05 décembre 2010

Chronique d’un futur accident…

D’ici quelques années, je vous parlerai peut-être d’un accident grave dans ma rue. Peut-être y aura-t-il quelqu’un de gravement blessé, voire de décédé… Ce pourrait être un enfant!

Et pourquoi est-ce que je vous en parle déjà maintenant ? Parce que si quelqu’un à cette époque vient dire que c’est la fatalité et que ce n’était pas prévisible, ce petit message sera la preuve du contraire. Ce sera la preuve que quelqu’un, dans la chaîne de commandement du service public, aura failli à sa tâche et qu’il sera indirectement à la base du drame.

Ma rue est dangereuse. Il y a 10 ans, en aménageant, une de mes premières actions a été de faire une pétition pour agir structurellement contre les dangers publics qui parcouraient ce chemin. De nombreux accidents s’étaient produits suite à une vitesse excessive.
Il y eut un résultat : la zone 50 fut agrandie et quelques radars furent sporadiquement placés. Maintenant, ceux qui y roulent très vite le font en excès de vitesse, mais ils continuent à le faire…

Ensuite, j’ai essayé de faire bouger les choses en proposant, lors des travaux d’une rue qui traversait la notre, qu’un rond point soit construit à l’intersection, ce qui allait de facto limiter la vitesse. Cette solution m’avait été soufflée par un policier qui connaissait bien le problème et qui connaissait donc la solution. Malheureusement, il me fut répondu que ce n’était pas prévu dans le plan triennal. Rien ne fut donc fait et le parcours à vitesse excessive de la route continua. Il y a deux ans et demi, j’eus droit à un sinistre total (alors que ma voiture était à l’arrêt !) suite à une sortie de route d’un usager de cette rue.

Il y a deux ans, un espoir naquit. L’échevine Ecolo de la ville de Namur nous avertit que lors de la mise en place du futur hall omnisport de Temploux, la route (qui permettra d’y accéder) allait être refaite et qu’une séparation physique allait être mise en place entre la route et une piste « cyclable – piétons » afin d’atteindre un double objectif : faire ralentir les voitures en rendant la rue moins « large » et protéger les usagers faibles.

Cette semaine, j’ai appris que le ministre PS en charge des pouvoirs locaux avait refusé le projet. Je ne sais pas si cela veut dire que la route sera uniquement remise à neuf sans piste protégée pour usagers faibles, ce qui poussera les voitures à encore rouler plus vite ou si elle restera comme elle est, avec ses plaques de bétons glissantes et sa rigole poussant à la sortie de route.

Quoi qu’il en soit, ce refus nous ramène à la case départ. Les accidents risquent de continuer et un jour, quelqu’un en payera le prix fort.
Si ce jour arrive et que vous entendez dire qu’un citoyen attaque en justice les responsables politiques pour non assistance à personne en danger, il y aura de fortes chances que ce soit moi car les avertissant depuis 10 ans, on ne pourra pas dire que ce sera une réaction émotionnelle non réfléchie…

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