15 février 2014

Le (petit) dysfonctionnement politique en guise de norme?

Deux "faits divers" sont à la base de ma réflexion du jour.
D'un côté, on découvre que Joëlle Milquet, à l'instar d'une Anne-Marie Lizin en campagne, engagerait des collaborateurs (payés par l'état) pour faire/préparer sa campagne électorale.
D'un autre côté, Anne Delvaux, virée de la tête de liste pour les élections européennes par le cdH, s'étonne que le candidat soit un pion.

J'ai suivi de près plusieurs partis politiques entre 1996 et 2010. J'y ai appris qu'il était classique que l'argent public serve - au pire - indirectement aux campagnes électorales ou - au mieux (sic) - à supporter financièrement des actions de groupes "liés" qui n'avaient pas directement accès au financement.
Il était également tout à fait clair qu'un candidat était au mieux un pion que l'on déplaçait selon les endroits où il sert le mieux (sans tenir compte de son intérêt personnel) et au pire un élément que l'on jette sans autre forme de procès s'il ne convient pas/plus ou ne rentre pas dans les cases.

Tout le monde (observateurs, journalistes, mandataires, etc.) vous le dira sans doute sous le sceau du secret: cet état de fait est connu, c'est ainsi que cela fonctionne en politique.
Oui mais alors, pourquoi s'en offusquer maintenant?
- Est-ce parce que la campagne électorale se rapprochant, des indiscrétions et des fuites se produisent pour donner du factuel à moudre aux adversaires?
- Est-ce simplement parce que ces situations sont "encore plus" dysfonctionnelles que ce qui est devenu "une certaine norme"?

Si c'est la deuxième solution, on est devant une situation terrible: tout le monde est tellement habitué à ce que le système démocratique dysfonctionne, utilise l'argent public (et les gens qui deviennent des obligés) sans discernement qu'il faut une situation "encore plus grave" pour faire réagir?
Pourquoi terrible? Parce que les démocrates se plaignent du populisme en croissance, du fait que les gens se tournent de plus en plus vers les extrêmes mais qu'ils ne font rien pour assainir la situation et couper l'herbe sous le pied de ces gens.

"On a toujours fait comme ça" est une phrase que l'on entend dans la base de certains partis politiques. Quant aux dirigeants, ils vivent dans une tour d'ivoire et n'écoutent plus les citoyens (non militants d'un parti) qui s'offusquent.

Un jour, le pourcentage de gens qui ont suffisamment de lettres, de culture et de mémoire de l'histoire que pour savoir que la démocratie est la moins mauvaise des solutions et accepter l'anormal par défaut d'autre chose ne sera plus suffisant que pour bloquer les extrêmes et là, ce sera la catastrophe pour la majorité.
Dans leurs "bunkers" construits à l'aide de leurs gros salaires, les "décideurs" n'auront peut-être rien à craindre et là encore, ce seront les gens "normaux" qui auront à en souffrir.

Triste démocratie... Et pourtant, qui pensez-vous que l'on invite dans les débats pour discuter de l'amélioration de la démocratie? Ceux qui vivent de ces dysfonctionnements... Et oui...

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