Tout est parti d'un partage sur ma page des réseaux sociaux d'un article sur la pauvreté: "Pourquoi les pauvres prennent-ils des décisions stupides?".
S'en est suivi un débat long et passionnant principalement entre deux de mes amis sur cette page.
Comme le débat mérite d'être connu en dehors de cette page Facebook, j'ai décidé d'en retranscrire une partie sur mon blog pour qu'un maximum en profitent à l'occasion.
La voici donc:
Fabiano Je
vais lire l'article mais à voir le titre je me demande si la question
est bien posée. On pourrait aussi la poser en ces termes:"Pq les gens qui
prennent sans cesse des décisions stupides restent-il pauvres?" Et la
réponse semble évidente...
Xavier C'est
bien gentil cet article, mais la réponse à la question "Pourquoi les
pauvres sont-ils pauvres ?" est, dans la majorité des cas, évidente. Et
le problème est insoluble... Voir le tableau (et seulement le tableau) http://en.wikipedia.org/wiki/The_Bell_Curve#Content
Fabiano @Xavier:
C'est bien gentil de dire "Voir le tableau (et seulement le tableau)"
mais je ne suis pas assez mouton pour cela, trop rebelle j'aime
transgresser et puis je garde tout mon sens critique aussi...
Alors en deux mots, je prends le bouquin avec des pincettes et c'est un euphémisme !
Bon nombre d'études référencées par le bouquin ont été financées par le Pioneer Fund (http://en.wikipedia.org/wiki/Pioneer_Fund).
Le fond est connu pour financer essentiellement des études tournant
autour de deux sujets: 1. La différence de QI entre races 2.
L'Eugénisme.
Quant
aux auteurs l'un est présenté sur wiki comme " American LIBERTARIAN
political scientist" et l'autre skinnérien essayant finalement de
trouver un meilleur (+ efficace) moyen de contrôler les gens.
Alors
c'est comme Bayer qui sort une étude sur l'aspirine, je ne dis pas que
c'est faux mais disons que je préférerais avoir confirmation de qqn
d'autre. Par exemple, dans l'intelligence émotionnelle (Emotional
Intelligence: Why It Can Matter More Than IQ) D. Goleman minimise la
corrélation entre QI et réussite pour mettre en avant l'importance du
QE...
Quand
je vois nos élites, ceux donc qui réussissent (en affaire, en
politique,...) ils me paraissent plus intrigants et beaux parleurs
qu'intelligents. Evidemment, il faut un minimum d'intelligence pour
bien intriguer et manipuler mais est-ce bien là le trait de ceux qui
réussissent?... Je pencherais plutôt pour Goleman
Fabiano Voilà, je l'ai enfin lu l'article. Qq réflexions en vrac:
1.
"Si les incitations et l'éducation glissent sur eux (les pauvres) comme
l'eau sur un canard?" puis plus bas: "L'éducation permettrait cependant
d'aider ces gens à mieux gérer leurs capacités cognitives." --> Education or not education finalement ?
2. L'article est politiquement assez à gauche.
3.
Un facteur clé semble être le stress. Il fait monter le taux de
cortisol et cela diminue les capacités cognitives. J'ai eu à travailler
sur un projet où l'ambiance était plus que tendue, tout le monde à cran
c'était la guerre entre le business et l'IT les têtes tombaient comme
des pommes en automne. Ca s'est terminé par un mini burn out. 2 semaines
de repos. Et bien quand je suis revenu et que j'ai lu à tête reposée
les derniers mails envoyé je me suis demandé "comment ais-je pu loupé
ça" ou "Comment ais-je pu écrire ça?". Je confirme donc...
4.
Les inégalités sont un point auquel je n'aurais pas pensé. Non
seulement le voisin a un écran plat mais en + la pub est omniprésente ce
qui exacerbe les sentiments de manque, d'injustice et de jalousie. En
sus du stress il faut gérer de tels sentiments. On fini par broyer du
noir, sombrer dans la dépression ou ruminer sa rancœur et sa colère des
manière obsessionnelles. Même si on en est capable, cela ne laisse pas
beaucoup de place pour avoir les idées claire et arriver à se concentrer
pour établir un plan logique quel qu'il soit.
5.
Le sentiment de RARETE me fait penser au livre "Le secret" qui vous
"donne la clé pour obtenir tout ce que vous désirez." Comme d'autres
livres il fait appel à la visualisation créatrice mais il cite aussi la
bible "croyez que vous l'avez obtenu et cela vous sera accordé". Mais on
insiste surtout sur une vision positive du monde et le voir "comme une
corne d'ABONDANCE". Le secret réside à abandonner tout sentiment de
rancoeur, de jalousie, etc afin d'éprouver de la gratitude pour ce que
la vie nous offre (même si c'est peu).
C'est
comme le fait d'avoir un animal de compagnie, même si ça coûte cela
apporte un soutien psychologique indéniable. Dans le même ordre d'idée,
se tourner quand on est seul vers un ami imaginaire (son ange gardien,
un parent décédé, dieu,...) peut apparaître de prime abord très
irrationnel mais c'est peut-être loin d'être stupide si cela fait
baisser les taux de cortisol et d'adrénaline, redonne l'espoir, la
force, la lucidité et le courage pour aller de l'avant.
Donc finalement la solution, en tout cas dans un premier temps, ne se dessinerait-elle pas?
Évangélisez les! Endoctrinez les! Baratinez les! Pourvu qu'ils reprennent espoir...
Après tout c'est une recette éprouvée qui a permis à nos ancêtres de maintenir au travail une large population de pauvres, non?
Xavier @Fabiano
: Je vois que 20 ans après sa sortie, la moindre référence à ce bouquin
provoque toujours le même émoi... Ce pourquoi j'avais dit de ne
regarder que le tableau (basé uniquement sur une population caucasienne,
donc ne risquant pas de souffrir de
biais racistes). C'est vrai qu'il reste un possible biais eugénique.
Ceci étant dit, le QI (un scalaire) ne saurait effectivement pas
reoprésenter à lui seul toutes les facettes du problème. On parle de
plus en plus de QE, et j'ai déjà vu/lu quelques documentaires/articles
ou l'on corrèle mieux la réussite à un fort QI + QE. Et attention que
les tests de QI sont souvent trop couplés à l'éducation...
l'Intelligence est déjà une valeur difficile à définir, donc il est
utopique à mesurer...
