05 février 2017

Comprendre un "supporter de la victoire"

Hier, lors du n-ième match décevant du Standard de Liège de la saison, alors que les spectateurs quittaient les travées du stade à 15 minutes de la fin du match, le commentateur de Vivacité, Thierry Luthers, lançait un vibrant "Les supporters, c'est sensé supporter, même quand l'équipe est dans les problèmes".

On entend toujours ce sempiternel débat entre les "bons supporters" - qui sont là quand ça va mal, qui "supportent" leur équipe quoi qu'il arrive et qui seraient là, même en cas de descente ou de faillite - et les mauvais supporters, aussi appelés "supporters de la victoire" qui sont ceux qui se désintéressent du club quand les résultats sont en dessous de tout; ils critiquent la gestion catastrophique des dirigeants, ils critiquent le mauvais jeu, la gestion de l'équipe, etc.
Pour certains analystes, cette "non dévotion" à l'équipe quoi qu'il arrive est ce qui fait la différence entre un "bon supporter" et un "mauvais supporter".

Je ne suis pas d'accord.

Je suis supporter du Standard depuis 1982, lors d'un certain "Barcelone - Standard" de coupe d’Europe.  Si je suis supporter, c'est principalement pour les bonnes émotions qu'apporte ce sport.
En effet, on peut gagner ou perdre, mais les émotions rencontrées lors de matchs contre Barcelone, Bochum, Liverpool, Arsenal ou encore l'incroyable match contre Alkmaar sont gravées à jamais.  Au niveau belge, les titres, les coupes de Belgique, de grands matchs contre de grandes équipes sont autant d'émotions positives qui comptent.
Ayant grandi à Charleroi à l'époque où l'équipe y était en D2, il y avait aussi moyen d'y avoir de superbes émotions: le tour final ayant apporté la montée en D1, les matchs victorieux contre des "grands" de Belgique (Bruges, Anderlecht) en tant que "petite équipe", etc.
Ayant joué comme enfant dans le club local de mon village, j'ai suivi quelques années les résultats en provinciale de l'équipe première avec de belles émotions lors de derby's et autres.

En résumé, ce sont les émotions positives qui font que l'on a envie de suivre un club dans un sport comme le football et il est possible de trouver ces mêmes émotions à tous les étages du sport, mais il ne faut pas demander à ceux qui sont habitués au haut niveau de s'habituer à trouver les mêmes émotions aux niveaux inférieurs.

Quand tu as connu les soirées vibrantes de coupe d’Europe, tu peux accepter une défaite glorieuse après avoir tout donné contre Anderlecht, Bruges ou Gand mais tu ne peux te satisfaire de défaites contre des Ostende, Courtrai, Eupen ou autre St Trond, malgré tout le respect que j'ai pour ces équipes.

Les commentateurs sportifs peuvent nous traiter de "supporters de la victoire", les supporters qui se satisfont de petits moments sympas peuvent bien nous traiter de "mauvais supporters" mais en ce qui me concerne, quand un club n'est plus que l'ombre très lointaine de ce qu'il a été et n'offre plus que des souvenirs des émotions qu'il a apporté, ce n'est plus vraiment la même chose et il n'y a pas de honte à attendre des jours meilleurs.

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