28 novembre 2012

"La pauvreté, pourquoi?" sur la RTBF: apprendre du passé...

L'an passé, la RTBF mettait en place une série de reportages sur la pauvreté.
J'avais été surpris, voire choqué, par le contenu.  Pas spécialement par les situations tristes qui y étaient présentées.  Ce choc-là était prévisible car la pauvreté ne peut qu'entraîner que des situations malheureuses.

Ce qui m'avait choqué, c'est le traitement de l'information qui était limite "indigne de la RTBF".  En effet, quand on peut accepter qu'RTL ou TF1 fassent du "simple pathos" pour "faire pleurer dans les chaumières" et faire de l'audience, on ne peut pas accepter qu'une chaîne publique ne creuse pas un peu plus sur le fond pour éventuellement retirer des enseignements de ces situations.

Cette année, le titre proposé est donc "La pauvreté, pourquoi?"
Avec un tel titre, on peut supposer qu'il y aura de la recherche dans le "pourquoi". J'attends de voir.
Loin de moi l'idée de pouvoir donner des leçons ou même penser savoir ce qu'il faut ou ce qu'il ne faut pas faire pour être heureux et éviter la misère, ce serait bien trop prétentieux, ce que j'espère ne jamais être. En effet, éviter ces situations, c'est souvent avant tout une question de chance, de capacités, de famille voire de bonnes rencontres au bon moment, etc.
Néanmoins, il faut aussi oser dire que parfois, certains prennent des décisions de choix de vie qui semblent mener directement à des problèmes.  Si, avant qu'il ne soit trop tard, on le leur explique et que malgré tout, ils prennent ces décisions, il faut pouvoir reconnaître que c'est de leur responsabilité.  Ceci n'empêche bien évidemment pas de les aider malgré tout!

Quelques exemples?
  • Une jeune fille de 16 ans qui refuse les contraceptifs et qui se retrouve par après mère de 2 enfants à 20 ans sans diplôme doit s'attendre à une vie difficile.
  • Un étudiant intelligent qui a toujours bien réussi à l'école mais qui "décroche" à 15 ans parce qu'il a envie de "liberté" et parce que les structures scolaires "l'emmerdent" ne doit pas s'attendre à l’opulence, sauf s'il a de grandes capacités manuelles ou est un entrepreneur indépendant dans l'âme.
  • Un père de famille monoparentale sans emploi qui décide de consacrer son budget chauffage de fin d'année à une grande télé 3D à "prix cassé pour Noël" avec abonnement à la télévision cablée en prime va avoir froid cet hiver.
  • Quelqu'un qui a des difficultés à boucler les fins de mois tout en consacrant le tiers de ses revenus en tabac et boissons alcoolisées supporte l'état via les accises mais ne se facilite pas la vie.
  • etc.
Est-ce du populisme?  Est-ce que ce sont des caricatures?  Peut-être, car ce n'est pas mon travail de voir sur le terrain les cas réels de cause de pauvreté et je ne peux donc que me poser des questions et avancer des éventualités.
Dans certains cas présentés dans les médias, est-ce lié à un accident de la vie, à une maladie ou à des raisons de déresponsabilisation?  Je ne sais pas, mais j'attends justement des médias d'information de qualité de me le dire et de creuser en effet le "pourquoi" de ces situations.  Grâce à cela, les générations suivantes - si elles se trouvent devant le même type de choix et les mêmes situations - pourront savoir dans quel engrenage elles risquent de mettre le doigt et pouvoir éventuellement agir différemment.

Je n'espère rien de plus, rien de moins de la RTBF cette année.  De la véritable information, factuelle, éducative et responsabilisante.
Laissons le pathos pour les chaînes privées qui sont là pour cela.

1 commentaire:

Waldorf a dit…

Histoire vraie :
Ma mère institutrice à les pires difficultés pour obtenir le paiement des repas chauds d'un enfant et ce de manière récurrente. Un jour ne voyant personne venir chercher le gamin elle décide d'aller le reconduire chez lui. Dans le salon : télé dernier cri, home cinéma, Playstation, etc...
Pas de sous pour nourrir ses gosses mais pour le reste...