Quant
à tes conclusions, tu prônes la solution mise en place par les
Egyptiens, les Grecs, les Romains, et finalement par tous les régimes
politiques religieux depuis 5000 ans... . Solution que nos sociétés occidentales modernes on essayer de rejeter en bloc depuis un demi-siècle . L'opium du peuple
Fabiano Tu es intelligent Xavier et la conversation est des plus intéressante, merci
Mais
Tss Tss pas d'émoi en moi, je n'ai aucun problème à parler racisme ou
eugénisme en gardant la tête froide; je n'ai aucun tabou... J'émets
juste des réserves à propos
d'une étude dont les auteurs ne me paraissent pas impartiaux, c'est
tout. Je suis tout aussi critique face la politique de la LICRA p.ex.
Je sais aussi faire la différence entre anti-sémitisme et anti-sionisme
La
réussite est bien multifactorielle, dernièrement je lisais qu'une étude
indiquait que les gens beaux avaient plus de chances de réussir. Comme
quoi...
Mes conclusions sont la fois ironiques et paradoxales. Elles visaient plus faire réfléchir qu'à me positionner.
Admettons
qu'on les évangélise pour qu'il aillent mieux et pcq on ne peut pas
faire autrement, une question subsiste: Quand est-ce qu'on leur dit que
le Père Noël n'existe pas ?
Ce
qu'il faut voir c'est que les implications de l'article dépassent le
cadre de la stricte relation entre QI et réussite (ou entre pauvreté et
stupidité) Dans quelle société voulons nous vivre? Solidaire ou
individualiste? Réaliste ou idéaliste? Égalitaire ou stratifiée?
Démocratique ou aristocratique?
Car
soit on considère que la masse est génétiquement stupide et inapte à
l'autonomie soit on croit que la masse est capable de s'autogérer.
On
peut être dans une logique du "que le meilleur gagne" ou dans une
logique de solidarité. Par exemple, certains handicapés mentaux profonds
sont inaptes au travail, les prendrons nous solidairement en charge ou
tant pis pour eux, il faut des perdants?
S'il
s'avère que, dû une mécanisation des tâche manuelle et une
complexification des activités intellectuelles, une part de + en +
importante de la population se retrouve "inutile" pcq inapte au travail
nous serons devant un gros problème de société. Que faire? "Survival of
the fittest"? Les productifs ne pouvant réalistiquement prendre en
charge la masse inactive tant pis pour elle. Elle n'a qu'à se démerder?
Ou
alors il existe d'autre modèles tel celui esquissé par Paul Jorion et
d'autres par exemple. On y interdit la spéculation, on remet en
questions les sacro-saints dogmes de l'école de Chicago, on y distingue
la "propriété d'usage" (ce dont on a besoin pour vivre) de la "propriété
de rapport" (les actifs qui ne servent qu' rapporter rentes et
intérêts) et on y parle de gratuité et de rente/revenu universel.
A chacun de se faire sa propre idée...
Fabiano Il semblerait que cette bonne vieille recette de 5000 ans soit toujours d'actualité: http://r-eveillez-vous.fr/le-journal-televise-info-ou.../
Xavier Fabiano, cette conversation est effectivement extrêment stimulante .
Bien
sûr que tes conclusions sont ironiques, les miennes aussi... Et quand
leur dire que le Père Noël n'existe pas ? C'est facile... Jamais... La
mort les emportera au Paradis, au Nirvana, ce lieu ou ils atteindront un état de béatitude total.
Quant
à savoir dans quelle société nous voulons vivre, je pense qu'il n'y a
pas de vraie bonne réponse, parce que quelque soit la société dans
laquelle on vit, il y aura toujours à penser qu'il existe une meilleure
solution. Chqaue système à ses limites, et ce qu'il faut c'est minimiser
les erreurs (ou défauts) de chacune des sociétés que tu présentes, pour
essayer de tendre vers un juste milieu.
A
savoir si la masse est capable de s'autogérer, je pense que non. Parce
que l'homme, et je dirais même la famille complète des vertébrés, montre
un égoïsme (que l'on appelle la loi du plus fort) qui vise à essayer de
sortir du lot pour tenter de faire passer ses gênes à la postérité. Car
finalement, le lion qui tue les petits d'un adversaire qu'il vient de
détrôner pour assurer sa postérité est-il différent, dans l'esprit, d'un
esclavagiste ou d'un Kim Jong-un ? Les insectes, par contre sont
beaucoup plus efficaces en masse, car ils présentent une intelligence de
groupe. Et on ne changera pas nos gênes...
Quant
au problème que tu soulèves au regard de la complexification des tâches
intellectuelles, c'est quelque chose dont je parle depuis quelques
années : beaucoup de gens qui, il y a quelques années, auraient du
trouver un travail manuel, se retrouvent à cause de la désertification
de la production en occident, dans un bureau, souvent devant un PC,
qu'ils ne maîtrisent pas du tout. D'autre part, la multiplication de
l'assistance fait que les derniers qui ont un job de production le font
en rechignant, en attendant que la journée soit finie, en se morfondant
sur la fait que leur journée leur à rapporter quelques eurocents de plus
que si ils étaient restés chez eux à toucher le chômage. Je vais
souvent en Roumanie, ou un de mes sous-traitants a un atelier de
production, et j'y vois des gens qui y travaillent en se donnant dans
leur job, avec le sourire. Pourquoi ? Parce que ce travail représente
beaucoup pour eux, parce qu'ils savent que si ils le perdent, la vie
sera beaucoup, beaucoup plus compliquée. Pas/peu d'assistance en
Roumanie.
Donc, comme tu dis, a chacun de se faire sa propre idée. Mais pas sûr qu'il y ait une solution claire à ce problème.
Xavier Eh ehe... Oui mais au JT, le but est de scandaliser et d'appeurer, pas de rendre heureux.
Fabiano C'est
fou comme ce sont toujours les même clichés qui reviennent dans ce
genre de conversation. Le lion qui mange les petits lionceaux, comme
c'est vilain! Que penses-tu de ces éléphantes qui prennent soin d'un
petit orphelin qui a perdu sa maman, comme c'est mimi non?
Quant
à la fourmilière souvent citée en exemple comme modèle d'ordre et de
discipline où toutes les ouvrières sont dévouées corps et âme tels des
sujets à leur reine, en réalité il n'en n'est rein. D'abord la reine
n'en n'est pas une, elle ne donne pas d'ordres. La pondeuse serait plus
exact. Quant aux fourmis un tiers seulement travail un autre glande et
le 3eme fout le bordel (en détruisant certaines galeries p.ex. Enfin, il
existe une espèce de fourmi dite esclavagiste.
Fabiano Je
devine que tu es chef d'entreprise mais probablement pas un riche
industriel de la jet set. Ton discours est politiquement à droite. Pour
moi ce n'est ni bien ni mal, c'est juste un point de vue parmi
d'autres. Je comprends que tu l'ai car comme dirait notre ami Régis, il est bien normal de défendre ses propres intérêts, je ne vais pas voter rouge.
