19 janvier 2015

Si nécessaire, démarrons la guerre scolaire!

Depuis des années, à chaque discussion sur des modifications de fond dans l’enseignement, le politique francophone sort sa carte « Guerre Scolaire » pour tout stopper.

Il ne faudrait toucher à rien au risque de faire éclater une guerre scolaire qui mettrait à mal le « pacte scolaire » et serait catastrophique pour le pays.

D’abord, l’enseignement étant communautarisé, ce ne serait pas un problème pour le pays - comme ce fut le cas dans les années 50 - mais juste en Communauté française, qui n’a plus beaucoup de compétences (en terme budgétaire) hors enseignement et qui pourrait survivre à un blocage temporaire.

Ensuite, l’enseignement en communauté française fonctionne mal. De nombreux signes en attestent: les différentes études PISA; les résultats catastrophiques en 1ère année des jeunes qui se lancent dans des études supérieures; l’incapacité à réformer le technique et professionnel pour en faire une vrai filière de qualité et pas une voie de garage; le manque de moyens que l'on voit dans les écoles à filière technique; etc.

Enfin, nous sommes à un « momentum » suite aux attentats chez Charlie Hebdo : nombreux sont les consciences qui reconnaissent que scinder les élèves sur base confessionnelle n’est pas une bonne idée pour le « vivre ensemble ».  De plus, nombre de parents d’élèves du « libre » n'y mettent plus leurs élèves parce qu’ils « croient » mais bien parce que souvent, le projet pédagogique parfois plus exigeant et plus discipliné leur semble une meilleure option pour la préparation au futur de leurs bambins. On veut de la mixité sociale mais on ne pourrait supporter une mixité convictionnelle dans les cours d’écoles?

C’est le moment ou jamais de tout remettre à plat : penser à des cours d’histoire des religions, de citoyenneté ou de philosophie communs à tous les élèves dans toutes les écoles ; envisager des coopérations - voire des fusions - locales dans les écoles sans tenir compte de la conviction du réseau mais bien sur base du projet pédagogique ; mettre en place une vrai flexibilité des enseignants inter-réseaux afin de lutter à certains endroits contre des pénuries et à d’autres de réduire les déplacements pour ceux qui doivent faire plusieurs écoles pour compléter leurs horaires ; etc.

Et si les gens ne sont pas assez adultes, raisonnables ou simplement réfléchis pour voire le bien commun en faisant fi de leurs croyances, il ne faut plus avoir peur de relancer une « guerre scolaire » dont il n’est pas certain qu’il ressortirait du mal. 

La société a changé, le monde se radicalise, il faut s’adapter (vers l'ouverture à l'autre) ou périr (dans des luttes déraisonnables)…

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