12 septembre 2010

Être élitiste, c’est être solidaire et dans l’enseignement, l’égalitarisme est contre-productif…

Un pays a besoin d’élites, c’est-à-dire de personnes qui, à leur niveau, humble ou non, trouvent leur bonheur et leur honneur dans le travail bien fait. Une élite ne repose pas sur des privilèges mais sur l’ambition d’exceller dans ses activités tout en témoignant d’un sens aigu de l’intérêt général et de l’intérêt d’autrui. Chacun doit être appelé à en faire partie pour autant qu’il mette en œuvre ces triples qualités d’intelligence (qu’elle soit intellectuelle ou manuelle), de cœur et de sens de l’effort qui permettent de se dépasser. L’avenir et la prospérité d’une société dépendent de ces élites et il convient qu’instruction et éducation puissent les développer.

Une société juste devrait assurer à chaque enfant l’égalité des chances. L’enfant capable et volontaire doit avoir accès à une formation de qualité le destinant à pouvoir mettre en œuvre ses compétences au bénéfice de la collectivité. Dans une société humaine où chaque enfant est unique en talents, compétences et capacités, viser une égalité de résultats est irresponsable. Un enfant légèrement moins talentueux qu’un autre pourra en effet arriver à un résultat équivalent s’il fournit plus d’effort mais malheureusement, certains partent avec un tel déficit en capacités ou en talents qu’il leur sera impossible de combler le fossé. Il faut donc pouvoir reconnaître que les chances doivent être égales au départ mais qu’il est normal que les résultats à l’arrivée soient différents dans de nombreux cas.

Un objectif de mixité sociale dans l’enseignement doit être compris comme un objectif double :
- veiller à ce qu’un enfant d’une origine sociale plus modeste ne rencontre pas d’obstacle à la fréquentation d’une école intellectuellement exigeante,
- permettre qu’un enfant d’une origine sociale élevée puisse fréquenter une école technique ou professionnelle épanouissante en recevant une formation de qualité s’il a des capacités manuelles.
En dehors de cela, il est contre-productif de demander à un enfant qui n’a pas les capacités d’abstraction pour faire des démonstrations mathématiques de se lancer dans des études théoriques basées sur une approche intellectuelle scientifique. Il pourrait en résulter un risque de destruction de sa motivation scolaire par une accumulation d’échecs tout en mettant en danger l’estime que l’enfant peut avoir de ses capacités. A l’inverse, alors que les métiers manuels (construction, rénovation, production d’aliments « propres », etc.) sont des mines d’emplois et des voies royales vers un accès à des moyens financiers permettant une certaine autarcie, il serait dommage de se passer de ce type de compétences qui seraient utiles à tous.

L’intellectualisation n’est pas la panacée : il faut que chacun trouve « sa » place selon « ses » possibilités et arrêter de dévaloriser un type de savoir vis-à-vis d’un autre type de savoir en voulant absolument que tous sortent avec un même diplôme. Se limiter à un tronc commun de compétences basiques pour tous devrait être largement suffisant !

Note: Cet article est partiellement repris puis librement adapté à ma sauce d’une opinion lue sur « La Libre »

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