Ex
collègue de Regis je suis comme lui très à droite ... sur la Bell
Curve, Cadre j'ai été licencié avec le sourire (pas celui de Bellens, le
mien :-D) Je me suis mis au vert pour faire le point pendant un an
vivant de mes indemnités de rupture. Puis je me suis inscrit au forem.
Maintenant je compte me mettre indépendant. Je vais suivre une formation
d'un an en 2014 en puis pourrais seulement démarrer mon activité. D'ici
à ce je puisse en vivre, c'est pas pour demain. En attendant j'étais
prêt à prendre des CCD ou des intérim pour des job variés facilement
accessible. Histoire de garder du contact social et de me sentir utile
et de satisfaire une curiosité insatiable; pion dans une école ou
coursier aurait fait l'affaire, Mais seulement voilà mon chômage est
basé sur mon dernier salaire. Jamais on ne m’offrira ça pour ce genre de
job. Seule alternative si je veux garder du contact social: travailler
en ALE. Bref, je risque fort de reter au chomdu jusqu'à ce que mon
affaire roule...
Par
contre tes roumains n'ont pas le sourire à l'idée de perdre leur
emploi. C'est pas le genre d'idée qui fait sourire. Si la menace d'une
vie plus compliqué boostait la productivité elle serait maximale dans
les camps de travail ce qui est loin d'être le cas. Tes roumains ont le
sourire parce qu'ils voient leur sort s'améliorer et qu'ils ont
l'espoir de jours meilleurs . Il ont le sourire parce qu'il se sentent
des vainqueurs qui gagnent des parts de marcher, parce qu'ils croient
encore au rêve Américain et à la liberté de l'ouest et qu'ils leur
semble qu'enfin justice leur est rendue et que leurs efforts paient.
Ici
on déprime car nous sommes en déclin, en perte de vitesse. Les acquis
sociaux sont mis à mal par une mise en concurrence directe de sociétés
très différentes sous un euro qui ne peut plus assumer le rôle tampon
que jouait le change des devises nationales. Les gens de tout bords
(hors jet set) ont de + en + difficile à joindre les 2 bouts, il n'ont
plus foi ni en leur dirigeants ni en l'Europe en ne savent plus à quel
saint se vouer pour conjurer cette satanée financiarisation de
l'économie qui pompe 40% des ressources.
S'il
nous faut trouver des solutions à court terme pour parer à l'urgent
(interdire la spéculation p.ex.) je reste persuadé que ce qu'il nous
manque c'est une vision d'une société porteuse d'espoir. Voir l'homme
comme égoïste, "constater" que le monde est injuste c'est admettre que
c'est ainsi par nature et qu'on ne peut rien y changer. Cela donne une
vision bien sombre de l'avenir. En attendant, la belle affaire pour ceux
à qui profite l'injustice... Nous ne sommes pas en démocratie mais
dans une aristocratie élue ui se meut dernièrement en oligarchie. On
nous distrait avec des femmes voilées, des mariages pour tous, des
menaces terroristes, des coupes UEFA et des Nabilla; en attendant les
riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres et on est tous
ici en DESSOUS de ce putain de plafond de verre!
Xavier Le
fait qu'il n'y aie des exceptions ne doit pas cacher la réalité de la
nature. La loi de la nature (développée au cours de plus de 3 milliards
d'années d'évolution), c'est la loi du plus fort/mieux adapté. C'est
valable pour toutes les espèces. C'est inscrits dans les gênes. Quant
aux insectes, j'ai bien parlé d'intelligence collective, pas de société
dictatoriale.
Fabiano Oui
mais l'entraide et l'esprit de groupe peuvent aussi être un facteur
d'adaptation. Le cas des éléphantes n'est pas si exceptionnel que tu ne
le dis; les lionnes ne chassent elles pas en groupe?
Xavier Les
lionnes chassent ensemble, bien sûr, parce que c'est plus efficace. Les
herbivores restent en troupeau par mesure de protection contre les
prédateurs, et parfois certaines espèces se groupent (exemple : les
zèbres [qui ont une bonne vue] avec les gnous
[qui ont une bonne ouïe]). Ce qui n'empêche que le comportement général
est l'individualisme. Lorsque qu'une des lionnes est blessée, tant pis
pour elle. Lorsque le zèbre est blessé, tant pis pour lui.
Xavier Oui,
je suis chef d'entreprise (TPE de +/- 10 personnes), et donc
indépendant. Mon discours est plutôt anti-gauche Belge/Française que de
droite. Je te félicite pour essayer, en Belgique/Wallonnie, de te mettre
à ton compte (je n'ai travaillé que deux ans
comme salarié, pour l'université). En tant que cadre, tu as suffisament
payé de taxes pour qu'on te donne des indemnités de chômage le temps
que ton affaire roule.
Fabiano Je
ne pense pas que nous changerons d'avis propos de l'égoïsme/altruisme.
Cela risque d'être un débat sans fin. J'y reviens une dernière fois et
te laisserai le dernier mot.
En fait les lions, les éléphants et les fourmis ne sont ni égoïstes ni altruistes.
Il ne se posent pas la question de savoir s'il agissent dans leur
propre intérêt ou dans l'intérêt du groupe. Ils agissent par instinct ou
par mimétisme. Leur comportement est naturel. Il est! Ce n'est
qu'ensuite que nous, seuls capable d'envisager de tels concepts, collons
une étiquette sur tel ou tel comportement. Ainsi on pourra dire que la
lionne qui chasse en groupe le fait finalement dans son propre intérêt
car elle a plus de chance de manger que si elle chassait seule, elle a
donc un comportement égoïste. Mais ne pourrait on pas tout aussi bien
arguer que quel que soit le comportement adopté par l'individu c'est la
celui le mieux adapté à la survie de de la meute , du groupe, ou plus
généralement de l'espèce. Chaque individu agissant in fine dans
l'intérêt de l'espèce, son comportement ne peut être qu'altruiste.
La
nature n'est pas individualiste, elle se fout des individus qui ne sont
finalement que des jetables utile à la survie de l'espèce. La survie du
groupe compte, celle de tel ou tel individu compte peu. En même temps
on pourrait dire que l'espèce est égoïste car elle ne pense qu'à sa
propre survie aux détriment des ces pauvres individus qui eux sont prêts
à se sacrifier pour elle.
Bref,
je pense que ce n'est finalement qu'une question de point de vue. Les
deux peuvent être etayés de manière rationnelle et cohérente. Tout et
son contraire peut être a là fois démontré et démonté. L'essentiel n'est
pas de savoir qui a tort et qui a raison, l'essentiel est de se rendre
compte de notre vision du monde a un impact sur notre comportement (pour
en revenir à l'article, les pauvres sont pessimistes - on les comprend-
et court-termistes et cela conditionne leur comportement).
