16 novembre 2013

Bellens: premier échec à 58 ans?

Didier Bellens, selon Wikipedia, est né en juin 1955. Il serait gradué de la Solvay Business School (à l'époque où l'on y concevait les futurs maîtres du monde à qui l'on apprenait le peu d'importance des travailleurs devant les enjeux économiques).  Trois ans après la fin de ses études, il était déjà nommé directeur financier de la compagnie Bruxelles Lambert (un maître du monde, on vous dit) alors que l'on pense maintenant que les meilleurs managers (au sens humain du terme) sont souvent ceux qui sont issus de la base et qui ont connu les divers métiers de leurs employés en grandissant étape par étape, ce qui leur permet de comprendre ce que vivent les gens "de terrain".
Apprendre son métier dans l'ombre d'Albert Frère, quoi de mieux pour confirmer l'intérêt de la richesse et du capitalisme dans son sens le plus économique du terme!
Quatre années plus tard, il était d'ailleurs complètement immergé dans le monde des holdings qui font des achats et des ventes d'entreprises (sans doute sans tenir compte du bien être des employés, mais en faisant grandir les actions des sociétés).

Didier Bellens est sans doute assez riche pour que 5 générations de ses enfants (il en aurait deux) ne vivent sans avoir besoin de travailler (s'ils échappent aux gênes "Oncle Picsou") mais son ego vient sans doute pour la première fois d'en prendre un coup.  Il est de cette race à qui tout doit réussir et pour qui l'échec ne peut exister. Avec ses moyens financiers, il peut sans doute habituellement acheter cette réussite.

Son premier échec - qu'il ne voulait sans doute pas voir comme tel - est que les êtres humains qui étaient sous ses ordres ne l'aimaient pas. J'ai vécu cela de l'intérieur quand je travaillais pour un Belgacom qui venait de rentrer en bourse et dont la Valeur "Le client d'abord" avait été remplacée par "Les économies d'abord" par un grand patron qui expliquait le besoin d'économies de bouts de ficelles lors de grands meetings alors qu'en  fait lui s'augmentait et augmentait les actionnaires au détriment de la qualité du travail (fermeture des bureaux locaux, utilisation d'employés indiens meilleurs marchés, etc.).

D'autres (petits) échecs sont venus contrecarrer cette mentalité de "winner" via ses tentatives de placements de ses "amies" sans respect des règles (type "affaire Conchetta Fagard") mais rien qui le touchait sans doute vraiment, quand on voit que sa suffisance et sa capacité à prendre tout le monde de très (trop?) haut restait sa marque de fabrique.

Pour la première fois, il a sans doute trouvé quelqu'un qui avait un égo plus important que le sien et sur lequel il n'avait aucune prise en la personne du premier ministre.  Il aurait aimé que "son" Belgacom deviennent majoritairement privé pour être "seul maître à bord" mais il n'en aura pas eu le temps.
Je suis d'ailleurs convaincu qu'en bon "commercial", il n'a jamais pensé qu'il devrait en arriver à être éjecté comme un malpropre.  Même si juridiquement, il aura peut-être gain de cause à long terme car la "faute grave" est une notion à géométrie variable et il a plus de moyens que l'état belge (n'a à y consacrer) pour trouver les meilleurs avocats afin de défendre sa cause mais n'empêche, son nom est sali: il a été viré simplement pour faute grave comme lui pouvait le faire à tant d'autres.
De plus, ses réussites commerciales seront moins reconnues que la fin de son mandat chez Belgacom et son caractère.

Là où certains "arpenteurs d'horizons" du passé avaient pu cacher un caractère imbuvable devant leurs seules réussites, l'image de Bellens sera à jamais écornée auprès du grand public.  Ceci dit, il n'en a sans doute rien à faire, seule sa propre opinion et éventuellement celle de ses pairs comptant.

Nul doute qu'en bon capitaliste, la "World Company" lui trouvera un autre navire pour écumer les mers économiques mais comme il aime sans doute se regarder dans le miroir et apprécie gérer ce qu'il laissera comme trace dans les livres d'histoire, cet échec ne devrait pas lui faire plaisir...

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