30 novembre 2011

Retranscription du compte-rendu de la réunion sur l'abattoir islamique à Temploux (24/11)

La première partie de la réunion a été consacrée à un exposé de M. Detry qui a retracé l’historique de ce dossier.

Il y a dix ans, aucune disposition n’était prise pour la Fête du Sacrifice, les abattages de moutons étaient clandestins ; il y avait donc beaucoup de déchets retrouvés sur la voie publique.
Dès 2002, des containers ont été installés pour recueillir ces déchets. Cela a bien fonctionné mais la loi n’était pas respectée puisque les dispositions légales prévoient des sites agréés notamment par l’AFSCA.
Il a ensuite été proposé aux Communautés musulmanes de se rendre à l’abattoir de Ciney. Cette solution n’a pas été un succès (probablement  à cause de l’éloignement de cet abattoir) : seulement 15% des moutons ont été tués dans cet abattoir.
Dans un souci de salubrité publique, la Ville a alors décidé d’installer à Jambes un abattoir mobile qui répondait à toutes les prescriptions légales en la matière : abattage par des sacrificateurs et « habillage » des moutons par des bouchers professionnels, présence d’un vétérinaire, de représentants de l’AFSCA, etc.

Le site a fait l’objet d’un permis régional et de l’agrément de l’AFSCA.

La vieille du jour de la fête, les moutons sont apportés dès 8h00 du matin sur le site d’abattage où une bergerie temporaire est installée.  Les différents contrôles administratifs sont opérés, les véhicules désinfectés.

Le jour de la Fête du Sacrifice dont le jour varie chaque année, les moutons sont pris individuellement à partir de ± 9 heures 30 du matin. Ils passent devant un système informatique qui envoie un message au propriétaire de l’animal pour le prévenir de l’heure à laquelle il peut venir le reprendre. L’animal est tué en une fois avec un couteau aux dimensions réglementaires.  L’animal est ensuite dépecé.  Tous les déchets sont repris par la Région Wallonne dans des conteneurs adaptés et sont évacués dès le lendemain par une firme agréée.  Les moutons (carcasses) sont remis à leurs propriétaires tout au long de la journée.
En 2011, 407 moutons ont été tués dans cet abattoir mobile. Cela représente 50 à 100 véhicules (bétaillères) pour amener les moutons (de 9 à 17 heures la veille du jour de la fête) et environ 300 véhicules (voitures particulières) pour venir les reprendre de ± 10h à 22h le jour de la fête.

L’endroit à Jambes où était installé cet abattoir mobile ne sera plus disponible en 2012 suite à la construction de la caserne des pompiers ; c’est pourquoi le Collège communal a décidé de demander au SPW l’autorisation de l’installer à Temploux sur un terrain aux Batys de Soye dont la Ville est propriétaire.

Dans la deuxième partie, les Temploutois ont alors donné leurs avis et réflexions à 100% négatifs :
-          La décision de la Ville est déjà prise (même s’il lui faut encore l’accord de la Région Wallonne). Pourquoi la ville n’a-t-elle pas pris l’avis des Temploutois (comme elle l’a fait avec la communauté musulmane) avant de prendre sa décision ?
-          Pourquoi l’avis des musulmans est-il plus important que celui des Temploutois ?

La circulation
-          Au point de vue circulation, cette implantation va créer un trafic important (même si c’est pour une courte période. Au carrefour de la chaussée et du chemin de Moustier qui a déjà connu de nombreux accidents ; au chemin de Moustier qui vient d’être aménagé pour le rendre plus sécurisé ; dans la Rue des Comognes où il est impossible de se croiser en voiture, aux abords du Batys de Soye (route non asphaltée) où il sera impossible de faire transiter autant de véhicules qui de plus, ne pourront pas se garer.
-          L’importance du charroi actuel au Chemin de Moustier provoque déjà de nombreux dégâts (notamment des fissures dans les habitations), cette nouvelle activité ne va qu’amplifier ces phénomènes.
-          Certains proposent de faire arriver les utilisateurs de l’abattoir par les Batys de Soye (en venant de la route de Floreffe) ; d’autres ne sont pas favorables car il s’agit d’un trajet de promenade.
-          Ce projet a déjà du plomb dans l’aile puisque la Région n’acceptera pas que les routes ne soient pas adéquates pour arriver à l’abattoir.

L’endroit
-          L’endroit est un des plus tranquilles du village et réputé pour ses promenades (reprises d’ailleurs dans celles conseillées par la Ville). De plus, un gîte rural existe à proximité.
-          Cet endroit est isolé et sera sans surveillance ;
-          Pourquoi à Temploux ? Pourquoi ne pas implanter cet abattoir dans un des nombreux zonings situés sur le territoire namurois ; cela ne gênerait personne et de plus, l’infrastructure routière serait suffisante.
-          Pourquoi ne pas avoir envisagé la piste de l’école de boucherie (ITCA) toute proche ?
-          Certains ont peur pour leur tranquillité et redoutent bruit et pollution (voitures, camions, musiques, prières, cris d’animaux, etc) .
-          Réflexion au sujet de l’environnement. Il n’y a pas (ou peu) de musulmans à Temploux. Pourquoi ne pas installer cet abattoir dans un endroit où il y en a

Le sacrifice
-          Beaucoup ne sont pas d’accord avec l’abattage (égorgement) des bêtes tel qu’il est pratiqué lors de la fête du sacrifice. C’est loin d’être un exemple pour nos enfants.
-          De nombreux musulmans seront présents pour assister à l’exécution. Comment les contenir et limiter l’accès aux seuls musulmans namurois.
-          « Nous sommes tolérants mais la tolérance dans le respect de l’autre. Nous voulons vivre en démocratie ; nos lois élaborées dans son esprit cadrent la vie de tous et nous sommes priés de les respecter. Alors que les musulmans pouvaient aller à l’abattoir de Ciney (voir ci-dessus), pourquoi ne pas les y avoir contraints ? Pourquoi imposer les coûts (100.000 euros) dus aux aménagements pour une communauté par la collectivité ? Nous attendons la réfection de dalles du chemin de Moustier depuis des années pour laquelle il n’y a pas de moyens !

L’enquête
-          Certains ont mis en doute la campagne d’affichage relative à l’enquête publique. Les affiches apposées uniquement en pleine campagne à proximité de l’endroit ont mis du temps pour être vues ; ce qui a fait perdre du temps aux Temploutois pour réagir à temps.

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