Einstein
disait qu'une des question essentielles à se poser était "L'univers est
il hostile ou amical?" Si tout le monde voit le monde comme une jungle,
nous nous comporterons en conséquence et le monde en sera une!
Ce
n'est pas pour rien que la banner de ma page affiche cette citation de
bouddha qui se termine par "Avec nos pensées, nous bâtissons notre
monde."
Fabiano VISION DU MONDE
J'ai
tellement insisté sur le fait d'avoir une vision du monde porteuse
d'espoir que je je rends compte que je serais pas très crédible si je
n'avais rien à proposer. L'exercice est risqué et peut paraître
présomptueux mais c'est juste
ma petite idée, qui fait son chemin alors que je chemine. Tout ce que
j'ai à offrir c'est une vision, je ne prétend pas avoir les solutions
pour la mettre en œuvre. C'est juste une rêve, comme dirait l'autre "I
have a dream"...
Alors
peu importe si les solutions existent, si la vision est claire et que
l'on y ajoute foi, des solutions seront trouvées et la vision se
concrétisera.
Ainsi
par exemple, depuis que Dieu dit à l'homme "Tu gagneras ton pain à la
sueur de ton front", l'homme, prométhéen, comprit vite que le gagner à
la sueur du bœuf avait ses avantages. Il n'eut donc cesse de trouver des solutions afin de s'affranchir de cette malédiction divine, j'ai nommé le travail!
Fin 2012, il y eut grand émoi à ce que nous serions à la fin des temps. Malheur au survivaliste qui oubliera son ouvre-boîtes!
Depuis le temps a passé, mais peut-être sommes nous arrivés à la fin
d'un temps, à la fin d'un mythe et à la concrétisation d'un rêve. Afin
de nous affranchir du travail, des tâches ingrates, dangereuses,
répétitives nous avons inventé la mécanisation, la robotisation et
l'informatisation. J'ai vu à la télé des agriculteurs belges avoir des
tracteurs sans pilotes, guidés par GPS. Des robots construisent seuls
des grattes ciel pourvu qu'on amène les matériaux à la base du gratte
ciel. Je pense qu'actuellement nous avons les solutions techniques pour
nous affranchir d'une bonne part du travail. Et si nous mettions dès
aujourd'hui nos effort à cela nous pourrions fort bien demain être en
mesure de produire les biens de première nécessité quasi sans
intervention manuelle. Les robots ne demandant pas de salaire, ils
distribueraient les biens qu'il produisent gratuitement. Nous irions
donc au supermarché, chercher ce dont nous avons besoin sans avoir à
payer quoique ce soit. Par conséquent, il n'y aurait plus de vol dans
ces supermarchés. Ni même de vols tout court. A quoi bon aller piquer
chez le voisin quand il n'y à qu'à se servir dans les boutiques. Les
gens ne resteraient pas oisifs. Ils s'adonneraient à l'art, à la
philosophie et à la science. En ce qui concerne les biens matériels, la
jalousie, la cupidité et les agressions s'éteindraient d'elles mêmes
tout comme le vols. Certains geek seraient fou de joie à bichonner cette
armée de robots, des passionnées de mécanique concevraient des voitures
des sport à faire pâlir nos Ferrari que tout le monde pourrait essayer
pcq c'est marrant, on ferait des films comiques où nous ririons de nos
robots, etc, etc,..
Cette vision est-elle si utopiste que cela? Et si oui en quoi?
Il
se pourrait donc que nous soyons à la fin des temps de la servitudes.
Affranchis du travail et enfin libres, quel monde allons nous créer avec
nos pensées, nous libre-penseurs?
Xavier J'aime
bien ta comparaison entre mes ouvriers Roumains et les goulags. Note
que je n'ai pas dis qu'ils avaient le sourire parce qu'ils risquaient de
perdre leur emploi. Les ouvriers roumains sont plus productifs que
les nôtre et plus productifs que les prisonniers des camps de
concentration parce qu'ils sont content. Content d'avoir du travail et
de pouvoir se hisser dans la hiérarchie sociale ou dans la hiérarchie du
pouvoir d'achat. Le prisonnier ne peut être heureux : il est privé de
liberté et est forcé à travailler sans aucune récompense en retour. Tout
au plus il peut éviter une punition (ce qui ne revient absolument pas
au même).
L'ouvrier
chez nous, lui, ne peut pas être aussi heureux car son travail ne lui
rapportera pas la même récompense que le Roumain : Si il ne travaille
pas, il gagnera tout aussi bien sa vie, voire mieux (il aura du temps et
pourra le consacrer à sa famille ou a des petitis boulots en noir).
Donc il voudrait plus d'argent. Ce qui augmenterais le coût des biens,
ce qui donnerai de l'inflation, et donc augmenterai les allocations
sociales... Les gens qui travaillent doivent absolument obtenir un
avantage sur les gens qui ne travaillent pas. C'est - pour l'instant -
le cas dans les pays de l'Est.
Concernant
l'égoïsme/individualisme et l’altruisme, tu résumes assez bien les
choses. Toutefois le véritable altruisme, pour moi, serait le sacrifice
volontaire des individus pour le bien de l'espèce. Et il faut bien reconnaître que chez les vertébrés, ce comportement, quoi qu'existant, est
plutôt l'exception que la norme. Par ailleurs si un tel comportement
était la norme, rien n'empêcherais alors les meilleurs individus d'une
espèce de se sacrifier, au risque de diminuer la probabilité que
l'espèce disparaisse. Et c'est pour ça que je pense que les
comportements altruistes ont leurs limites, à cause du risque
d'affaiblir l'espèce. L'individualisme total est par ailleurs tout aussi
limité, car aucun individu ne peut survivre véritablement seul.
Pour
en revenir aux pauvres, pour avoir fréquenté des milieux type
quart-monde, le problème est malheureusement très souvent beaucoup plus
important que le pessimisme. Ils sont très souvent à gauche sur la
courbe de Gauss. Nous avons essayé (avec mon épouse) d'aider un gamin à
se sortir de ce milieu. Il avait du potentiel mais impossible pour lui
de le développer. Mais sa famille à fait bloc. Toutes les décisions
qu'on commençait à prendre pour l'aider (bien sûr toujours en en parlant
avec eux) on été stoppées net. Et pas possible de te battre quand tu
vois le gamin 2 heures par semaine et les autres les 166 heures qui
restent. Au lieu de se dire qu'il avait la chance d'éventuellement
pouvoir se sortir de son millieu (sans compter une bouche à nourrir en
moins), ils l'ont gardé avec eux. Et ça, c'est de la bétise pure et
dure.
