09 août 2012

Les Clarisses ne devaient pas céder!

Soyons clairs: Michèle Martin est un monstre.  Michèle Martin ne peut être pardonnée d'avoir fait ce qu'elle a fait - ou plus précisément ce qu'elle n'a pas fait - en ne s'opposant pas aux agissements de son monstre de mari.  Il n'est d'ailleurs pas dit qu'elle sera "libérée sous conditions" car un recours est en cours.

Maintenant, ce qui fait la différence entre une société démocratique évoluée et une société du "Far-West" où le plus fort, voire le mieux armé, décide; une société où les extrémistes religieux tuent et torturent à foison ou encore une société moyennageuse où certains puissants décident pour les moins nantis, c'est la justice.
Notre justice ne fonctionne pas bien, elle est imparfaite mais elle existe et peut être remise en cause via de nombreux recours.

Ici, nous sommes devant une décision de justice validée par les instances définies par les lois qui suivent une peine décidée par un jury populaire d'assises. Ce jury a décidé en son âme et conscience qu'il ne fallait pas punir Michèle Martin à perpétuité et qu'il ne fallait pas de système de mise à disposition du gouvernement pour bloquer toute sortie. Ce jury populaire savait très bien qu'au bout de 10 ans, elle pourrait sortir sous conditions, ce qui sera le cas après 16 ans si le dernier recours est rejeté.

Le fait que des manifestations de mécontentement se mettent en place devant le couvent à Malonne est bien évidemment démocratique (bien qu'on y retrouve de nombreux militants extrémistes peu fans de la démocratie).  Que ces manifestations dérapent en actes de dégradation et de violence est inacceptable.  Mais si en plus, cette violence avait mené à une marche arrière des soeurs Clarisses quant à l'accueil de Michèle Martin; c'était accepter que la "rue", le "plus menaçant" ou le "plus violent" puisse faire fléchir une décision de justice suivie d'une réflexion par des "soeurs" difficilement soupçonnables d'accord "avec le diable"; ç'aurait été accepter de laisser notre société être dirigée par ceux qui crient le plus fort.

On peut ne pas être d'accord avec la décision de la justice.  On peut penser que Michèle Martin mérite une punition plus dure, même si cela ne changera rien à la situation des fillettes disparues.
On ne peut pas accepter que dans une société démocratique, ce soient quelques personnes qui crient fort qui puissent changer ce qu'une loi a décidé.

La décision des soeurs de ne pas changer d'avis dans l'éventualité d'un rejet du recours contre la décision de libération de Martin est saine pour la démocratie, qui reste le moins mauvais système que l'on connaisse.  Il faut en être satisfait, même si c'est avec un mauvais goût dans la bouche...

1 commentaire:

Isidore Poireau a dit…

Je suis de gauche et je crois que l'humain peut apprendre. La Justice n'a pas pour mission de retenir les gens enfermés, elle a pour mission de les tenir éloignées de la société civile, le temps nécessaire à la compréhension de la gravité des faits.
:-)