08 mai 2011

Enseignants vs reste du monde : dialogue de sourds

Je lisais ce matin sur Facebook un pamphlet d’une enseignante propagé par nombre de mes amis (ce qui prouve bien que je vis entouré d’enseignants :-)).
J’ai également eu quelques réactions suite à mon post d’hier sur les enseignants.

Ces remarques me confortent que l’on se trouve devant le problème le plus courant dans notre société occidentale, et ceci à tous les niveaux : le manque de dialogue et de compréhension.
En effet, la majorité de ceux qui se plaignent des grèves des enseignants seraient sans doute d’accord avec la majorité du pamphlet :
- chaque personne qui a un cerveau et qui s’en sert sait que l’enseignement est la base de tout et que ce qui distingue un pays évolué d’un pays sous dictature, c’est l’accès ou pas à la connaissance !
- tout le monde qui a ou côtoie des enfants sait la difficulté de les tenir sages et écoutants et de leur apprendre quelque chose.
- tout le monde reconnaît que dans l’absolu, le salaire d’un enseignant n’est pas mirobolant.
- chacun qui s’intéresse à la politique sait que les réformes et la politisation des réseaux rend le métier plus complexe.
- tout le monde devrait se rendre compte que le rôle de parent est plus important que celui de prof dans l'apprentissage des valeurs d'un enfant et que lui inculquer le respect dès le début permettrait d’aider à faciliter son évolution par après.
- etc, etc..

Sur ces constats, je pense que l’on peut majoritairement tous se retrouver.

Par contre, il y a des situations qu’il faut aussi que les enseignants reconnaissent que:
- dans ce métier, comme dans d’autres, il y a des brebis galeuses qui ne font pas bien leur travail et tirent au flanc. La différence est que chez les enseignants, une fois nommés, on ne peut plus rien y faire.
- la jalousie fera toujours que quand il a un travail donnant accès à 24 jours de congés par an, un travailleur du privé ne pourra jamais trouver normal qu’alors que les enseignants ont des mois entiers de congés par an (et ne sont payés qu’en conséquence, on est bien d’accord), ils arrivent encore à être absents de ci de là parce qu’ils ont des jours de carence sans certificat obligatoire et à faire des journées de recyclage pendant leurs jours de travail.
- ils sont défendus par des syndicats qui ne mettent jamais en avant les revendications de qualité d'enseignement, mais toujours le salaire et les acquis sociaux.
- etc, etc…

Depuis des années, on est dans un dialogue de sourds où les uns voient les avantages des autres sans vraiment réfléchir aux inconvénients et les seconds se défendent becs et ongles mais sans reconnaître que s’ils restent enseignants, c’est sans doute aussi parce qu’ils y trouvent leur compte.
On peut dire aux « critiqueurs » qu’ils n’ont qu’à faire enseignant si c’est si facile mais on peut aussi dire aux enseignants qu’ils n’ont qu’à faire un autre métier si c’est si pénible…
D’ailleurs, c’est souvent ce qui finit par arriver dans les écoles où tout respect ou discipline a disparu, y compris - voire surtout - venant des parents.

Rien n’est blanc ou noir, tout est gris et on devrait chacun faire un pas vers l’autre pour essayer de lutter ensemble contre les vrais fléaux de l’enseignement que sont manque de respect et indiscipline plutôt que se livrer à des guerres de tranchées improductives.
Il en va de l’avenir de nos enfants !!!

Aucun commentaire: