Lundi matin, un “expert” nous expliquait dans l’émission Matin
Première que l’état pourrait payer les pensions, que l’inverse n’était
que « faux arguments de “la droite” pour instaurer l’austérité » et
qu’il était possible d’adapter les moyens publics pour résoudre le
problème.
Cet “expert” dans le monde de l’emploi et des pensions est en
réalité un récent candidat socialiste aux élections qui a fait une très
belle et très longue carrière dans les hautes sphères publiques (Docteur
en droit, il sera passé d’employé d’un syndicat de gauche à chef de
cabinet puis président de SPF, etc.). En un mot, encore quelqu’un qui
parle de l’emploi sans jamais avoir mis les pieds dans une entreprise et
n’a donc qu’une vue “biaisée” de l’ensemble de l’équation.
Au même moment, on nous parlait d’une déflation de plus en plus
réaliste… Je vais donc tenter une démonstration opposée à cet avis
d’expert qui pourra sans doute paraître simpliste pour certains mais que
j’attends toujours que l’on me démonte.
Dans une société capitaliste qu’est – que cela plaise ou pas à
certains – l’Europe, il n’y a qu’une seule manière pour une majorité de
citoyens élevés dans ce système de “vivre avec plaisirs”: gagner de
l’argent qu’ils peuvent ensuite dépenser en biens et services via les
loisirs.
Cet argent, la grande majorité l’obtient via des salaires directs
ou indirects (l’indépendant ne faisant jamais que se “payer” un salaire à
lui-même) qu’il obtient en produisant ou transformant des ressources.
Le reste des personnes obtient son argent de subsides ou allocations du
Service public. Ce Service public obtient quant à lui cet argent via
une dette (qu’il ne peut décemment plus creuser s’il ne veut pas tuer
les générations futures) qui le rend totalement dépendant et via des
impôts et taxes qu’il prélève chez les entreprises et les citoyens de sa
sphère de pouvoir qui produisent/travaillent ou consomment d’autres
ressources.
L’autre constat qu’il est impossible de contourner est que la
terre est finie et que ses ressources sont limitées. D’ici à ce que
l’être humain disparaisse suite à son comportement irresponsable, il
restera un gâteau de taille finie à se partager.
Dernier point de la démonstration, ce gâteau de taille finie, les
anciens pays pauvres sont en train d’en prendre des parts de plus en
plus grosses, cela s’appelle la mondialisation et aussi un certains
rééquilibrage naturel entre les peuples.
Une seule solution cartésienne à cette équation: le niveau de vie
des pays pauvres augmentera toujours plus ou moins rapidement via un
transfert des activités et des productions de nos contrées vers les
leurs et l’effet balancier fait que de notre côté, il diminuera toujours
plus.
Bien évidemment, on ne peut pas le dire trop fort car ce serait la
révolution et le risque de laisser un être humain qui n’aurait plus
d’espoir se laisser aller à des comportements que la société a mis des
siècles à contrôler…
A mon avis, l’espoir de certains est que cette transition vers une
certaine pauvreté se fasse en douceur, sur plusieurs générations. A ce
moment, seuls certains privilégiés qui auront amassé des richesses
d’ici là et ceux qui auront eu le courage de partir vivre dans les
nouveaux pays en croissance pourront conserver le niveau de vie actuel.
Les autres s’adapteront car c’est ce que fait l’être humain pour survivre.
Mais cela n’empêche pas le constat: plus jamais rien ne sera comme
avant dans nos contrées capitalistes pour le citoyen « moyen », et
entendre des journalistes aller chercher des experts bien loin du
terrain citer des énormités telles que “c’est possible, il suffit d’agir
sur tel ou tel levier”, ça me semble intellectuellement malhonnête.
Notre vision de la société « riche » est déjà « morte » mais elle ne
veut pas encore le reconnaître. Ça s’appelle le déni…
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