07 octobre 2013

Gueule en terre, poil!

Cette année, un micro-débat avait repris sur les baptêmes étudiants suite à un accident lors d'une activité d'un week-end de bleusaille (donc non encadrée par les responsables). Je dis un micro-débat car loin d'être un marronnier de l'info, ces discussions allaient rarement au fond des choses et ne sortaient d'ailleurs que quand il y avait un accident.
Mais pour la première fois depuis des années, une autorité académique a décidé de suspendre les activités sans qu'il n'y ait eu accident mortel ou invalidant. Parlons-en.

J'ai eu la chance de participer de l'intérieur à deux baptêmes d'étudiants ingénieurs. Bien évidemment, tout n'était pas parfait.  Des petits dérapages, il y en a eu.  Mais jamais de la faute du baptême ou des responsables, plutôt de la faute de la nature humaine.
Un type qui va abuser de son autorité pendant un baptême étudiant en aurait sans doute fait de même à une autre occasion: si c'est un caractère nazillon qui pose problème, on l'aurait sans doute retrouvé dans des partis d'extrême droite ou d'autres joyeusetés du genre et avec un encadrement bien moins strict et plus dangereux.
Là où maintenant on fait boire exagérément (de l'eau) à une jeune fille lors d'un week-end hors bleusaille, nous faisions des activités "laver les voitures" ou "vendre des autocollants en tenue folklorique" avec nos bleus... On peut donc faire des trucs sympas tout en restant dans les normes...
Néanmoins, je ne sais pas si je conseillerais à une jeune fille de faire sa bleusaille dans une haute école majoritairement masculine où les responsables n'ont parfois pas encore la maturité pour cadrer les éventuels perturbateurs. A mon époque, plus d'une fois avec des amis, auréolés de notre statut de "poils à 4 étoiles ou plus", nous sommes intervenus pour "fliquer" dans des activités de graduats où les responsables étaient débordés.
Enfin, je sais également que certaines facs exagèrent et que certains baptêmes comme Cureghem vont peut-être trop loin, mais c'est en effet là que l'on attend que les autorités fassent leur boulot en établissant des règles et en les faisant respecter.
 
La plupart du temps, le baptême étudiant est avant tout une période où l'on apprend l'humilité quand on est sorti du secondaire avec le "gros cou" du gars qui vient de finir une étape importante. C'est également une période où l'on apprend la solidarité avec les autres "bleus" de son groupe.  C'est enfin une occasion d'être poussé en dehors de son périmètre de confort et d'apprendre à vaincre sa timidité et sortir de sa coquille.

Bien évidemment, il est inacceptable que par après, la scission entre baptisés et non baptisés pose un problème au niveau des études. Que les activités festives soient parfois exclusives, pourquoi pas, mais refuser de faire le baptème ne peut être une pierre d'achoppement pour la réussite des études.  C'est d'ailleurs le cas dans la grande majorité des cas! 

Il est d'ailleurs remarquable de savoir que souvent, ceux qui s'opposent au baptême étudiant soient ceux qui ne l'ont pas fait....

Update du 14/10 - Ces discussions et débats ne sont pas nouveaux: en 1996, les débats sur les baptêmes étudiants avaient déjà eu lieu de manière importante suite au film AD FUNDUM.
Si par contre, le débat actuel se recentre sur l'abus d'alcool, on peut discuter et débattre.
Tout ce folklore, ces intégrations et autres mises en situations peuvent s'imaginer avec utilisation limitée d'alcool. Il me semble d'ailleurs que les accidents arrivent plus souvent à des étudiants guindailleurs - pas toujours baptisés - qu'à des futurs étudiants en bleusaille car là, c'est bien encadré!

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