16 octobre 2014

Le gouvernement du moindre mal…

Puisque tout le monde donne son avis sur le nouveau gouvernement, je ne peux pas ne pas le faire. :)

Je relève quatre grands manques avec le gouvernement « Michel I ». C'était pourtant possible malgré un positionnement de centre droit:
  • ne pas avoir instauré une obligation de création / conservation d’emplois au versement d’aides, subsides et autres notionnels est une erreur, car même si souvent les petits patrons sont de bonne volonté, on ne peut espérer qu’en période de crise, une société qui n’est pas extrêmement solide financièrement puisse consolider l’emploi avant de consolider ses finances. Quant à celles qui le sont, elles dépendent d'actionnaires qui voient le profit avant tout…
  • ne pas avoir instauré de taxe sur la plus-value en cas de spéculation dans tous les domaines. Il y a peut-être des arguments valables pour ne pas le faire mais de nouveau, en période de crise, il faut pouvoir faire contribuer au bien commun ceux qui ont vraiment plus de moyens et là où les partis d’extrême gauche proposent des solutions irréalistes voire pelliculaires, cette taxe aurait été un signal tout en restant juste. 
  • ne pas avoir (encore) coupé dans l’argent « donné » au roi. Avec un parti républicain dans le gouvernement, on aurait pu espérer que la luxure affichée par la famille royale pour un rôle devenu de plus en plus représentatif aurait été diminuée. Quant à nos mandataires bien rémunérés...
  • ne pas avoir trouvé une solution pour avoir une plus grande parité « hommes-femmes » en son sein. Maintenant, reconnaissons que des partis « conservateurs » comme l'ex-CVP ou la NVA ne sont pas toujours portés sur l’ouverture du pouvoir aux femmes…
Il y a certainement d’autres points litigieux mais il y a de très bons journalistes politiques qui ont déjà fait une analyse plus détaillée des pour et des contre.

A l’inverse, j’ai encore plus de problèmes avec certains arguments populistes de l’opposition :
  • le saut d’index est socialement injuste ? Si certains politiciens étaient arrivés à passer outre leurs dogmes pour réfléchir, ils auraient acceptés de modeler l’index afin qu’il soit plafonné aux plus gros salaires. Au lieu de cela, tout le monde va le payer. C’est donc à la base que le problème se pose : cette décision est la « moins mauvaise » solution pour alléger l'économie vu la manipulation des masses organisée sur ce sujet "tabou".
  • la retraite à 67 ans au lieu de 65 ans ? Combien atteignent cet âge en bonne santé et en restant performant ? La réalité du terrain dans notre système occidental - heureusement humain - fait que ceux qui ne sont plus capables physiquement ou intellectuellement de travailler ne le feront plus et que les autres seront bien contents d’encore pouvoir garder leur pouvoir d’achat total deux ans de plus. On en reparle en 2030?
  • l’austérité ? Vouloir faire croire que ce qui est une « austérité » au niveau fédéral n’est qu’une « bonne gestion des économies » au niveau wallon est au pire de la malhonnêteté intellectuelle et à tout le moins une mémoire sélective. En effet, si les responsables francophones et wallons du passé n’avaient pas mis en place tellement de mécanismes gaspillant l’argent public, ils ne pourraient pas si facilement se contenter d’économies. D’un côté, on est à l’os tandis que de l’autre on commence à enlever le gras des gabegies des 60 dernières années… Et avec les provinces, le brol « Wallonie Bruxelles », les intercommunales et d’autres mécanismes bien inutiles et couteux dont les élus locaux sont principalement les bénéficiaires, on a encore de la marge quoi que certains en disent.
  • le problème avec les profils « extrémistes » de la NVA ? C’est pour moi déplacé de venir brandir sa lance de chevalier blanc alors qu’on les connait depuis bien longtemps, y compris à l’époque où l’opposition actuelle négociait avec eux pour former un gouvernement. C'est également oublier qu’on a dans ses rangs des personnes qui ont été impliquées ou sont soupçonnées de choses aussi gênantes (un ancien ministre avec des relations extrémistes turques niant le génocide arménien ou le cas d’une actuelle ministre et ses soupçons de manipulation de la presse pour couvrir un membre de sa famille en salissant une jeune fille) que l’on n’a jamais vraiment éclaircies.
En conclusion, que penser de ce gouvernement ?
  • Est-ce un bon gouvernement ? On ne le saura qu’à l’usage ! Il faut parfois juger les gens sur leurs actes plutôt que leurs paroles. L’orientation est différente, laissons-lui sa chance. L’avenir nous dira si c’est vraiment un gouvernement qui privilégie l’optimalisation des ressources ou si c’est – comme le dénoncent certains – un gouvernement des nantis.
  • Risque-t-on des catastrophes ? En sachant que l’Europe est derrière comme belle-mère pour tout surveiller, je pense qu’il y a peu de risques. De plus, il semble que le parlement, pour une fois, soit dans l’optique de faire son travail de surveillance de l’exécutif.  
    Le seul risque étant à terme un éclatement de la Belgique mais franchement, les débats actuels alimentés par l’opposition démontrent (comme Bart De Wever l’espérait sans doute) qu’il y a deux peuples avec des histoires, des sensibilités, des aspirations et des cultures différentes dans ce pays. Si l’opposition francophone ne peut le comprendre et accepter que la majorité en Belgique puisse décider de temps en temps, peut-être faut-il en effet envisager autre chose que la « Belgique actuelle » et sinon, se rejoindre sur les points communs.
  • A-t-on une alternative ? Soyons un peu réalistes, il n’y a pour l’instant pas d’alternative. Si les gens du MR ont un peu d’amour propre, refaire un gouvernement avec le PS demandera un certain temps et il n’y a mathématiquement pas d’autre possibilité. De plus, l’alternance au pouvoir est ce qui permet à la démocratie de s’assainir. Il faut donc continuer dans cette voie, même si le casting doit être revu dans le futur pour les plus complexes des profils de ce gouvernement. Il sera toujours temps de changer plus tard...

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