23 octobre 2010

Msgr Léonard : ne caricaturons pas la caricature…

Soyons clair dès le départ: Monseigneur Léonard et son traditionalisme borné m’insupporte. Ses idées sur les sidéens, le préservatif, la pédophilie dans l’église, le célibat des prêtres et d’autres sont tout bonnement inacceptables.

Néanmoins, à froid, en dehors de toute émotion primaire, il m’est nécessaire de reconnaître que sur le coup, il a été plus malin que tout le monde. En effet, sa polémique n’est finalement qu’un effet de marketing (qui lui permettra de vendre plus de livres) dans lequel tout le monde a plongé.

Sur le fond, ce qu’il y dit cette fois est bien moins « grave » que d’autres précédentes sorties médiatiques ou que ce que son CEO (le vieux Benoit) peut sortir parfois comme énormité. Lorsqu’il parle pour le Sida d’une « justice immanente », il parle d’une « justice qui est déjà contenue dans la faute et en découle naturellement sans intervention extérieure » en voulant l’opposer à une justice de Dieu, répondant ainsi à une question d’un journaliste.

Retirer cette phrase de son contexte rend l’hypothèse de départ des réactions qui suivirent caduque. Néanmoins, utiliser dans son chef un terme qui introduit une « faute » n’était déjà pas valable.

Dans un grand nombre de cas, la transmission de la maladie n’est en effet pas spécialement liée à un comportement à risque en toute connaissance de cause. Il a donc simplement tort quand il compare le Sida au tabac, où un être humain qui fume sait qu’il risque un cancer ou la stérilité : c’est écrit sur chaque paquet de cigarette. Son hypothèse est par contre juste pour la petite minorité qui, en connaissance de cause, a des comportements sexuels à risque.

Si l’on voulait être précis, il ne faudrait pas dire qu’il se trompe ou qu’il ment, mais simplement qu’il généralise erronément.

D’accord, c’est de la simple sémantique et je peux comprendre que dans l’émotion, les gens aient réagi à ces propos de manière importante mais franchement, je pense que c’est accorder trop d’importance à ce que ce personnage raconte et je me dis que le silence, le mépris et le manque de publicité liée auraient été une bien meilleure réponse à la traduction en néerlandais de ces vieux écrits.

Malheureusement, la presse – que l’on appelait le quatrième pouvoir à l’époque de l’éclatement de « vrais » scandales - n’est plus ce qu’elle fut par le passé et le sensationnalisme a fait son œuvre mais sur ce sujet, je reviendrai un autre jour !

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