25 septembre 2014

Parce qu’on ne gère bien que de ce que l’on connait...

  • Quand un élu qui n’a jamais travaillé dans une entreprise de sa carrière se met à disserter sur les solutions pour gérer des entreprises, pour relancer l’emploi privé ou simplement se permet d’aborder les problèmes internes au secteur privé comme s’il les connaissait, j’ai envie de rire. 
  • Quand un élu issu d’une lignée de mandataires politiques bien rémunérés ou de riches avocats/réviseurs d'entreprises qui n’a jamais connu le besoin se permet de dire qu’il comprend les gens qui vivent la misère ou la pauvreté parce qu’il en a côtoyé lors de ses visites de terrain, j’ai envie de pleurer. 
  •  Quand un élu dont les collègues viennent de refuser une diminution, fut-elle symbolique, des leurs rémunérations se met à expliquer que le citoyen doit faire un effort parce que pour s’en sortir, il n’y a pas d’autres solutions (ce qui est vrai mais visiblement pas applicable de la même manière à tous), j’ai envie de pleurer de rire.
  • Quand un élu dont les "copains" ont décidé de faire d’une partie de pays un enfer administratif à nombreux niveaux de pouvoirs entremêlés qui gaspillent l’argent public sur l’autel du placement de mandataires se permet de parler d’optimalisation des ressources, j’ai envie de faire un "facepalm".
  • Quand un élu prend des décisions sur l'enseignement de tous les citoyens alors qu'il n'a pas d'enfants ou que ses enfants sont planqués dans des écoles privées à pédagogie différenciée, j'ai des envies de meurtre...
Et il y a sans doute d'autres exemples.

Je pense que tous ces exemples font partie d'une longue litanie de vues de l'esprit sur des comportements permettant d’alimenter le populisme. Tant qu’une grande majorité de citoyens aura plus à perdre qu’à gagner dans un changement de régime, la colère restera intérieure. Si un jour, un point critique est atteint, nous devrons redouter l’avenir. Il n'est pas trop tard, mais il est temps.
Néanmoins, comme une majorité d’’êtres humains est génétiquement programmée pour ne pas scier la branche sur laquelle elle est assise, il est probable que jamais les élus ne se mettront de bâtons dans les roues pour profiter un maximum d’un système qu’ils ont cadenassé et auquel l’électeur de base ne comprend rien et qu'il ne change pas car on lui explique que « ce serait pire autrement ».

Pourtant, si on est créatif, on peut imaginer une obligation d'expérience pour les élus.
  • Par exemple, pour un élu qui va s’occuper des entreprises, demandons de pouvoir faire valoir sur son CV au moins un an d’expérience comme employé et à défaut de devoir suivre deux mois de stage dans 3 à 4 entreprises différentes, aux horaires des employés « classiques » (comme un étudiant le ferait pour découvrir le monde de "l'entreprise").
  • On pourrait demander une obligation pour les législateurs de ne pouvoir décider de lois qui impactent les salaires des travailleurs qu’à la condition de pouvoir présenter en même temps une loi qui impacte les "salaires" des élus (soit ceux qui ne doivent leur rémunération qu’au bon vouloir du président de leur parti puis au vote du citoyen et pas du tout à leurs "résultats professionnels").
  • Pourquoi ne pas envisager pour un élu qui va s’occuper des chômeurs de vivre trois mois avec des indemnités de chômage tout en faisant toutes les démarches que l’administration lui impose (quitte à en faire un reportage journalistique pour suivre son parcours) ou pour un élu qui va s’occuper des transports en commun de ne prendre que ceux-ci pendant deux mois?
  • Pourquoi ne pas choisir un ministre de l'enseignement parmi les élus qui ont des enfants dans l'enseignement qui en a le plus besoin (tel que technique et professionnel dont les élus parlent mais ne s'occupent pas depuis 30 ans)?
  • etc.
Solutions simplistes, symboliques et populistes ? Ça se discute mais je pense qu’une démocratie est malade quand elle permet à des personnes de prendre des décisions sans expérience concrète des domaines abordés et surtout, s’ils arrivent à ces postes non par leurs qualités et leur passé professionnel mais simplement parce qu’ils ont un nom qui leur permet de rameuter de nombreux suffrages.

Ce n’est pas parce que la démocratie ne fonctionne pas au niveau du choix parfois irrationnel de candidats sur les listes qu’il ne faut pas essayer d’inventer des solutions pour en corriger les défauts à l’étape suivante alors que ce n'est pas si complexe ou couteux que cela.

Aucun commentaire: