06 janvier 2015

Exclusion du chômage: problème mal posé?

Oui, il est normal qu'après 3 ans, une personne qui n'a pas réussi à trouver un emploi malgré une prime d'aide à l'insertion professionnelle perde celle-ci. Si après 3 ans, la prime ne l'a pas aidée, elle ne le fera peut-être jamais parce qu'il y a de bonnes raisons pour cela. Le chômage devrait être une aide temporaire permettant de retrouver un emploi. Si ce n'est pas possible, ce n'est plus cet organisme qui doit payer.
Non, il n'est pas normal que sans cette prime, des personnes se retrouvent dans la pauvreté si elles ne gaspillent pas leurs revenus mais cela n'a rien à voir avec l'exclusion du chômage!  
On se trompe de débat et de cible.

Je ne prends pas ici position idéologiquement sur le bienfondé des éventuelles solutions proposées (telle que l'allocation universelle), mais simplement, on ne lutte pas contre la pauvreté en donnant des allocations détournées.
Si on veut que chacun ait un minimum pour bien vivre, qu'il soit capable ou pas de trouver un job, c'est l'allocation de base fournie par les CPAS qu'il faut augmenter et pas se plaindre que les gens qui n'ont pas un profil "employable" dans les conditions économiques actuelles (qui sont ce qu'elles sont, qu'on le veuille ou pas) s'y retrouvent.  Il n'est pas anormal qu'à partir d'un moment, seule l'aide sociale puisse aider certains profils de citoyens qui ne rentrent plus dans les "normes" du système, fut-ce pour de bonnes raisons.
Dans le débat actuel, qu'est-ce qui pose plus problème: que les gens "exclus du chômage" n'aient plus de prime pour trouver un job après 3 ans (gouvernement fédéral) ou qu'on arrête les primes permettant aux gens de se lancer comme indépendant (gouvernement régional)?
Le problème est en fait le même: s'il n'y a pas assez d'emploi pour tout le monde et qu'on ne veut pas forcer/aider les gens à lancer leur propre job, peut-être faut-il accepter qu'une partie de la population restera inactive parce qu'elle n'en a pas/plus les capacités.

Si on accepte ce préalable, la bonne question est de savoir s'il faut augmenter l'allocation de base qui permet aux gens de vivre hors pauvreté et si pour ce faire, le politique est prêt par exemple à limiter les gaspillages (mandats, niveaux de pouvoir, dépenses électorales, gares pharaoniques, saupoudrages de subsides, etc.).
Mais ça, c'est une autre histoire visiblement....

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas d'accord quand vous dites que "Le chômage est une aide temporaire permettant de retrouver un emploi". Les allocations d'attente le sont, le chômage est une assurance, pour laquelle le travailleur cotise. C'est donc un droit que le travailleur se constitue, pas un privilège ou une charité qui lui est accordée.

L'acCOMpagnateur a dit…

Je ne pense pas que les jeunes issus des études qui demandent le chômage aient eu le temps de cotiser pour quelque chose. Néanmoins, je pense ici que l'on parle de suppression d'une allocation d'insertion qui est bien une aide... Mais je peux me tromper.

SANE a dit…

Sauf erreur de ma part, l'allocation d'insertion concerne les jeunes après études si, et seulement si, ils ont répondu aux exigences de l'administration pendant la période d'un an dite "stage d'insertion professionnel". Pour les allocations de chômage si à la base elles étaient effectivement une assurance en cas de perte d'emploi, au fil du temps sous couvert du "c'est un droit" beaucoup se sont contentés de prester le nombre de jours minimum requis pour ouvrir ce droit et ne plus jamais cotiser pour ce "droit". A ma connaissance tout droit implique également des "devoirs", et cet aspect des choses est trop souvent balancé dans les oubliettes...