05 avril 2013

Pourquoi le livetweet à l'écran pourrait faire long feu...

Livetweeter, voici un infinitif bien barbare qui dit pourtant bien ce qu'il veut dire. Le principe est de regarder (à la télévision) ou écouter (à la radio) une émission sur laquelle on peut interagir via Twitter. Le principe peut être le même via Facebook, mais je suis moins convaincu de cette utilisation car le fait de ne pas mettre une certaine limite dans les messages diminue la capacité de véritable interaction synthétique.

Actuellement, trois types principaux me viennent à l'esprit:
  1. L'émission qui permet une interaction entre twittos. En commentant une émission grâce à des hashtags (#) liés aux sujets, ceux qui s'y intéressent ou utilisent des outils pour suivre les discussions reprenant ces mots-clés peuvent donner leur avis. C'est pour moi le plus intéressant, car cela permet le débat d'idées en toute liberté tout en laissant la possibilité de ne pas réagir à des réactions que l'on trouve vulgaires, déplacées voire agressives.
  2. L'émission qui permet une interaction entre twittos et participants. Il est ainsi possible de donner un avis ou d'interpeller les experts, témoins ou responsables en plateau. Cela demande de gros efforts pour les gestionnaires d'émissions car il faut gérer une émission en direct, il faut pouvoir filtrer les demandes en temps réel et répercuter rapidement les messages reçus sans en changer le fond. Très intéressant, mais donc pas applicable partout.
  3. L'émission qui permet une interaction entre twittos et spectateurs. Dans ces émissions télévisées, on passe certains messages à l'écran pour enrichir le contenu et donner des informations sur ce que pense le public. J'aimais beaucoup le principe de ces émissions, jusqu'à ce qu'avec le temps, je me rende compte que le filtrage sur les messages avait un impact décevant.
Pour ce dernier cas, je voudrais développer mon idée: je ne nie absolument pas l'utilité d'un filtrage important: une chaîne ne peut décemment pas passer des messages qui vont à l'encontre de son programme, des messages qui blesseraient éventuellement les participants ou qui mettraient en cause l'équipe qui travaille sur l'émission.
C'est peut-être triste pour l'équilibre des informations mais après tout, ceux qui veulent voir l'avis général non filtré n'ont qu'à se faire une idée par eux-même directement sur les réseaux ad-hoc. L'accès y est libre.
Par contre, je n'avais pas prévu que les twittos s'adapteraient de manière à ce que, pour passer à l'écran, ils lissent leurs messages, voire écrivent l'inverse de ce qu'ils pensent!
Pire, je ne pensais pas que l'on suggèrerait aux employés des chaînes qui font ces émissions de participer pour booster les échanges (comme cela donne parfois l'impression) et encore pire, que l'on pourrait éventuellement reprocher aux participants de dire ce qu'ils pensent sur les réseaux si cela ne va pas dans le sens espéré par les responsables des émissions (comme ce fut le cas de Maurane, de Lio ou d'ex-candidats par le passé).
Dernier écueil que je n'avais pas vu venir, c'est le fait que certains (dont je suis) reprocheraient à ces participants de devoir lisser leurs messages ou mettraient en avant chaque "sortie" de la ligne de l'émission. Je l'ai fait et je m'en suis excusé car c'est juste déplacé. Chacun gère en effet ses interactions comme il l'entend.

Je pense néanmoins que cette manière "semi interactive" de livetweeting ne peut durer longtemps: les spectateurs vont se lasser d'une communication "lissée" et les utilisateurs vont se lasser d'être bridés pour y participer. Soit on évoluera vers des messages plus polémiques, mais cela sera encore plus difficile à gérer, soit cela disparaîtra petit à petit quand on aura fait le tour des messages typés "il est trop bien", "trop sympa", "quel talent", "c'est le plus beau", etc...
D'un autre côté, on voit également naître des émissions qui justement reprennent des tweets piquants ou plus comiques sur des images bien particulières.

L'avenir serait-il dès lors à un mix des deux? Ce ne serait pas facile à gérer, mais sans doute sympa à regarder.

2 commentaires:

MathLOFF a dit…

Très bonne analyse que je partage totalement. Il faut plus de liberté dans la diffusion des messages mais celle-ci, temps que le réseau social n'est pas dissocié du programme, sera toujours "manipulée".

Tout le monde n'a malheureusement pas encore de smartTV avec interacion indépendante des deux mais, pour moi, on y trouverait une solution,

A voir à l'avenir !

arthurforest a dit…

Moui enfin ça dépend des tweets. Les tweets caustiques, cyniques mais drôle sont acceptables à l'antenne mais quand l'intention est juste de blesser, critiquer pour critiquer, perso je trouve que ce n'est pas très sympa. Et je comprends alors les chaînes de télé qu ne diffusent seulement que les commentaires "corporate". Comment faire la différence entre un tweet piquant mais tout de même bon enfant partant d'une intention qui n'est pas méchante, ou pas ?