02 septembre 2014

L’avenir de la Wallonie pourrait être en Europe, plus en Belgique

Qu’on le veuille ou pas, la Belgique « de grand papa » n’a plus de raison vraiment objective de subsister dans l'absolu.  C'est l'habitude et la dette qui nous retiennent.
Les flamands et les wallons vivent en effet dans des optiques différentes. On peut considérer comme « cliché » le flamand travailleur et le wallon fêtard mais il est un fait que tout semble montrer que la mentalité germanique est bien ancrée au nord alors que la mentalité latine est plus que jamais le « way of life » du sud: on le voit jusqu'aux choix démocratiques imperturbables dans le temps.

Est-ce vraiment un problème ? Dans un monde parfait, ou dans une économie florissante, sans doute pas : des groupes d’individus peuvent faire des choses de manière différente tout en arrivant à des résultats satisfaisants malgré tout.  Le juste équilibre des choses est ce qui devrait motiver les masses: un équilibre de vie entre travail et vie privée est en effet humainement plus valorisant que le « tout pour l’argent et le travail » de certains radicaux habitant la Flandre et que le « vivons la vie sans se soucier de l’impact sur les autres » de certains utopistes habitant la Wallonie.
Malheureusement, la situation actuelle est loin d’être idéale. Même si on peut reprocher au monde politique son manque de vision à long terme pendant les 60 dernières années, on ne peut l’accabler de tous les maux: la mondialisation inévitable nous entraîne inexorablement vers un "moins bien être" par le principe des vases communicants.  Quoi qu'il en soit, la situation belge qui est en train de se préparer pour les 5 prochaines années est assez inquiétante.

Les responsables politiques sont imbus d’eux-mêmes, vivent dans des tours d’ivoire loin de la réalité de la vie et, comme les généraux des siècles passés, gèrent les finances des états/régions/communautés sur papier, sans vraiment voir l’impact global de leurs décisions. Je ne dis pas que l’inverse serait facile, voire même possible, j'énonce juste un ressenti de plusieurs années.
De cet état de fait, une communauté francophone très à gauche dans un état fédéral à droite à côté d’une communauté flamande prête à faire des sacrifices à court terme pour améliorer sa situation sur le long terme est une bombe à retardement.

Les décisions qu’il faudrait prendre en Wallonie, déjà à la traine depuis des lustres ne seront pas prises, pour le bien immédiat des citoyens (et la satisfaction de l'électorat) mais cela ne pourra qu’augmenter l’insatisfaction de l’autre communauté. L’équilibre de ce pays étant déjà précaire, il sera totalement instable si, à la fin de la législature, ceux qui pensent déjà être les « vaches à lait » du pays voient qu’ils ont fait des efforts là où de l’autre côté, ce n’est pas autant le cas.

En choisissant d’être la dernière région gauloise qui résiste – à tort ou à raison, je n’ai pas les compétences pour le juger – contre la grande méchante austérité, la Wallonie va signer un contrat de rupture avec le peuple flamand et je pense que ce ne sera cette fois plus réversible.
Alors, plutôt que de se plaindre d’une présence d’un parti séparatiste flamand dans le gouvernement fédéral, les responsables politiques wallons devraient se rendre compte que le mouvement est plus large et plus fondamental que cette simple présence NVA. Sauf reprise économique hautement improbable qui redonnerait une autre image de marque à notre région, l’Europe sera notre seule solution de continuer à exercer une certaine spécificité « latine » dans le nord. Et une nouvelle fois, je constate, je ne juge pas.

Il serait donc grand temps d’envisager la chose et quand on voit les priorités de nos élus et les premiers choix effectués (plus de ministres, fin des doubles casquettes, préparation d’une opposition stérile envers un autre niveau de pouvoir, etc.), je continue à avoir de sérieux doute sur la vision à long terme mise en place…

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