28 février 2013

Caterpillar: c'est la fin d'un monde...

Le séisme Caterpillar me touche. Pas spécialement au niveau de mon travail mais parce qu'ayant passé mon enfance dans la région carolo, je connais personnellement plusieurs personnes qui y travaillent ou y ont travaillé. Je l'avais d'ailleurs visitée dans le cadre de mes études. Plus de 1500 emplois - sans compter l'éventuel impact sur les PME qui travaillent avec cette société comme client - c'est énorme.

J'ai grandi avec l'idée que Caterpillar était intouchable. D'abord parce que Caterpillar Gosselies était la deuxième plus grosse usine du groupe, ensuite parce que les décideurs du site étaient locaux. Les patrons avaient souvent eu des attaches dans la région. De plus, la situation n'était pas comparable avec le cas Mittal car la demande existe toujours au niveau mondial et le site faisait partie de l'histoire du groupe.

Donc si on en est là, je peux me tromper mais je pense que cette fois, notre pays est vraiment en train de souffrir de sa taxation des entreprises accouplée avec l'inflexibilité de ses syndicats. Ce n'est - comme d'habitude - qu'un avis personnel, mais j'explique mon idée.
Les syndicats ne veulent pas toucher à l'index. Dans cette entreprise florissante, on peut supposer que les salaires étaient intéressants en comparaison avec le reste de la région. Cela veut dire que chaque indexation - dans un pays où la taxation pour les entreprises est élevée - devait grever le budget prévisionnel du site (bien que je ne sache pas ce qu'il en était des intérêts notionnels pour Caterpillar).

Si c'est le cas, cela veut dire que le retard de compétitivité - qui est déjà grand sur les pays "low cost" - s’accroît de plus en plus sur les sites des pays voisins et ceci dans une Europe déjà en crise. On peut parfois espérer que les patrons d'entreprises multinationales fassent un peu jouer l'émotionnel lié à l'historique d'un site mais comment expliquer aux sites florissants de Caterpillar ailleurs dans le monde qu'ils ne peuvent pas être augmentés parce que d'autres sites coûtent trop cher. Je ne suis pas certain que la solidarité entre sites joue à ce point.

Il n'y a sans doute pas de solutions faciles aux problèmes actuels des multinationales mais en tout cas, il est temps d'arrêter de se lamenter sur quelque chose que l'on ne changera pas.
Les politiciens peuvent faire toute la musculation qu'ils veulent: ils n'ont aucun pouvoir sur les multinationales.
Les syndicats peuvent faire toutes les grèves qu'ils veulent: ils n'ont in-fine aucun pouvoir sur les multinationales.
Une solution? Promouvoir les sociétés qui travaillent localement et qui poussent à l'emploi (et pas uniquement les 6 premiers créés), promouvoir les PME innovantes: 1500 emplois, c'est aussi potentiellement 50 PME de 30 employés qui souffrent avec la crise. Peut-être faut-il aussi regarder dans cette direction au niveau des soutiens publics?

Quoi qu'il en soit, pour l'instant, on ne peut que regretter ce qui se passe et être solidaire avec les familles de ceux qui perdront leur emploi dans la région carolo et n'en retrouveront pas un autre.
Ceci étant dit, "ça leur fait une belle jambe"...

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