisant ou transformant des ressources.  Le reste des personnes obtient son argent de subsides ou allocations du Service public.  Ce Service public obtient quant à lui cet argent via une dette (qu’il ne peut décemment plus creuser s’il ne veut pas tuer les générations futures) qui le rend totalement dépendant et via des impôts et taxes qu’il prélève chez les entreprises et les citoyens de sa sphère de pouvoir qui produisent/travaillent ou consomment d’autres ressources.

L’autre constat qu’il est impossible de contourner est que la terre est finie et que ses ressources sont limitées. D’ici à ce que l’être humain disparaisse suite à son comportement irresponsable, il restera un gâteau de taille finie à se partager.

Dernier point de la démonstration, ce gâteau de taille finie, les anciens pays pauvres sont en train d’en prendre des parts de plus en plus grosses, cela s’appelle la mondialisation et aussi un certains rééquilibrage naturel entre les peuples.

Une seule solution cartésienne à cette équation: le niveau de vie des pays pauvres augmentera toujours plus ou moins rapidement via un transfert des activités et des productions de nos contrées vers les leurs et l’effet balancier fait que de notre côté, il diminuera toujours plus.
Bien évidemment, on ne peut pas le dire trop fort car ce serait la révolution et le risque de laisser un être humain qui n’aurait plus d’espoir se laisser aller à des comportements que la société a mis des siècles à contrôler…

A mon avis, l’espoir de certains est que cette transition vers une certaine pauvreté se fasse en douceur, sur plusieurs générations.  A ce moment, seuls certains privilégiés qui auront amassé des richesses d’ici là et ceux qui auront eu le courage de partir vivre dans les nouveaux pays en croissance pourront conserver le niveau de vie actuel.
Les autres s’adapteront car c’est ce que fait l’être humain pour survivre.

Mais cela n’empêche pas le constat: plus jamais rien ne sera comme avant dans nos contrées capitalistes pour le citoyen « moyen », et entendre des journalistes aller chercher des experts bien loin du terrain citer des énormités telles que “c’est possible, il suffit d’agir sur tel ou tel levier”, ça me semble intellectuellement malhonnête.

Notre vision de la société « riche » est déjà « morte » mais elle ne veut pas encore le reconnaître. Ça s’appelle le déni…

25 septembre 2014

Parce qu’on ne gère bien que de ce que l’on connait...

  • Quand un élu qui n’a jamais travaillé dans une entreprise de sa carrière se met à disserter sur les solutions pour gérer des entreprises, pour relancer l’emploi privé ou simplement se permet d’aborder les problèmes internes au secteur privé comme s’il les connaissait, j’ai envie de rire. 
  • Quand un élu issu d’une lignée de mandataires politiques bien rémunérés ou de riches avocats/réviseurs d'entreprises qui n’a jamais connu le besoin se permet de dire qu’il comprend les gens qui vivent la misère ou la pauvreté parce qu’il en a côtoyé lors de ses visites de terrain, j’ai envie de pleurer. 
  •  Quand un élu dont les collègues viennent de refuser une diminution, fut-elle symbolique, des leurs rémunérations se met à expliquer que le citoyen doit faire un effort parce que pour s’en sortir, il n’y a pas d’autres solutions (ce qui est vrai mais visiblement pas applicable de la même manière à tous), j’ai envie de pleurer de rire.
  • Quand un élu dont les "copains" ont décidé de faire d’une partie de pays un enfer administratif à nombreux niveaux de pouvoirs entremêlés qui gaspillent l’argent public sur l’autel du placement de mandataires se permet de parler d’optimalisation des ressources, j’ai envie de faire un "facepalm".
  • Quand un élu prend des décisions sur l'enseignement de tous les citoyens alors qu'il n'a pas d'enfants ou que ses enfants sont planqués dans des écoles privées à pédagogie différenciée, j'ai des envies de meurtre...
Et il y a sans doute d'autres exemples.

Je pense que tous ces exemples font partie d'une longue litanie de vues de l'esprit sur des comportements permettant d’alimenter le populisme. Tant qu’une grande majorité de citoyens aura plus à perdre qu’à gagner dans un changement de régime, la colère restera intérieure. Si un jour, un point critique est atteint, nous devrons redouter l’avenir. Il n'est pas trop tard, mais il est temps.
Néanmoins, comme une majorité d’’êtres humains est génétiquement programmée pour ne pas scier la branche sur laquelle elle est assise, il est probable que jamais les élus ne se mettront de bâtons dans les roues pour profiter un maximum d’un système qu’ils ont cadenassé et auquel l’électeur de base ne comprend rien et qu'il ne change pas car on lui explique que « ce serait pire autrement ».

