14 janvier 2011

Pourquoi je n’irai pas manifester le 23 janvier

Je pense que ceux qui le feront auront raison. Il serait temps que le citoyen des années 2000 se prenne en main devant les attermoiements politiques. Néanmoins, mon côté pragmatique fait que je n’en serai pas.

J’ai déjà donné au niveau arpentage de bitume en fin des années 1990. D’abord en tant que simple étudiant (décrets Lebrun), puis en tant que responsable étudiants (décrets Grafé / Onkelinx) pour finir en tant que simple citoyen (marche blanche).
J’en ai retiré deux sentiments :
- d’abord, si 10% d’une population manifeste, vous trouverez toujours bien des responsables pour vous retourner l'information en disant que 90% de cette population n’a potentiellement pas la même opinion. C'est mathématique...
- ensuite, je doute que le peuple belge veuille vraiment du changement et nos responsables politiques jouent là-dessus.
En effet, si c’était le cas, il n’y aurait pas un frange indéfectible de +/-40% d’électeurs socialistes en Wallonie et de conservateurs chrétiens (NVA-CD&V) dans le même pourcentage en flandre. On ne peut pas revendiquer du changement et s’obstiner à voter « par habitude » de la même manière depuis des lustres.
En clair, je suis de ces désabusés qui ne pensent pas que manifester puisse faire changer les choses.
Je pense que d’autres feront cela mieux que moi et même si, je le repète, je suis de tout cœur avec cette manifestation, je n’ai plus envie de m'investir dans quelque chose auquel je ne crois plus…

Je ne suis même plus de ceux qui pensent qu’avec ses idées et sa bonne volonté, on peut rentrer dans un parti et apporter ses compétences pour faire changer les choses « depuis l’intérieur du système » en gardant une certaine ouverture d’esprit.
En effet, le « simple » citoyen éduqué est complexe et multiple et ne suit pas béatement une idéologie sans s’ouvrir à d’autres courants de pensée dans certaines situations.
Or, ayant découvert après plusieurs tentatives qu’être responsable dans un parti n’est accepté que contre l’engagement de suivre la ligne du parti ou au minimum de ne pas faire entendre de son de cloche divergent vers l’extérieur, je pense ne plus pouvoir espérer un autre statut que celui de citoyen ouvert à la politique qui s’exprime via des réseaux de communication...

Mon idéalisme de base ne serait-il pas à l’épreuve du temps ? Bien possible !

5 commentaires:

John Doe a dit…

Bonjour,
Si vous êtes à ce point désabusé et qu'aucune action "ne vaut le coup", à quoi sert donc de vous "exprimer via des réseaux de communication" sur la politique ?
Cela ne sert à rien, à part véhiculer l'image du belge (déjà bien présente) qui se plaint, mais ne fait rien !
Parlez simplement des choses qui vous tiennent à coeur ! ;-)

Régis a dit…

Je ne dis pas qu'aucune action ne vaut le coup, je dis que je ne crois pas à la manifestation de rue.
Et justement, si je m'exprime via des réseaux de communication, c'est parce que c'est une action comme une autre. Certains manifestent avec les pieds et les pancartes alors que d'autres le font avec des mots.

John Doe a dit…

Ah excusez-moi ! En effet, des actions peuvent être prises avec des mots... En faisant des pétitions, en adressant des lettres aux politiciens, ou encore d'autres choses... Mais j'avais (mal, je m'en rends compte) compris dans votre message que vous étiez "désabusé" de la politique en général puisque "le belge de toute façon votera la même chose", ne veut pas qu'on "change ses habitudes" etc... Toutes mes excuses.. :)

Niko V a dit…

Et avec quel %tage de la population française s'est fait la révolution française ?

C'est sur que quand on préfère le silence des pantoufles au bruit des bottes on plus de chances d'être entendu...

Régis a dit…

Disons qu'à l'époque de la révolution française, une majorité de français mourraient de faim... On n'en est pas encore là ;)