15 avril 2012

Ce n'est pas dans les bus qu'il faut combattre la violence!

Cette semaine, et particulièrement ce week-end, que de bruits autour d'une altercation - inacceptable, on est bien d'accord - qui a mal tourné.  En effet, un mort suite à de la violence, c'est toujours un mort de trop mais n'en fait on pas trop ou en tout cas, ne vise-t-on pas les mauvaises cibles?

En effet, ce n'est pas un passager qui a attaqué et tué le superviseur de la STIB.  C'est une personne qui a été appelée en "renfort" suite à un accident de roulage.  A priori, cela aurait pu arriver à n'importe quel autre conducteur qui aurait rencontré le chemin du conducteur saoulard et qui se serait opposé à celui-ci et à ses "renforts".

De plus, il semble qu'un seul coup ait été porté - comme il y en a malheureusement de nombreux chaque jour en cas de rixes - et que ce soit le destin qui ait voulu que la chute du superviseur ait été mauvaise et ait entraîné son décès.  C'était donc la fatalité: il aurait sans doute très bien, avec de la chance, pu se relever avec un oeil au beurre noir.
Soyons clair: je ne cautionne aucune violence, loin de là et vous le verrez plus loin, mais je pense que les médias se trompent en focalisant sur les transports en commun.

En effet, quel est le vrai problème?  Que notre société accepte que certaines personnes agissent à l'encontre de la bienséance et du respect de l'autre sans vraiment agir envers celles-ci selon les circonstances.

  • Parle-t-on dans les médias de la vrai cause de la tragédie? Non!  En effet, si le conducteur n'avait pas conduit sous effet de l'alcool, l'accident à la base de la dispute n'aurait sans doute pas eu lieu.  Mais quand on voit dans les actualités récentes que lorsque l'on tue au volant sous effet de l'alcool avec délit de fuite, on risque des travaux d'intérêt général, cela n'incite pas à la prudence au moment de reprendre le volant "sous influence".
  • Parle-t-on dans les médias du fait que depuis 20 ans, on accepte - sous couvert d'une certaine vision de la démocratie et d'une lecture bizarre des droits de l'homme - que la violence gratuite puisse être considérée comme un "petit" délit qui est rarement punissable?  Non!  Par exemple, des enseignants sont agressés régulièrement par des parents et/ou des élèves sans aucune conséquence scolaire ou pécuniaire (car ce serait mettre dans les difficultés des personnes souvent déjà précarisées! Et alors???)
  • Met-on en avant dans les médias le fait que des gens sont menacés en rue par des bandes de jeunes - souvent formées de mineurs - pour de l'argent, des GSMs ou des iPods?  Oui, mais on n'insiste pas assez sur le fait que souvent, la justice ne peut rien faire car à 16 ans, on n'est pas considéré comme "responsable de ses actes"...

J'aurais bien d'autres exemples mais j'arrêterai ici car c'est un blog, et pas une thèse de psycho - domaine dans lequel je suis d'ailleurs loin d'être compétent - qui demanderait sans doute plus de détails.

Je reste convaincu que tant que les citoyens accepteront des comportements violents sous prétexte que "ce n'est pas si grave" ou que "cela peut arriver à tout le monde" voire que selon l'âge ou le profil des personnes impliquées, "cela peut s'expliquer ou s'excuser", il y aura un risque que parfois, une altercation se termine mal.

J'ai un jour été tabassé dans un bus par 3 ados parce que revenant tondu de mon baptême étudiant, j'avais une tête de "sale skin belge".  Les policiers nous ont juste fait comprendre qu'il était inutile de perdre son temps ou son énergie dans une plainte pour des faits "qui se produisent tous les jours"... Et c'était il y a 20 ans!!!!

Tant que la norme ne sera pas une tolérance zéro à tout âge entraînant des conséquences pour toute personne et dans toutes circonstances pour tout acte de violence, voire de manque de respect grave à autrui, des accidents malheureux et mortels arriveront.

Soit il faut l'accepter et ne pas faire autant de bruit autour, soit il faut changer les choses et dans ce dernier cas, ce n'est pas avec quelques engagements de vigiles dans les transports publics que cela changera mais avec un changement en profondeur de type de société et l'acceptation que les punitions doivent donner envie de ne pas recommencer, même si cela ne va pas avec les principes de certains "bien-pensants".

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