Pourtant, si on est créatif, on peut imaginer une obligation d'expérience pour les élus.
  • Par exemple, pour un élu qui va s’occuper des entreprises, demandons de pouvoir faire valoir sur son CV au moins un an d’expérience comme employé et à défaut de devoir suivre deux mois de stage dans 3 à 4 entreprises différentes, aux horaires des employés « classiques » (comme un étudiant le ferait pour découvrir le monde de "l'entreprise").
  • On pourrait demander une obligation pour les législateurs de ne pouvoir décider de lois qui impactent les salaires des travailleurs qu’à la condition de pouvoir présenter en même temps une loi qui impacte les "salaires" des élus (soit ceux qui ne doivent leur rémunération qu’au bon vouloir du président de leur parti puis au vote du citoyen et pas du tout à leurs "résultats professionnels").
  • Pourquoi ne pas envisager pour un élu qui va s’occuper des chômeurs de vivre trois mois avec des indemnités de chômage tout en faisant toutes les démarches que l’administration lui impose (quitte à en faire un reportage journalistique pour suivre son parcours) ou pour un élu qui va s’occuper des transports en commun de ne prendre que ceux-ci pendant deux mois?
  • Pourquoi ne pas choisir un ministre de l'enseignement parmi les élus qui ont des enfants dans l'enseignement qui en a le plus besoin (tel que technique et professionnel dont les élus parlent mais ne s'occupent pas depuis 30 ans)?
  • etc.
Solutions simplistes, symboliques et populistes ? Ça se discute mais je pense qu’une démocratie est malade quand elle permet à des personnes de prendre des décisions sans expérience concrète des domaines abordés et surtout, s’ils arrivent à ces postes non par leurs qualités et leur passé professionnel mais simplement parce qu’ils ont un nom qui leur permet de rameuter de nombreux suffrages.

Ce n’est pas parce que la démocratie ne fonctionne pas au niveau du choix parfois irrationnel de candidats sur les listes qu’il ne faut pas essayer d’inventer des solutions pour en corriger les défauts à l’étape suivante alors que ce n'est pas si complexe ou couteux que cela.

02 septembre 2014

L’avenir de la Wallonie pourrait être en Europe, plus en Belgique

Qu’on le veuille ou pas, la Belgique « de grand papa » n’a plus de raison vraiment objective de subsister dans l'absolu.  C'est l'habitude et la dette qui nous retiennent.
Les flamands et les wallons vivent en effet dans des optiques différentes. On peut considérer comme « cliché » le flamand travailleur et le wallon fêtard mais il est un fait que tout semble montrer que la mentalité germanique est bien ancrée au nord alors que la mentalité latine est plus que jamais le « way of life » du sud: on le voit jusqu'aux choix démocratiques imperturbables dans le temps.

Est-ce vraiment un problème ? Dans un monde parfait, ou dans une économie florissante, sans doute pas : des groupes d’individus peuvent faire des choses de manière différente tout en arrivant à des résultats satisfaisants malgré tout.  Le juste équilibre des choses est ce qui devrait motiver les masses: un équilibre de vie entre travail et vie privée est en effet humainement plus valorisant que le « tout pour l’argent et le travail » de certains radicaux habitant la Flandre et que le « vivons la vie sans se soucier de l’impact sur les autres » de certains utopistes habitant la Wallonie.
Malheureusement, la situation actuelle est loin d’être idéale. Même si on peut reprocher au monde politique son manque de vision à long terme pendant les 60 dernières années, on ne peut l’accabler de tous les maux: la mondialisation inévitable nous entraîne inexorablement vers un "moins bien être" par le principe des vases communicants.  Quoi qu'il en soit, la situation belge qui est en train de se préparer pour les 5 prochaines années est assez inquiétante.

Les responsables politiques sont imbus d’eux-mêmes, vivent dans des tours d’ivoire loin de la réalité de la vie et, comme les généraux des siècles passés, gèrent les finances des états/régions/communautés sur papier, sans vraiment voir l’impact global de leurs décisions. Je ne dis pas que l’inverse serait facile, voire même possible, j'énonce juste un ressenti de plusieurs années.
De cet état de fait, une communauté francophone très à gauche dans un état fédéral à droite à côté d’une communauté flamande prête à faire des sacrifices à court terme pour améliorer sa situation sur le long terme est une bombe à retardement.

Les décisions qu’il faudrait prendre en Wallonie, déjà à la traine depuis des lustres ne seront pas prises, pour le bien immédiat des citoyens (et la satisfaction de l'électorat) mais cela ne pourra qu’augmenter l’insatisfaction de l’autre communauté. L’équilibre de ce pays étant déjà précaire, il sera totalement instable si, à la fin de la législature, ceux qui pensent déjà être les « vaches à lait » du pays voient qu’ils ont fait des efforts là où de l’autre côté, ce n’est pas autant le cas.

En choisissant d’être la dernière région gauloise qui résiste – à tort ou à raison, je n’ai pas les compétences pour le juger – contre la grande méchante austérité, la Wallonie va signer un contrat de rupture avec le peuple flamand et je pense que ce ne sera cette fois plus réversible.
Alors, plutôt que de se plaindre d’une présence d’un parti séparatiste flamand dans le gouvernement fédéral, les responsables politiques wallons devraient se rendre compte que le mouvement est plus large et plus fondamental que cette simple présence NVA. Sauf reprise économique hautement improbable qui redonnerait une autre image de marque à notre région, l’Europe sera notre seule solution de continuer à exercer une certaine spécificité « latine » dans le nord. Et une nouvelle fois, je constate, je ne juge pas.

Il serait donc grand temps d’envisager la chose et quand on voit les priorités de nos élus et les premiers choix effectués (plus de ministres, fin des doubles casquettes, préparation d’une opposition stérile envers un autre niveau de pouvoir, etc.), je continue à avoir de sérieux doute sur la vision à long terme mise en place…