Donc
bien que l'article aie du sens, beaucoup de sens, mon expérience n'est
pas tout à fait corrélée. Certes, avoir des problèmes empêche de
réfléchir sereinement et donc entraîne une baisse mécanique du QI, mais
encore faut-il avoir, au départ, une bonne base.
Sur
ta vision : Effectivement c'est un rêve utopiste. J'aime bien ta
vision, mais je pense que ça ne pourrais pas fonctionner. D'abord parce
que l’oisiveté est mauvaise pour nous. Notre espèce n'est pas programmée
pour. Et je ne pense pas que la majorité des gens pourraient s'adonner à
l'art, la philosophie, voir même au sport. La grosse majorité resterai
assise dans son fauteuil, deviendraient encore plus obèse (bouffe à
volonté), ou passerai sa journée au bistrot du coin, devenant rapidement
alcolique. Je sais, c'est assez pessimiste comme pensée. Par ailleurs
les robots qui produisent tout pour nous seraient tellement complexes
qu'il risqueraient de se retourner contre nous, même involontairement.
Forbidden Planet, un excellent film de SF de 1956, traite un peu la
question. Sans aller jusque là, on peut prendre l'exemple d'un robot
prévu pour assurer le bien-être de l'homme. Celui-ci se rend compte que
l'homme tue la planète à petit feu (ce qui est mauvais pour l'homme), et
donc pour le bien de l'homme... tue l'homme.
Pour terminer, une (autre) petite citation d'Einstein :
"Il n'y a que deux choses infinies : l'univers et la bétise humaine. Et je ne suis pas sûr pour la première."
Fabiano Je vois cette discussion comme une recherche collaborative de la vérité...
Je
ne reviendrai pas sur l'égoïsme/individualisme, je pense que nous nous
comprenons et ceux qui nous lisent peuvent se faire leur propre idée.
Pour
le reste j'y reviendra + tard mais en attendant je me demande quelle
vision du monde pourrait bien se dégager de tes commentaires...
Fabiano Pour
les Roumains bien que je sois d'accord que les pièges à l'emploi ne
sont pas une bonne chose, je ne pense pas que le fait de n'avoir d'autre
choix que de travailler pour une bouchée de pain et crever de faim en
soit une non plus. Je te rappelle que pour éviter les pièges à l'emploi il y a 2 solutions: baisser les allocations ou relever les salaires!
C'est
quand même fou que quand il faille remplacer Bellens on nous dise que
si on n'y met pas le paquet on ne trouvera jamais qqn de compétent et de
motivé alors que quand il s'agit d'engager monsieur tout le monde le
mêmes nous disent que si on ne rabote pas le salaire jamais l'entreprise
ne sera compétitive. Cherchez l'erreur...
On
nous dit que le travail chez nous coûte trop cher, d'où chômage et
délocalisation. Des entreprises délocalisent de Chine vers le
Bangladesh. Pourquoi? Pcq le travail y coûte trop cher aussi?
Assurément, l'entreprise augmentera ses bénéfices et comme son but est
de faire du profit tout cela est très logique. N'y a-t-il pas moyen de
sortir de ce cadre somme toute assez court-termiste pour voir que nous
allons ainsi tout droit dans un mur.
Je
te fait remarquer que le Belge est bien plus productif que le roumain
selon les chiffres de l'OCDE ( Il se classe 5ème mondial).
Pour
en finir avec les roumains (enfin comprenez moi, je ne suis pas
génocidaire ) franchement, tu voudrais aller y vivre en Roumanie? Ou
aux USA pcq il y a très peu d'aides d'état?
Concernant
ma vision, je ne pense pas que l'homme est oisif par essence.
"L'oisiveté est mère de tous les vices", tu y crois encore à ce baratin
millénaire? Certains ont écrit "Le travail rend libre", permets moi d'en
douter. Nous ne sommes pas programmé pour l'oisiveté, certes! La preuve
en est que les enfant ne restent pas apathiques. Non ils sont plutôt
actifs, voir même turbulent. C'est pour ça qu'on les colle devant la TV
avec un paquet de chips, pour avoir la paix!
Dans
mon monde, évidement il n'y aurait ni télé abrutissante et ni
publicité. Il faut s'ôter de la tête que soit on travaille et on est
productif, soit on paresse. S'il y a tant d'obèse c'est peut-être aussi à
cause du lobby de sucre qui nous fait donner de l'eau sucrée à nos
marmots..
Quant
aux robots qui se révoltent contre l'homme pour l'exterminer, comme tu
le dis si bien, c'est de la science-fiction... Les robots nuisibles pour
l'homme sont peut-être ceux qui font actuellement du High-Speed-Trading
sur les bourses.
Concernant "les pauvres",
1.
Je reste persuadé que la vision du monde que l'on a avec les sentiments
d’injustice, d'inégalité, d'être dans l'impasse, etc qui en découlent
ont un fort impact sur la motivation. Si un QI minimum est une condition
nécessaire, elle n'est pas suffisante. La culture familiale et
l'éducation sont déterminants. Pour moi, c'est dans l'éducation qu'il
faut investir. Par exemple, tu peux donner des places de musée gratuites
aux plus défavorisés pour promouvoir la culture. Et bien, ils n'iront
pas! Ce n'est pas dans leur culture, on ne les y a pas emmené quand ils
étaient jeunes.
2.
J'ai moi aussi fréquenté la rue et les pauvres. Mon père est décédé
quand j'étais ado. J'ai commencer par faire l'école de la rue après
l'école, plus tard au lieu celle-ci. A 20 ans j'étais héroïnomane...
J'ai
croisé de tout et je ne dirais pas qu'ils étaient tous bêtes à manger
du foin, loin de là. On pense qu'ils sont bêtes, irrationnels,
illogiques mais c'est pcq nous mesurons leurs actes par rapport à notre
cadre. Un Amérindien a dit "Quand l'homme blanc aura détruit les forêts
et empoisonné les rivières, ils se rendra compte que l'argent ne se
mange pas." Pour lui nous sommes bêtes à manger du foin mais pour nos
économistes qui pensent dans un autre cadre c'est très logique.
J'ai
vu des tox faire preuve de bcp de créativité qd il s'agissait de
décorer leur "appart" et d'ingéniosité pour prendre leur dose s'il leur
manquait quelqu'ustensile. Ca trafiquait dans tous les coins,
bizarrement, ils savaient compter les grammes et les francs malgré leurs
échecs en math. Un de mes potes, mort d'OD lisait Kant pour passer le
temps, etc, etc,...
3.
Toi qui crois que l'homme est par nature égoïste et qu'il n'agit que
dans son propre intérêt, dis moi donc pourquoi tu a tenu tant à aider ce
gamin. Serait-ce un fils illégitime et voudrais-tu protéger tes gènes?
Ou y aurais-tu eu quelqu’avantage financier (alloc, un plan pour faire
bosser le gosse). Non? Pourquoi donc alors? Quel raisonnement logique a
bien pu t'y poussé? Je n'y suis pas. Ça partait d'un bon sentiment. Ah
bon !? Ça entre aussi en ligne de compte les sentiment quand il s'agit
de prendre une décision? Ce n'est pas faire preuve de stupidité? (un
bouche à nourrir en plus...)
Et
dis moi, quels émotions éprouvais-tu à l'idée de l'aider? Les mêmes que
ceux à l'idée de remporter un marcher ou de prendre livraison de ta
nouvelle voiture de rêve?
Tu vois, je pense que finalement l'essentiel réside là.
Fabiano Pour
le reste, je pense que le problème crucial de notre société (et la
paupérisation est une de ces conséquences) est la vision (déconnectée)
du monde qu'ont nos dirigeants. Elle est fortement influencée par
l'école de Chicago qui enseigne une science
économique qui n'en n'est pas une. Par exemple la loi de l'offre et de
la demande n'a jamais été prouvée expérimentalement. A ma connaissance,
aucune étude scientifique n'a jamais confronté cette loi aux fait! Comme
l'explique très bien D-R Dufour dans son livre le "divin marché", les
croyances et dieux ancestraux sont remplacés par la loi économique et le
divin marché.
La
"science" économique pose que l'individu, homo economicus, prends
toutes ses décisions sur base rationnelle. Si c'était le cas la pub
n'aurais aucun effet et pourtant ils y investissent massivement. Nous
sommes à l'ère du neuromarketting qui a pour but d'étudier le cerveau
afin de le rendre plus perméable au marché. "Le meilleur des mondes"
d'Aldous Huxley et "1984" de Georges Orwel sont des vision du monde
pessimistes. Elle datent de 1931 et 1949 et exprimaient déjà les dangers
pressentis par leurs auteurs à propos de la société dans laquelle il
vivaient. Big Brother a désormais un nom: NSA.
Par
quelle magie ces auteur ont-il pu avoir des vision si étonnamment
prémonitoires alors que nos économistes avec toute leur science n'ont
rien vu venir en 2008? Ta vision égoïste du monde n'est que la réponse
philosophique du mouvement libéral à Marx et sa vision solidaire. Pour
contrer Marx et sa solidarité et ils ont argumenté en faveur de
l'individualisme et de l'égoïsme. Par de notion de classes dans l'école
de Chicago, pas de groupe, juste des individus. Le crédo qui nous fait
croire que nous atteindrons le bonheur en assouvissant tous nos désirs
que le divin marché se fera un plaisir de satisfaire est le nouveau
baratin qui remplace l'ancien. Fait intéressant, DR Dufour a aussi écrit
"L'art de réduire les têtes" dans le quel il prétend que le divin
marché a tout intérêt a avoir des consommateur a-critiques. Il explique
comment s'organise la dégradation de l'enseignement qui "réduit les
têtes". Quand on voit ce qui sort des écoles, on ne peut pas dire que ça
contredise son argumentaire.
Je terminerais par ceci:
- Une note d'humour: "Un égoïste c'est qqn qui ne pense pas à moi. Je ne suis pas un égoïste!"
-
Un paradoxe: Etant donné que je je savais pas quoi faire, le FOREM m'a
envoyé chez Impressaria, un partenaire indépendant pour y suivre un
module d'orientation. Je fût agréablement surpris car elle était très
ouverte et compétente. Sa conclusion: "Monsieur, vous êtes tellement
atypique que je pense qu'aucun métier ne vous convienne. Le seul qui
vous conviendra sera celui que vous vous créerez." Apparemment je serais
moi aussi inapte à l'emploi!
-
Un changement: Je vais me lancer comme indépendant. Je serai
géobiologue! J'ai beau avoir un bon QI, pour toutes les décisions
importantes de ma vie, je vais toujours là où mon cœur me porte.
- Une citation:
"“La vie a trois règles:
- Paradoxe: La vie est un mystère; ne perdez pas votre temps à essayer de la comprendre"
- Humour: Gardez le sens de l'humour, spécialement à propos de vous même. C'est une force au delà de toute mesure.
- Changement: Sachez que rien ne reste toujours le même" Dan Millman - Le Guerrier Pacifique
Xavier Alors
pour les Roumains je pense qu'il faut stopper le cliché du "travailler
pour une bouchée de pain et crever de faim". Les ouvriers gagnent pas
mal leurs vies. Après, comme dans tous les pays ou le coût de la vie est
inférieur au niveau occidental, il
y a un problème avec certains produits importés (comme le pétrole). Un
litre d'essence coûte a peu près le même prix que chez nous. Par contre
les produits de base (nourriture, etc...) sont à un niveau correct, mis
en relation avec leur salaire. La vie a Bucarest est peu différente de
la vie à Bruxelles (et notamment aussi les embouteillages
). Et le fait qu'il ne peuvent se payer un smartphone qu'une fois tous
les 3 ou 4 ans là ou le Belge change 3 fois par an, et bien, c'est pas
plus mal.
Et
je dis qu'en Belgique, plus spécifiquement en Wallonie, le problème est
la culture de l'assistanat. Il faut absolument baisser les allocations
sociale à long terme. J'insiste sur le long terme. Le gars qui a bossé
20 ans, qu'on lui donne une allocation correcte (on commence à 80 % de
son dernier salaire par exemple, non plafonné), pendant un temps limité
(on descend, toujours par exemple, de 5% tous les 3 mois). Mais le gars
qui est chômeur, fils de chômeur, là je dis stop. Le gars qui reçoit
des allocations de chômage sans jamais avoir travaillé, ça ne me va pas
non plus. Par ailleurs il faut baisser les impôts sur les tranches
basses, ce qui mécaniquement relève le niveau des salaires par rapport
aux allocations. Oui, pour baisser les impôts il faut aussi diminuer les
dépenses. Et il y a moyen de le faire sans problème sans toucher aux
services importants (sécurité sociale, etc...). Un exemple ? Une ASBL
dont je suis administrateur reçoit des subsides. 50% de son budget de
fonctionnement, 60 k€. Et bien elle doit prouver que chaque euro qu'elle
reçoit à bien été dépensé, pour quel projet, et contrebalancé a même
hauteur par d'autres rentrées. Sur une facture de 100 e de GSM, il faut
parfois splitter sur 10 projets différents... Résultat ? Ben il y a
grosso-modo 3/4 ETP pour faire l'administration. Et je suppose que de
l'aute côté il y a un fonctionnaire qui vérifie tout de son côté,
peut-être environ 1/4 ou 1/2 ETP ? En tout, entre 1 et 1,25 ETP. Le coût
d'un ETP est de 40 kEUR/an. Donc un subside et 60 k€ est en fait
dépensé à 65% en administration presque totalement inutile...
