12 novembre 2010

Brinks: la démonstration d'un système inhumain?

La mondialisation, on nous avait dit que cela permettrait aux pauvres des pays moins développés d’améliorer leurs conditions de vie. Trop souvent, cela permet simplement aux riches actionnaires de certaines “World Companies” de devenir encore plus riches en permettant une certaine concurrence déloyale entre les pays ayant une main d’oeuvre bon marché (qui cherche juste à gagner le minimum vital) et ceux qui ont une main d'oeuvre qui veut conserver certains acquis sociaux et un certain bien être.

Dans le passé, j’ai travaillé pour une société prospère, qui avait comme but premier la satisfaction des clients et pas l'augmentation d'un cours de bourse. Ce n’était pas facile pour autant: la pression du management existait mais en toute transparence; on devait se battre pour chaque part de marché mais chacun était motivé et l’on faisait des heures sup’ avec courage quand c’était nécessaire, car on savait pourquoi l’on se “battait”.
Le jour où cette société est passée dans le giron d’une société cotée en bourse, tout a changé: fini la transparence du management: l’omerta a été de rigueur car toute information négative malencontreuse pouvait faire diminuer l’action; même quand on faisait de beaux résultats, cela ne voulait pas dire obligatoirement que le personnel en retirait quelque chose, car il fallait d’abord investir là où la bourse le désirait, etc...

Je ne pense pas être spécialement “de gauche” sur plusieurs plans: je suis pro-entrepreneuriat, je suis pour un certain mérite et une certaine récompense de l’effort mais je suis totalement opposé aux principes du “grand marché” qui ressemble plus à la loi de la jungle qu’à autre chose.

La rentabilité, oui mais pas à tout prix.
Faire passer des employés au statut d’ouvriers pour rendre une entreprise plus compétitive est inacceptable si cela ne passe pas par la concertation: Carrefour et Champion n’ont rien fait d’autre, mais ils l’ont fait humainement.
Je ne dis pas en effet qu’il ne fallait pas négocier, voire peut-être rogner sur certains avantages pour améliorer une situation financière délicate mais la politique de la terre brulée est inacceptable. Est-ce qu’une entreprise déficitaire a le droit de faire ‘ce qu’il faut’ afin de redevenir compétitive? Si on ne voit que le côté mathématique des choses, c’est implacable. Si l’on voit le coté humain, c’est difficile à accepter.

D’ailleurs, ne faudrait-il pas considérer une certaine faute grave du management dès le démarrage de l’activité de Brinks en Belgique? En effet, si le business plan de la société avait été bien effectué, il aurait été évident que pour que l’entreprise soit en équilibre, il ne fallait que des ouvriers et pas des employés et il suffisait alors d’engager selon cette logique.
Je suis certain qu’ils auraient néanmoins trouvé des candidats. Peut-être les mêmes que ceux qui travaillent actuellement comme employés.
Le problème, c’est que l’on ne change pas les règles du jeu en cours de partie, quand les joueurs ont des vies, des emprunts, des enfants aux études, etc.

On me répondra que maintenant, ils sont au chômage et que ce n’est pas beaucoup mieux. J’ai tendance à croire que soit Brinks avait bien trop d’employés et que tôt ou tard, ils auraient du réduire les effectifs, que soit le travail existe toujours et d’autres sociétés engageront alors les anciens employés pour effectuer ce travail, peut-être à statut inférieur, mais au moins, ce sera en toute transparence.

Rien n’est blanc ou noir dans la vie et la situation est sans doute un peu plus complexe que ce que je n’imagine de prime abord mais entendre les politiques - impuissants devant les forces économiques - outrés devant ce manque de concertation alors qu’eux, depuis 152 jours, n’arrivent pas à trouver des solutions pour former un gouvernement via une certaine concertation, me semble relativement déplacé!

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