02 mars 2017

Inversons la responsabilité politique!

Pour commencer, j'ai lu une idée ressortie d’un article de Michaël Moore pour combattre Trump:
  • "Un grand plan de recrutement a également commencé, dans tout le pays, pour trouver les candidats les plus compétents qui se présenteront aux élections locales et fédérales en 2018. Des millions de citoyens se sont engagés à ne pas laisser la débâcle de 2016 se reproduire."
Ensuite, j'ai découvert des constats faits par une génération de jeunes "politisés":
  • "Le problème du pouvoir, c’est la logique de carrière. Si on veut que les jeunes s’y intéressent, il faut changer le système"
  • "il y a un problème de transparence. Au final, notre méfiance envers le système politique s’accentue"
  • En Belgique, notre système est trop particratique"
  • "Ce qui est dommage, c’est que quelqu’un ne peut plus avoir une opinion et la défendre en politique sans passer par un parti. C’est antidémocratique car il faut passer par la reconnaissance d’un parti et des procédures internes"
  • "J’essaye de voter pour des gens plus que pour des partis, mais ce n’est pas facile, ça prend beaucoup de temps"
  • “S’enfermer dans un parti, c’est être prisonnier d’une vision unique"
  • "Faire un référendum une fois de temps en temps, c’est dangereux, si les gens participaient à un système de votation plus régulier comme en Suisse, peut-être que ça pourrait être intéressant"

Voici donc ma réflexion issue de ces remarques: et si on inversait complètement la logique de placement des citoyens envers la politique en en faisant des acteurs positifs qui ne pourraient que moins se plaindre si on leur donnait vraiment l’occasion de changer les choses?

Comment? Via la mise en place d'une réserve de recrutement politique volontaire pour les partis selon des règles strictes.
  1. Transparence de rémunération potentielle sur base de barèmes “diplôme, expérience professionnelle, compétences” qui doit être acceptée par les candidats (tous n'ont pas les mêmes besoins selon l'âge, l'expérience et l’activité en cours: il est normal de faire une échelle de rémunération qui correspond à chaque profil bien que plafonnée à 3 x le salaire moyen tous cumuls confondus). Le surplus éventuel étant réinjecté dans des investissements "solidaires" laissés au choix du candidat.
  2. Déclaration écrite de motivation, car il est toujours bien d'estimer le pourquoi d'un engagement. Bien évidemment, on peut toujours mentir mais par après, les faits permettent de confronter les déclarations aux actions.
  3. Grille de compétences déclarée, car un des maux de la démocratie représentative actuelle est que le principal critère de choix est la capacité à ramener des voix derrière son nom, quelles que soient ses compétences. L'idée serait qu'un système qui choisit en toute connaissance de cause des gens non qualifiés - fût-ce par principe, valeurs ou dogme politique - ne puisse pas se plaindre par après si les objectifs ne sont pas atteints et que le candidat perde la possibilité de le représenter**.
  4. Vision politique sur un nombre déterminé de valeurs / idées définie par réponse à un questionnaire type. L'idée de cette réserve de recrutement serait alors de renverser la charge du dogme : ce ne doit plus être le candidat qui doit s'adapter (souvent via compromissions personnelles) au programme du parti pour accéder aux listes mais bien un parti qui accepte de se baser sur un compromis satisfaisant entre les valeurs mises en avant par le candidat et les valeurs définies dans son programme. Ceci veut dire qu'il ne sera plus question de demander aux élus de voter « bêtement » selon la discipline du parti pour les sujets qui iraient à l'encontre de ce qu'ils ont affiché dans leur offre de service mais de pouvoir à minima s’abstenir.
    Dans cette situation, on mettrait à mal le “bête” vote “majorité vs opposition” car des points de ralliement seraient possibles entre candidats au-delà des partis sur des sujets communs connus de tous via la transparence de ce positionnement. On enlèverait aussi ce principe schizophrène qui veut que les élus doivent abandonner leurs valeurs sur l'autel du programme de parti ou au moins se boucher le nez lors de certains votes.
    Dans cette optique, pourquoi ne pas même imaginer qu'un même candidat puisse se trouver repris par plusieurs partis différents (sans surenchère possible) pendant son parcours s'il a démontré ses capacités et que son profil s'adapte à plusieurs visions proches ?

Est-ce réaliste ? Je ne sais pas, mais en débattre pourrait ramener un peu de fraîcheur dans le débat politique actuel et puis, comme disait Mark Twain: " Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait"

On me dira que cela met à mal la capacité pour tous, même les illettrés et analphabètes d’être candidats. C’est faux car un parti peut décider de prendre n’importe quel profil de candidat (du moment qu'il s'est déclaré dans cette réserve de recrutement). A lui néanmoins d’assumer par après le travail effectué, ou pas.

On me dira que peu de personnes seraient prêtes à s’investir. Si on n’essaye pas, on ne le saura jamais. Si c’était le cas, cela n’empêche de nouveau pas les partis de continuer à fonctionner comme maintenant “faute d’autres candidats ou de profils valables” mais en toute transparence, on pourra valider les raisons des choix des partis et mettre le citoyen devant ses contradictions: se plaindre mais refuser de s’engager.

En synthétique, transparence, responsabilité et liberté de penser permettraient d’envisager un futur moins sclérosé. Un avis?




** Je reste convaincu qu'il faut évaluer les mandataires sur critères clairs dès le départ et empêcher les candidatures de ceux qui n'obtiennent pas un "satisfaisant" à la fin du mandat.

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