Un petit avis rapide sur le sujet de demain car difficile à exprimer via des tweets :)
L'obligation de vote dans une
démocratie représentative de coalition où le référendum n'est
pas une habitude très courante est une vrai mauvaise idée. En effet, elle protège les partis
pilarisés et sclérose les décisions.
Les citoyens qui s'intéressent à la
politique et qui étudient les actions des partis par rapport aux
programmes qu'ils mettent en avant en campagne électorale sont une petite minorité. Et quand on oblige la majorité
des gens qui ne s'intéressent pas à la politique à voter, ces
derniers se basent rarement sur du factuel pour juger: ils votent "par habitude", "comme ils imaginent les valeurs des partis (dans leurs rêves)" ou simplement "à la médiatisation".
Bref, les élus de gros partis peuvent
quasi faire ce qu'ils veulent car ils ne craignent pas un
retournement de tendance à l'avantage des petits partis qui - sauf catastrophe
émotionnelle arrivant juste avant une élection - seront rarement
choisis par des électeurs non conscientisés.
Ils doivent néanmoins être bien positionnés sur les listes et sont donc très rarement indépendants par rapport à leur direction de parti.
Trois solutions permettraient peut-être
de mettre ces élus un peu plus en danger, ce qui leur demanderait de
faire preuve d'un peu plus d'éthique ou au moins de tenir un peu
leurs promesses : de vrais référendums, l'abolition de
l'obligation de vote ou un fonctionnement bipolaire qui demanderait
d'établir des coalitions et des programmes clairs et transparents avant les
élections.
Je ne sais pas laquelle aurait le
meilleur résultat mais en tout cas, quand on voit qu'avec
l'obligation de vote, la seule chose qui fait bouger les choses en
politique, c'est soit des crises émotionnelles, soit l'arrivée de
partis qui prennent tellement d'importance grâce à un appui répété sur les fautes des autres qu'on ne peut les ignorer -
comme la NVA en Flandre - je serais assez tenté par l'expérience
« droit de vote sans obligation ».
Après tout, on n'a que la démocratie
que l'on mérite et si les gens - sans obligation de vote - ne
s'occupent plus de la politique, celle-ci s'occupera d'eux et ils
auront peut-être certains électrochocs, comme les français avec le
FN. En démocratie et avec l’Europe pour éviter les dérives autoritaires, ce ne serait pas bien grave.
1 commentaire:
100% d'accord.
Anne-Emmanuelle Bourgaux suggère également le tirage au sort, ce qui devrait "équilibrer" la représentation nationale aujourd'hui trustée par des professionnels de la politique, une surreprésentation de "fonctionnaires publics" et professions libérales. Il n'y a aujourd'hui qu'un seul ouvrier au Parlement, et c'est une femme !
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