Après,
n'oublions pas que la spirale infernale que tu évoques
(délocalisation->paupérisation->...) est également renforcée par
l'attitude du consommateur depuis des décennies. Tout le monde veut tout,
au prix le plus bas. Donc si la marque X propose un produit à un
certain prix, et que la marque Y vient avec un produit équivalent moins
cher, en général le consommateur se tourne en masse vers la marque Y. Ce
qui force la marque X à baisser ses prix (donc son coût de revient).
Donc à trouver de la main d'oeuvre moins chère, et délocaliser). La
dessus, le travailleur devient chômeur et recherche une marque Z encore
moins chère... De l'autre côté il y a les sociétés cotées en bourse où
le CEO aura un bonus équivalent à 2000 % de son salaire de base si
l'action progresse de quelques %. Et donc toutes les décisions sont
prises sue le court terme. Mais ce qu'on remarque de plus en plus, c'est
que certaines grosses sociétés familiales, non cotées en bourse, font
sur le long terme une bien meilleure progression. Et je ne dis pas qu'il
faut supprimer la bourse, mais si les gens investissaient en bourse de
manière pérenne (c'est à dire pour obtenir des dividendes périodiques et
non des gains en capital immédiat), cela irai déjà beaucoup mieux. Qui
voudrait investir dans une société qui aujourd'hui fait de plantureux
bénéfices en se tirant une balle dans le pied pour l'année prochaine ?
Je suis contre le high speed trading, les short sales, et ce genre de
conneries.
Ensuite,
bien sûr que les sentiments négatifs ont un impact sur la motivation.
Mais je ne peux pas comprendre que l'on considère comme une injustice le
fait de ne pas savoir se payer des vacances deux fois par an, ou trois
smartphone par an, ou encore une TV LCD/LED 65" dernier cri. Et qu'on
préfère se payer le dit LCD plutôt que le loyer ou de la bouffe correcte
pour les enfants. Ni qu'on emprunte pour ce genre de chose. Ni qu'on
achète un nouveau pantalon à 5 € en solderie qu'on mettra 2 fois avant
de devoir en racheter un, vu qu'il ne tiendra pas plus longtemps. Ni
qu'on se gave de produits tout fait du rayon "traiteur de merde" surgelé
alors qu'on est au chômage (et que donc, on a toute la journée devant
soi) au lieu d'acheter de bon produits sur le marché et de les cuisiner
soi-même, parce que ça coûte beaucoup moins cher.
Par
ailleurs, il est évident que l'éducation est un point crucial, mais
c'est difficile d'éduquer des jeunes quand leur parents ont abandonné
eux-même cette éducation et que, de plus, ils sont prêt à faire un
procès aux profs dès qu'on crie un peu sur leurs gamins.
Ton
passé m'a l'air très lourd, et si tu t'en est sorti, c'est probablement
parce que (1) tu es à droite sur la courbe de Gauss et (2) ton
éducation pendant l'enfance fut très correcte. Je suis sûr que ton pote
qui lisait Kant s'en serai sorti aussi s'il n'avait pas fait une
overdose.
Je
pense que la vision que tu as perçu de mon sens de l'égoïsme (de la loi
du plus fort) est distordue. Évidemment que je voulais aider ce gamin
par bon sentiment. Si on peut aider... Mais je l'aurais fait parce que
l'impact sur ma propre situation aurait été négligeable. Autrement dit,
si il avait fallu - prenons un exemple - que je perde un bras ou 50% de
mes revenus, et bien je ne l'aurais pas fait. Et 99.99% de s gens ne le
feraient pas non plus. Et j'ai déjà fait l'expérience avec un groupe de
personne. Vient dans la discussion ce problème d'altruisme. Tous était
prêt à aider "avec leur moyens". Mais quand j'ai dit "OK les gars, donc
pour aider, vous êtes prêts à réduire votre salaire de 30 % (le solde
ira pour l'aide)". Et bien, là, plus personne...
Quant
à ton deuxième post : la loi de l'offre et de la demande est vérifiée
expérimentalement chaque jour. Suffit de voir la multiplication par 10
du prix des grands vins de bordeaux depuis 10 ans à cause de la demande
(souvent stupide parce qu'ils finissent par ne pas être bu ou bu par de
parfaits incompétents) par les Chinois, les Américains, etc...
Par
contre, il est clair que notre société économique (l'homo economicus
occidentalis) a amorcé son déclin et qu'il est temps de passer à autre
chose. Plus aucun grand projet de société ne peut se réaliser, parce que
quoi qu'on fasse, il y a toujours une partie des gens qui sont contre
et passe leur temps à saboter (groupe de pressions, lobbies, etc...). Le
pire, c'est que ce sont souvent les mêmes personnes qui, par exemple,
-
Râlent que l'électricité est chère mais ne veulent pas d'éolienne à
moins de 10 kms de chez eux, ni de central nucléaire à moins de 200 kms.
-
Payent 20 € sur Ryanair pour un vol Charleroi-Barcelone A/R mais se
plaignent qu'ils sont traités comme du bétail (et encore, parfois, le
bétail est mieux traité).
-Se
plaignent de la désindustrialisation mais sont les premiers à acheter
une voiture coréenne parce qu'elle est moins chère (et alors qu'ils
pourraient se payer une voiture européenne, mais qu'ils ne pourraient en
changer qu'après 6 ans au lieu de 3 ou 4)
On
manque aussi de grands projets de société. JFK à dit en 1961 que
l'amérique mettrait un homme sur la lune avant la fin de la décennie.
Tout le pays a été passionné par cela. Son successeur à suivi. Neil
Armstrong à mis le pied sur la lune le 21 Juillet 1969. Aujourd'hui, on
parle d'aller sur Mars en 2035 et tout le monde s'en fout. Normal,
c'est dans 25 ans. Et en plus les trois dernier présidents ont passé
leur temps à modifier la vision du prédécesseur et à raboter les
budgets. On peut dire le même de choses sûrement plus importantes encore,
comme la recherche contre le cancer par exemple.
Et le vecteur commun à tout cela, se sont bien sûr
-les médias, qui sans cesse mettent l'huile sur le feu. Ils font peur au gens, montrent les catastrophes, etc...
-La justice, qui pénalise l’honnête citoyen pour le plus petit écart, alors que le malhonnête sans sort en général très bien.
-Les
droits. Chaque citoyen ne raisonne qu'en terme de droits. les devoirs
sont tout à faits secondaires (quand il existent encore dans l'esprit de
certains).
