21 février 2017

Non, capacités ne veut pas dire appât du gain

En tant qu'ingénieur, observateur attentif de la chose publique depuis bien longtemps et citoyen actif localement de manière majoritairement bénévole, je suis plus qu'interpellé par les informations de ces derniers temps.

Pour commencer, Louis Michel nous annoncait que pour moins de 4800 euros net par mois, on ne trouverait personne de valable pour faire un travail politique de haut niveau. Bien évidemment, il y incluait le sacrifice obligatoire de ses congés, de ses week-ends et j'en passe.
Il oubliait par la même de signaler que cet abandon de temps libre est surtout dû à un appât du gain qui entraîne moultes "boudins compotes" et autres présences dans des lieux que le "métier de base" d'élu n'implique pas directement dans ce 21eme siècle drivé par la technologie.
Je suis convaincu que pour un salaire correct qui mettrait à l'abri du besoin toute personne rationnellement économe, avec une sécurité de quelques mois pour la sortie, il serait possible de trouver de nombreuses personnes de qualité prêtes à s'engager pour défendre leurs valeurs.
Je pense que ces personnes pourraient délaisser leur métier du privé ou même de l'entrepreneuriat pour passer un mandat de quelques années au service du public tout en gardant un oeil sur l'évolution de leur métier de base.

Aujourd'hui, nous entendons un autre MR, Georges Pire, annoncer qu'il est ingénieur et qu'il n'est donc pas motivé par l'argent car s'il l'était, il aurait travaillé dans le privé.
J'ai une grande nouvelle à lui annoncer: tous les ingénieurs qui travaillent dans le privé ne sont pas riches. Pire, la majorité d'entre eux sont de petits joueurs si l'on compare leurs émoluments aux rémunérations exorbitantes de monsieur Pire.

Ces gens qui nous gouvernent vivent dans un monde parallèle qui ne rencontre que trop rarement le nôtre.  Ils sont tellement éloignés de la réalité que la vie des "vrais" gens leur semble être une caricature.
En fait, les populistes (ceux qui ont une vision simpliste de la société), ce ne sont pas les citoyens qui exigent des changements et qui veulent que l'argent public, issu de leurs impôts et autres dépenses, soit bien utilisé mais bien ces gens qui pensent binairement qu'ils sont issus d'une caste plus méritante.

Il serait peut-être temps que toutes ces personnes soient enfin évaluées par autre chose que les élections. Ce n'est pas parce qu'un peuple - parmi un choix limité s'il veut éviter les extrêmes - se contente de rechoisir des personnes protégées par leur parti et mises en places éligibles lors de chaque élection que cela fait de ces élus et mandataires des personnes qui ont atteint leurs objectifs.  Ces objectifs devraient être décidés en début de mandat sur base de l'objectif ultime d'un mandataire public: le bien commun et en cas de mauvais résultats, ils ne devraient plus être placés en position utile.

Pour démonter leurs préjugés imbéciles, pourquoi ne pas également mettre en place une grande réserve de recrutement pour les rôles d'élus parmi la population où les partis pourraient venir piocher à foison? On mettrait clairement les revenus auxquels on pourrait avoir droit tout en les limitant à une somme raisonnable et ainsi, on pourrait voir s'il n'existe vraiment pas dans la société de personnes dont les valeurs, l'envie de bien faire et d'améliorer le bien commun ne surpasserait pas l'appât du gain, fussent-ils issus du privé, voire peut-être même des ingénieurs :).

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