08 janvier 2013

La nomophobie, sequel de la télévision-dépendance?

Non, mon orthographe ne s'est pas dégradée: je ne parle pas de "séquelle" mais bien de "sequel", comme dans le cadre cinématographique. Une suite, quoi :)

Si je prends mon cas personnel (celui que je connais le mieux :)), il y a 20 ans, je pouvais me considérer comme un "enfant de la télé". Je connais tout des années 80: j'ai mangé des séries télés, des feuilletons, des clips vidéos, des débats politiques, des magazines sociologiques, des films de qualité et des navets, etc.  Ma culture générale s'est forgée à travers la télévision.
Le nombre d'heures de télévision que j'ai ingurgitées dépassait la "norme".  Cela ne m'empêchait pas de travailler correctement à l'école, car j'avais les capacités intellectuelles pour me permettre les deux en parallèle.
A 40 ans, je peux considérer que je n'ai pas trop mal réussi dans la vie, que ce soit niveau humain ou niveau professionnel. La télévision n'a donc pas détruit ma vie, malgré ce que prédisaient les "spécialistes" de l'époque.

Actuellement, je lis le même genre de remarques que celles que l'on faisait envers la télévision il y a 20 ans mais en ce qui concerne les réseaux sociaux, voire l'addiction à l'internet en général.
Je pense que l'on se trompe de méthode. Là où l'un ne sera pas spécialement impacté par une utilisation "hors norme", un autre aura déjà des problèmes avec une quantité "sous la norme". En effet, le problème n'est pas de savoir si le nombre d'heures moyen passé sur un média dépasse un chiffre donné mais savoir si le cas individuel d'addiction aura un impact négatif selon la personnalité de l'utilisateur.

La généralisation est pour moi un des plus grands maux de notre société: chaque être humain est différent, avec des capacités et des compétences différentes et même si on peut généraliser certains fonctionnements, chaque cas devrait être pris et évalué séparément. Que ce soit au niveau de l'apprentissage, du travail, du comportement, etc. Tout doit être évalué par rapport à la personne dont on parle.

Pour en revenir à la discussion de départ: oui, je pense que dans certains cas, l’addiction à l'utilisation des réseaux sociaux et autres applications smartphones est réelle.  Oui, je pense qu'à un moment,certaines personnes - si elles sont dans les conditions psychologiques qui s'y prêtent - pourraient se laisser entraîner dans l'excès et en souffrir.  Mais je suis convaincu que ce genre de problème n'est pas lié aux smartphones ou à Internet. C'est surtout lié à la personnalité de chacun et aux conditions environnementales à un moment précis.

Il est donc inutile, en ce qui me concerne, de faire de grandes dissertations sur les manifestations du problème (nomophobie) alors que ce qu'il faudrait plutôt étudier, ce sont les causes.  En effet, pourquoi les gens se tournent-ils vers les réseaux sociaux, comme ils le faisaient avant vers la télévision, si ce n'est parce qu'ils ne trouvent plus dans notre société individualiste et hyper-compétitive des occasions de rencontrer sans but spécifique des personnes pour de grandes discussions, voire pour des activités sportives ou intellectuelles. Par le passé, certains se réfugiaient par défaut dans le monde non interactif qu'était la télévision et vivaient leurs "aventures" par procuration. Au moins, avec ce nouvel outil, on a ajouté une interactivité, fut-elle souvent totalement virtuelle.

Je pense que ces addictions apportent des solutions à la solitude ou à une impossibilité - pour une raison ou l'autre - d'avoir certaines activités "réelles".
Est-ce un bien, est-ce un mal? Je ne suis pas compétent pour le dire. Néanmoins, c'est un fait acquis et plutôt que de le critiquer, les spécialistes feraient mieux de l'étudier pour en adoucir les côtés négatifs tout en en facilitant les côtés positifs.
Mais comme d'habitude, ce n'est qu'un avis personnel...

1 commentaire:

Sane a dit…

J'adhère ;-)
J'étais aussi une enfant de la télé dans les années '80...
Et je pense également que chaque personne étant différente, ce qui posera "problème" chez l'une, sera un "plus" chez l'autre.