Fabiano Pour la loi de l'offre et de la demande, je persiste: pas de preuve scientifique,
Le
fait que ce soit le comportement du consommateur qui force les
entreprises je le trouve un peu gros. Si X a délocalisé pour
concurrencer Y c'est peut-être pcq Y a délocalisé en premier. Et puis c'est oublié que tout est organisé pour qu'il consomme, la pub en particulier.
Pour
le reste je suis en gros d'accord avec toi. Mais le chômeur de père en
fils qui se paie des vacances, un écran plat et 3 smartphones par an. Ca
fait un peu cliché aussi non? Des gens qui doivent calculer au cent
près ça existe aussi...
Nous
partageons un sentiment d'injustice, comme beaucoup, cela semble
évident. Tu as tendance à regarder en bas et moi en haut. Tu vois les
petites gens qui profitent du système et moi les gros qui s'en mettent
plein les poches sans être vraiment utiles à la société. J'ai un beauf
qui est chirurgien, il discutait avec un confrère qui critiquait les
chômeurs. Il lui répondit, regardes, tu n'es pas resté en personne
physique et t'es mis en société tout cela pour payer moins de taxes. Et
quand tu fais passer en frais des choses qui te sont plus utiles à toi
qu'à ta société, tu essayes de profiter du système. Et bien les
chômeurs, il font pareil!
La
spéculation fait de gros ravages, elle était interdite en France et en
Belgique jusqu'en 1867 et 1885 et le capitalisme de l'époque était
plutôt florissant. Je pense qu'interdire la spéculation serait bien plus
efficace que les mesures que tu proposes. Elle est très simple à
mettre en oeuvre et rapporterai un pactole.
Ce n'est pas notre société occidentale qui en en déclin, c'est tout le capitalisme qui est a l'agonie.
Bien
sûr qu'il est anormal que quelqu'un passe toute sa vie au chômage sans
faire le moindre effort. Mais quand je vois un Cahuzac, les
manipulations du LIBOR avérées et que maintenant Londres ouvre une
enquête sur la manipulation des cours des métaux précieux, de grande
marques textile qui feignent ignorer que des gosses fabriquent leur
baskets et que d'autres ruinent leur santé dans des teintureries. Quand
j'entend un pote qui travaille avec la fille d'une ministre, conne comme
un manche et invirable piquant ainsi la place d'un chômeur plus
compétent, et bien je ne sais pas pourquoi mais ça me révolte plus que
tous les petits trafics des gens qui essaient de joindre les deux bouts.
Xavier Attention
Fabiano, l'histoire des consommateurs / entreprises c'est une spirale
infernale, je n'ai pas dit qui à commencé le premier (à mon avis c'est
un peu comme la poule et l'oeuf). Le fait est que d'un côté certaines
entreprises (souvent côtées en bourse)
tentent de maximaliser leur profits envers et contre tout
(fournisseurs, employés, service, qualité) et de l'autre le consommateur
tente de minimiser ses prix d'achat envers et contre tout aussi
(qualité, service, méthodes de production du produit). Et bien sûr, la
publicité et les médias omniprésents n'arrrange rien.
Oui, le chômeur qui part en vacances, avec une grosse TV et trois smartphone, c'est un peu cliché .
Mais j'en ai vu, qu'ils soient chômeurs ou travailleur. Il y a bien sûr
des gens très bien, courageux, qui comptent au cent près. J'en connais
aussi.
Oui,
il y a un sentiment d'injustice généralisé. Tous les gens qui gagnent
bien leur vie font de l'ingéniérie fiscale. (fraude fiscale légère :
voyages, PC perso sur la société, etc). Les chômeurs essaient aussi de
frauder (fausse cohabitation, mauvaise foi à trouver un travail).
Certains travailleurs font de la fraude médicale (absentéisme pour un
rhume, etc...). Je ne suis pas sûr qu'il y aie une solution à ce
problème. Je pense quand même que si :
-Le taux d'imposition et toutes les taxes indirectes étaient moins élevés, il y aurait moins de petite fraude fiscale.
-Le
gap entre allocations sociales (chômage, minimex, etc) et le salaire
minimum des travailleurs était plus important et que les chômeurs de
longue durée étaient obligés d'effectuer des travaux d'intérêt collectif
que le budget de l'état ne permet pas de réaliser normalement, il y
aurait moins de fraude sociale
Après,
il est évident que de telles mesures ne sont possible que si on réduit
les dépenses de l'état, mais comme je l'expliquais plus haut, il
suffirait de réduire les dépenses inutiles.
Et
je conviens en contre-argument que de ce fait, la nécessité de trouver
un emploi peut mener certains à accepter des offres auprès d'employeurs
quasi-esclavagistes.
Il
faut également lutter très intensément contre la GRANDE fraude
fiscale/sociale. Carroussel TVA, fausses sociétés avec fausses fiches de
paie et faux C4, etc... Là se sont des milliards qu'on peut retrouver.
De
plus je pense qu'il convient de globaliser les revenus. Arrêter de
taxer un max le travail et ne pas ou très peu taxer le reste (revenus
mobiliers/immobiliers, etc...). Tout taxer de la même manière. On peut
aussi taxer les gains en capital, mais là je ne suis pas sûr que ça
rapportera grand-chose : parce que si on taxe les gains, on devra
immuniser les pertes.
Je
suis aussi pour l'interdiction de la spéculation, notamment toute forme
de spéculation sur les produits matériels (nourriture, métaux, énergie,
etc...). Attention toutefois que la contre-partie d'un spéculateur est
parfois un honnête etnrepreneur qui cherche une protection sur un prix.
Si on achète une action, on devrait avoir l'obligation de la garder un
certains temps. Pas facile à mettre en place, bien sûr.
La
série de choses que tu énumères à la fin de ton post me révolte aussi,
certainement plus que certains qui essaient de joindre les deux bouts.
Enfin,
j'ai une pensée connexe mais un peu hors-débat. Hier, j'ai regardé le
débat de mise au point à la RTBF. Le MR à fait une proposition la
semaine pour qu'il y aie une tranche d'impôts à 0% en Belgique. Sur les
premiers 13.000 EUR. Il est bien clair que les premiers à en profiter
seront les travailleurs avec un petit salaire. De 100 à 200 € en plus de
salaire net par mois. D'accord, c'est une mesure de période électorale.
Mais le représentant du PS à crié au scandale, que ce n'était pas
possible. Et de son discours, qu'est ce qu'on peut déduire ? Que le PS
ne s'intéresse ni aux indépendants, ni aux travailleurs, ni même aux
chômeurs et aux pensionnés. Ce qui intéresse le PS, ce sont les impôts !
Aberrant !
(Last update 23/12)
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