26 août 2015

Ha, ok... Mais c'était quoi l'objectif en fait?

Obtenir des résultats, c'est bien. Néanmoins, cela peut se relativiser. Examinons un peu:
  • Un chef de projet qui se félicite d’avoir mis en production une application absolument inutile pour les utilisateurs dans les temps impartis tout en ayant explosé le budget… 
  • Un homme politique qui se félicite d’être élu grâce à son discours de campagne qui va pourtant à l’encontre de ses actions de tous les jours… 
  • Un général qui se félicite d’avoir organisé la reprise d’une ville conquise par l’ennemi malgré les nombreux morts dans son armée… 
  • Un homme d’affaire qui se félicite de voir la cotation de sa société monter en bourse via un plan social qui va jeter plusieurs familles dans la misère… 
Tous ces cas de figure ont un point commun: selon l'angle duquel on regarde le résultat, on peut trouver qu'il est très positif, ou pas du tout. On ne peut pourtant pas nier que si les "objectifs" avaient été définis sans vue globale mais selon une vision limitée, ils ont peut-être été atteints avec distinction...
La vie est un peu comme une solide en trois dimensions que l'on n'arrive souvent à ne regarder qu'en deux.  Si une vue d'ensemble nous permettrait de voir un cylindre, on peut n’apercevoir qu'un cercle ou un rectangle si on se limite à la vue des faces.

Après plusieurs années en tant qu'observateur attentif de la vie professionnelle en général mais aussi de divers faits d'actualités, force m'est de constater que le manque de transparence des objectifs de nos "responsables" accompagné d'une trop forte dualité de notre société peut parfois être la raison de l'incompréhension entre les personnes et/ou les peuples qui amène au conflit.

Des exemples dans l'actualité? 

  • Devant le problème de l'immigration économique, pour un groupe qui aurait pour objectif la conservation du niveau de vie moyen des pays "riches" avec des ressources finies, il est peu acceptable d'ouvrir les frontières aux autres, car le nécessaire partage ne peut qu'amener à une diminution du niveau de vie de ces pays (mais il faut en assumer les conséquences humaines).  Pour un autre groupe qui aurait pour objectif l'augmentation du niveau de vie moyen de l'humain quelque soit son lieu d'origine, l'ouverture des frontières est incontournable, quitte à diminuer celui des mieux nantis (et assumer l'insatisfaction potentielle de ces derniers).
  • Devant le problème de répartition des contributions publiques, un homme politique dont l'objectif est de satisfaire les lobbies économiques qui lui permettent de conserver son pouvoir et donc d'agrandir son patrimoine, la seule solution est de s'attaquer à la classe moyenne.  Vu par un citoyen de la classe moyenne dont l'objectif est de nourrir sa famille tout en ayant un minimum de loisirs, il faudrait s'attaquer à ceux dont le niveau de vie semble déraisonnable par rapport à leur apport concret au bien être de la société.

Et des exemples de ce type, on peut en trouver dans tous les domaines.  En fait, chaque lutte, chaque antagonisme, chaque dispute, etc. peut être considérée comme étant la suite logique de la confrontation de personnes qui ont des objectifs opposés (ou à tout le moins des moyens d'y arriver incompatibles).  C'est la base du système actuel (politique, syndicats, etc.).

Pour la bonne compréhension de la société, ne devrait-on dès lors pas clarifier et expliciter ces différences de vue via la transparence des objectifs de chaque responsable?
On peut bien évidemment supposer que dans certains cas, ils sont inavouables: quel élu "de métier" oserait avouer que son objectif va à l'encontre de celui d'une majorité de la population ou quel patron d'entreprise qui veut encore sortir dans la rue oserait avouer que son objectif va à l'encontre du bien-être de ses employés?

Pourtant, cela permettrait dans certains cas de se rendre compte des aberrations que l'on retrouve dans notre société et éventuellement les corriger.
Imaginons que chaque "responsable" ait un objectif annuel connu à atteindre: ceux à qui ils doivent rendre des comptes pourraient le faire changer s'ils se rendent compte qu'il est injuste.  Par la suite, il faudrait pouvoir pénaliser le responsable en question s'il n'atteint pas l'objectif validé.
Celui qui avancerait un objectif ne collant pas à celui qu'il vise réellement serait coincé car arriver à son but secret ferait qu'il soit perdant au bout du compte.

En démocratie (responsables publics) ou dans une économie saine (responsables privés) où le consommateur a des valeurs humanistes, ce pourrait être une avancée sociétale que de connaître en toute transparence les divers objectifs de chaque "décideur" et refaire du terme "Responsabilité" un mot qui veut dire quelque chose.

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