28 juillet 2013

A couillon, couillon et demi!

Petite polémique de vacances ce week-end sur les réseaux sociaux. Gaelle Smet, permanente des réseaux sociaux cynique et manquant parfois de tact (mais c'est pour cela qu'on l'y aime car on sait reconnaître le second degré) se fait allumer par des élus du parti qui l'emploie via la presse pour un tweet à l'humour un peu borderline (mais pas trop): voir un article de presse ici.

Comme toujours dans ces cas là, on remet en question le fait qu'un compte twitter "privé" ne le soit pas vraiment et qu'un employeur soit directement impliqué dans tout ce qu'un de ses travailleurs dit et fait sur le net.
J'ai été confronté au même type de problème chez mon dernier employeur, où l'on m'avait fait comprendre qu'en tant que responsable, je ne pouvais pas twitter ce que je voulais sur mon compte privé sans risquer d'impliquer l'entreprise.

Je ne suis pas d'accord avec cette vision du monde virtuel. Ce n'est pas parce que la vie "privée" ne l'est pas vraiment sur les réseaux sociaux que l'on ne peut pas avoir un avis personnel qui va à l'encontre des idées de son employeur et qu'on ne peut pas le dire, tant que c'est dans un cadre clairement identifié comme "privé".
Que l'on doive assumer par après personnellement son "e-reputation" et que l'on traine des avis une partie de sa vie dans un cadre non professionnel est une autre affaire. J'ai eu des idées cataloguées de "droite" (par certains écolos) que j'ai assumées par le passé et certaines que j'assume d'ailleurs toujours maintenant, ce qui m'a coupé toute chance dans ce parti politique qui se revendique "progressiste". Dommage mais c'est ma vie et je veux assumer ce "non dogmatisme".

Par contre, si on ne laisse pas cette liberté à quelqu'un de donner des avis personnels sur des comptes privés sans directement être coincé par rapport à son employeur, on va vers un monde où la liberté de penser sera mise sous cloche. Dans mon cas, étant à la recherche d'un emploi, est-ce que je dois taire tout avis, ne sachant pas ce que pourrait en penser un éventuel futur employeur, même si cela n'a rien à voir avec mes compétences professionnelles? Pas cool si  c'est le cas!
Autre possibilité, on va remettre en avant les comptes anonymes où pour pouvoir dire ce que l'on pense, on doit se cacher et avoir une fausse identité sur le net? Dans ce cadre, on risque beaucoup plus vite des dérapages haineux, raciaux, etc. Est-ce mieux? Je ne le pense pas.

Je pense qu'en clouant Gaelle Smet au pilori, la presse se rend un mauvais service si elle veut encore avoir des interactions avec des lecteurs ou spectateurs. Elle n'est pas "élue" politique et n'a donc pas le statut qu'un représentant de parti peut avoir. Son avis privé n'a rien à faire dans la presse dans la rubrique "politique" car elle ne revendique représenter personne...
De l'autre côté, en jouant à la vierge effarouchée alors qu'en interne, on entend parfois bien pire "sous le sceau du secret" ou qu'on laisse certains élus libres "car ils rapportent des voix", certains partis se décrédibilisent (encore) un peu plus...

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Bien d'accord avec votre point de vue, mais manquer d'empathie à ce point là et avoir une responsabilité au sein du parti qui a trait à l'éthique ne vous semblent pas incompatibles? Il y avait plus qu'une maladresse là, mais quelque chose de révélateur d'un mépris.
Petzi

Claudine Lenoir a dit…

D'accord avec le commentaire ci-avant.
Question 1 : Monsieur le philosophe, parlez-nous de l'inhumanité je vous prie.
Question 2 : à Nuremberg (après guerre 40/45), un psychiatre a tenté de comprendre la motivation des grands criminels nazis qui passaient en jugement. À votre avis, quel était le point commun de tous ces criminels ?
Question 3 : quel était le rapport entre le "point commun" cité en question 2, et l'inhumanité ?
Bonne réflexion et bien à vous ;-)
Passez me lire à l'occasion.
Claudine Lenoir

http://frsk.skynetblogs.be/archive/2013/07/28/question-de-droite-et-de-maturite-humaniste-7881211.html

rwarmont a dit…

Vos deux remarques pourraient être relevantes si dans le tweet (de 140 caractères) de la personne incriminée, il y avait eu moquerie sur la catastrophe et les personnes qui avaient souffert involontairement.
Ici, il y avait humour sur le principe que des gens, pour raisons religieuses, marchent sans y être obligé, pendant 9h alors qu'il existe des moyens quasi gratuits pour s'y rendre rapidement.
Se moquer de cet état d'esprit quasi "fanatique" n'a pour moi absolument rien à voir avec de l'inhumanité.
S'il y avait eu humour sur la tragédie, nous aurions été bien d'accord!

Anonyme a dit…

Probablement que la nuance, subtile, était bien là, se moquer des marcheurs - pas des morts. Il s'agissait quand même de l'ironie liée à la catastrophe , et pourquoi pas - mais pas quand on est conseiller en éthique même seulement aux heures de bureau.
En fait, entre nous ça vous a vraiment fait rire ?Petzi

rwarmont a dit…

Non, mais là n'était pas le fond du débat.
Les caricatures de Mahomet ne me faisaient pas rire non plus mais quand je vois les contre-feux allumés principalement pour des raisons religieuses, j'ai un problème.
Car ne soyons pas naïfs, si les marcheurs n'avaient pas été pèlerins, jamais certains n'auraient relevé la remarque...
Mais bon, c'est un autre débat!

LiseM a dit…

+1 pour Régis Warmont

@tous les lyncheurs

Un point Godwin en deuxième commentaire ... On dirait que ce tweet marque des records.

Alors, si ce tweet pouvait être blessant pour certaines personnes, on remarquera que la personne non seulement déclare s'exprimer à titre personnel mais en plus prévient qu'il s'agit d'humour. Et que donc le second degré est de mise.

Parler de manque d'empathie dans ce cas là est juste complètement déplacé. Pensez-vous vraiment que GSmet n'est pas triste pour tous les gens qui sont morts ou qui ont marché ? ce n'est pas le sujet de ce tweet ! Qui essayait juste de faire de l'humour dont le seul crime est d'être raté.

Rappelons qu'il a été effacé quand on lui en a fait la remarque.

Maintenant, retournons l'argument. Pensez-vous que la personne qui s'est adressé à la presse nationale pour jeter en pâture une personne de l'ombre a fait preuve d'empathie ? Pensez-vous qu'elle n'aurait pas retiré le tweet si on ne lui en avait pas fait la remarque ? Pensez-vous que le délateur n'a pas choqué plus de personnes que la personne de départ en faisant connaitre le tweet à des dizaines de milliers de personnes là ou il n'était connu que de quelques personnes ?

Car oui, in fine, celui qui a provoqué le plus de dégâts chez les cathos, c'est bien le délateur et la presse et pas le tweet de départ qui n'avait qu'une audience limitée.

Enfin, de voir que des gens se réjouissent que quelqu'un de jeune se fasse virer pour quelques paroles qu'elle regrette. C'est non seulement faire preuve de peu de connaissance de l'évangile (!!!!!) mais en plus ... faire preuve de peu d'empathie à leur tour. Et rattacher ça au drame nazi, ça m'a juste donner envie de vomir.

Très franchement, entre la twitteuse et ceux qui la haïssent, je sais déjà qui je préfère.