29 juillet 2010

Gens du voyage : Ni angélisme, ni stigmatisation…

Ces derniers jours, on parle beaucoup du problème des gens du voyage.
Je pense qu’il faut aborder le problème sans stigmatisation, mais également sans se voiler la face et jouer la carte des martyrs.

Il est vrai que comme dans toute société, le monde des « manouches » possède certainement des bons et des moins bons sujets. On ne peut pas leur demander de ne pas avoir une minorité n’agissant pas bien : les sédentaires ne sont pas mieux de ce point de vue.

Le problème de leur mauvaise réputation vient de trois facteurs selon moi :

1. Le manque de transparence
Pour le commun des mortels et encore plus celui qui a des difficultés à « joindre les deux bouts en fin de mois », il est difficile de comprendre qu’autant de personnes puissent bien vivre (voitures et caravanes luxueuses, télé satellite, sonos puissantes, etc.) alors qu’à priori, ils ne travaillent pas (ou en tout cas pas une majorité). Aucune explication ne semble évidente et ils n’en parlent pas. Est-ce parce qu’ils ont quelque chose à cacher ? Je n’en sais rien, mais le doute entraîne la suspicion.
De quelle manière éduquent-ils les enfants ? Scolarité impossible vu le nomadisme, quelle culture, facteur d’émancipation et d’ouverture d’esprit leur est apprise ? N’est-on pas proche du type de scolarité des sectes où l’on apprend des aberrations ? Je n’en sais rien mais la question se pose…

2. La solidarité exacerbée
Quand un membre de la communauté fait quelque chose allant à l’encontre de la loi des localités où ils passent, jamais il ne sera livré aux autorités. Ce principe entraîne un sentiment d’impunité interne que l’on retrouve pour d’autres groupes de jeunes dans les banlieues françaises et l’on sait à quelles extrémités cela peut mener. Si l’un d’entre eux faute, il ne devrait pas être question de sanction « en interne » : il tombe sous le joug de la loi où il y a eu fait délictueux, il doit être jugé sur place.

3. Le manque de respect des voisins
Trop souvent, lorsque les caravanes débarquent, la tranquillité s’en va : bruits (musique, moteurs, cris, etc.), déchets, terrain de football creusé par des pneus, etc. Il ne me semble pas qu’il soit exagéré, lorsque l’on est accueilli quelque part, de devoir respecter les règles de vie du lieu. S’ils passaient inaperçus, les gens ne s’en plaindraient pas.
Maintenant, il faut aussi reconnaître que souvent, les vols souvent dénoncés dans les maisons aux alentours des campements sont aussi le fait d’autres personnes qui ont ainsi une cible facile vers qui détourner les soupçons.

Je pense qu’il ne faut pas stigmatiser, mais il faudra du temps pour que l’on en vienne à un groupe de personnes que l’on accueille avec plaisir lors de son passage.
Les forains sont un peu ainsi : ils sont aussi nomades, ils dorment aussi là où sont installées les foires mais qui a à s’en plaindre ? Personne. Parce qu’ils s’adaptent aux règles locales…

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