27 janvier 2012

Ta liberté de grève commence là où s'arrête ma liberté de travailler...

Lundi, ce sera donc une grève générale.

Visiblement, pour faire une grève générale, les syndiqués peuvent bloquer les routes et les accès aux zonings sans que les forces de l’ordre ne puissent intervenir.
 
Je ne comprenais déjà plus toujours les principes de la "démocratie" depuis que quelles que soient les actions de certains élus, les électeurs continuaient à voter pour eux.  Je ne comprends maintenant même plus les principes de la "liberté" défendue par l'état.
En effet, qui sont ces syndicats pour savoir mieux que les autres ce qui est bien pour l'ensemble des belges?  
Ils justifient les blocages (appelés barrages filtrants) parce qu’il faut “mieux informer les travailleurs parce que les médias ne disent pas toute la vérité”.. Dans un pays où les autoroutes de l’information sont accessibles à chaque coin de rue et où les journalistes font souvent preuve de grande indépendance, on ne me fera pas croire que le citoyen moyen n'est pas capable de s’informer.  A moins bien sûr que les syndicats ne pensent qu’il n’est pas assez intelligent pour cela?
Même à supposer qu’ils aient raison, qui sont-ils pour considérer que ceux qui ne sont pas d’accord avec le principe qu'il faut un petit report de l'âge possible de la prépension pour les gens en bonne santé (les autres seront en arrêt maladie) et au travail (les autres seront au chômage) ont tort dans une société où la population vieillit et donc où les cotisations seront de plus en plus nécessaires?
Prenons encore le pari qu’ils aient raison, qu’est-ce qui leur permet de penser que leur grève nationale est le seul bon outil pour changer les choses quand les vrais coupables de la crise sont cachés dans la finance mondiale et n’ont que faire de ce blocage ponctuel, quand ils peuvent délocaliser en cas de besoin?
Non, cette grève de lundi est tout sauf utile.  De plus, elle gaspille une possibilité d’agir là où le politique a un vrai pouvoir, soit lutter contre les actions inacceptables de certains de nos élus: surnombre des niveaux de pouvoir (et de mandataires bien payés) et cumuls, saupoudrage des aides publiques via des copinages, futurs gaspillages électoraux ou encore utilisation d’argent public à des fins légales mais peu éthiques.
Au japon, par le passé, quand les ouvriers ou les employés voulaient montrer leur désaccord, ils portaient un brassard noir au travail.  Cela n’embêtait personne mais les responsables voyaient au nombre de brassards qu’ils avaient un potentiel d’opposants important et ils agissaient avant que cela ne dégénère.  
Ici, la crédibilté d’un mouvement de blocage “obligé” par une minorité est quasi nulle.  Elle n’embête finalement que ceux qui n’ont pas la force financière pour se permettre de laisser passer un jour de grève sans impact direct: les petites et moyennes organisations... 
Tiens, c’est encore souvent un bastion de résistance à l’apparition des syndicats car souvent rendus inutiles par des discussions directes...
Faudrait-il y voir malice?  J’espère que non!!!  

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