02 octobre 2010

Pourquoi selon moi la "gauche" belge a tout faux

Un titre volontairement polémique mais je pense qu’il faut se poser des questions sur les conséquences contre-productives des actions de certains décideurs “de gauche” sur les gens qu'ils disent défendre. Je ne parle donc pas des grandes idées mais je parle de ce qu’ils en font sur le terrain !

En ce qui me concerne, à choisir entre les progressistes et les conservateurs, je choisis les progressistes sans hésitation. A choisir entre les démocrates et les républicains, je choisis les démocrates sans réfléchir... Par contre, choisir la “gauche” en Belgique, je ne peux pas!

Les valeurs de progressisme derrière lesquelles je peux me retrouver sont les valeurs de solidarité envers les plus faibles, d’égalité de chances sans distinction sociale, les valeurs d’émancipation, la défense du service au public (je n’ai pas dit "des services publics", nuance importante), la mise en place d’emplois durables correctement rémunérés, la mesure du bien être comme échelle de valeur d'un pays, etc.

Je pense que certains de nos dirigeants qui se positionnent à “gauche” détournent ces valeurs pour emmener notre société dans une mauvaise direction. Quelques exemples ? Avec plaisir!

Dans l’enseignement ? Est-ce que “la gauche” défend les plus faibles, soit les enfants qui ont des difficultés scolaires suite à des problèmes d’apprentissage inhérents à leurs capacités ? Non, “la gauche” défend un certain droit à la perturbation, voire à la violence verbale sous couvert d'une certaine vision de la mixité ou du fait qu’il faut comprendre les malheureux qui n’ont pas une vie facile (ce qui est sans doute vrai, mais n’est pour moi pas une excuse)... Cela crée des classes souvent perturbées où les plus fragiles, même motivés, décrochent.

Dans les services publics ? Est-ce que “la gauche” défend prioritairement les plus faibles ? Soit les métiers pénibles ou les métiers en pénurie? Non, “la gauche” fait un amalgame entre ces métiers et les administrations pléthoriques et politisées où la qualité du travail est parfois médiocre (qu’ils demandent à leurs cabinets, obligés d’être également pléthoriques pour compenser les lacunes rencontrées). Est-ce que “la gauche” défend ceux qui ont besoin de ces services pour se déplacer ? En défendant le droit total à la grève tout en acceptant les grèves sauvages dans les transports publics qui immobilisent les moins nantis, ils font l’inverse…

L’émancipation ? Alors qu’une certaine “gauche” entretient, ou accepte de facto, les réseaux d’assistanat ? Comme le dit le slogan des îles de paix : “donne un poisson à un homme, il mangera un jour ; apprends lui à pêcher et il mangera toute sa vie”. Notre gauche belge encourage-t-elle l’apprentissage et le courage à la place de l’assistanat ? Cela se saurait si c’était le cas!

Dans les manifs ? Encore cette semaine, est-ce que “la gauche” se battait pour que les métiers plus pénibles aient un meilleur pouvoir d’achat que ceux qui abusent du système et touchent une aide de l’état sans contre partie, ce qui leur permet de travailler au noir en complément ?
Non, “la gauche” manifeste contre l’austérité tout en ne remettant pas réellement en question les salaires indécents (et les cumuls) de certains élus du peuple, de niveaux de pouvoirs inutiles ou de consultances parfois irréalistes. Elle n’explique pas que sans austérité (équitablement répartie, partagée par tous et surtout par les plus nantis), ce sont les plus faibles qui encaisseront la facture quand la dette du pays (principalement causée par “la gauche” des années 80) sera devenue telle que la véritable pauvreté - celle des pays moins développés où la sécurité sociale est un privilège de caste - entrera dans le pays ! La "gauche" politique qui siège dans les CA des banques ne s'y bat pas non plus spécialement pour les taxes sur la spéculation.

Le monde réel n’est pas de “gauche” ou de “droite”… C’est du manichéisme de mauvais aloi ou de l’électoralisme de bas étage que de vouloir continuer en suivant cette séparation de valeurs. Chaque situation doit être évaluée avec ses impacts sur les gens et toute action pour changer les choses doit être décidée sans dogmatisme.
Quand mes amis “de gauche” auront compris cela, on pourra de nouveau regarder l'avenir avec espoir… Mais encore faut-il que bloqués dans leurs stéréotypes de lutte des classes d’il y a deux siècles, ils veuillent un jour le comprendre…

Aucun commentaire: