02 janvier 2013

Si, ils vivent dans une tour d'ivoire!

Dimanche passé, André Flahaut (numéro 3 des politiciens belges les mieux payés) s'énervait sur le fait que les citoyens intervenant dans un débat expliquaient tous que les politiciens étaient décalés de la réalité par rapport au monde réel du travail.
Il expliquait la main sur le coeur (ou le poing en l'air) que les politiciens comme lui connaissaient les situations de terrain.
Seul problème dans cette logique: André Flahaut n'a jamais cotoyé le monde de l'entreprise.
Si on regarde son CV et son parcours, on se rend compte qu'il a toujours travaillé pour le public et plus précisément pour les milieux politiques, ce qui est encore différent.
En effet, je ne pense pas que ce soit là que l'on apprenne le besoin de qualité et de précision dans le travail pour mériter "sa croûte". Il a sans doute beaucoup travaillé, je le concède, mais la puissance publique et  les principes particratiques lui ont sans doute toujours permis d'être à l'abri de tout "risque".
On peut supposer que comme il le dit, via des permanences sociales, monsieur le président d'assemblée côtoie des personnes qui doivent se battre pour vivre avec un faible salaire ou pour faire vivre leur entreprise, mais il ne l'a jamais vécu, or c'est dans l'expérience que l'on apprend réellement les choses.
Donc non, il ne connait pas la réalité du terrain comme il l'annonce, ou tout au plus par procuration.

Aujourd'hui, suite au problème de fuite d'informations de clients, les responsables de la SNCB semblent ne pas se rendre compte de l'impact possible sur ces clients.  De la même manière, jamais auparavant ils n'avaient donné l'impression de trouver comme extrêmement problématique le fait que les trains aient du retard et que certaines personnes ratent leurs correspondances, se trouvant alors dans des situations privées parfois fort inconfortables.
On peut comprendre que ces messieurs n'aient pas vraiment besoin de prendre le train quand on voit leurs salaires. On peut donc supposer qu'ils ne puissent comprendre ce qu'est la vie d'un navetteur depuis qu'ils ont entamé les cures d'économies.  Ils ne savent donc pas ce que cela peut faire que d'avoir à subir les "erreurs" de la SNCB. Ils sont aussi hors de la réalité des choses!

Le problème n'est pas vraiment que certains soient décalés de la réalité, c'est le triste jeu de la dualité croissante de la société.  Le vrai problème, c'est qu'ils sont intimement persuadés qu'ils savent certains choses mieux que ceux qui les vivent et là, il serait vraiment temps qu'on les oblige à ouvrir les yeux pour qu'ils agissent en connaissance de cause et avec les bonnes priorités.

En France, ils ont une téléréalité appelée "patron incognito"... On devrait peut-être s'en inspirer en Belgique, même si c'est bien évidemment très risqué si l'ouverture d'esprit du patron et/ou responsable politique n'est pas présente :)

1 commentaire:

François Bataille a dit…

Dans certaines entreprises, qd on est engagé, on commence par faire XX semaines sur la chaine de production (avant de prendre son "vrai" poste) .... je pense que c'est le cas chez L'Oréal ... je trouve çà très sain ... à la limite, il faudrait même peut-être prévoir d'y retourner chaque année ... ca ne résoudra pas tout mais le fait d'être mis en condition "réelle" pendant un certain laps de temps permet souvent de mieux comprendre les problèmes des autres ... (des expériences similaires ont déjà été réalisées pour les problèmes de mobilité des personnes moins valides ...)