28 juin 2010

Refuser la vidéo dans le foot, c’est cautionner la triche

Ce mondial pourrait devenir celui qui, en ce qui me concerne, aura changé la vision que j’ai de ce sport spectacle. On sait qu’il y a trop d’argent dans le football. On sait que cet argent n’est parfois pas très propre. On sait qu’il y a des choses plus importantes sur terre que le foot. Mais on sait aussi que des peuples entiers sont influencés par ce sport et donc, qu’il a un impact sur notre société, voire nos valeurs par l’exemple que donnent les responsables.

Ces dernières années, il y a eu des fautes en coupe du monde qui ont eu un fort impact sur les résultats et où la vidéo dans l’arbitrage aurait changé la donne.

Les exemples belges :
• WC 1994 – Josip Weber s’écroule dans le rectangle. Penalty et carton rouge auraient été les décisions normales mais l’arbitre ne fait rien, laissant l’Allemagne s’en aller vers une victoire facile.
• WC 2002 - Marc Wilmots marque un but permettant à la Belgique de prendre l’avance devant le grand Brésil. Non, l’arbitre annule ce but pour une raison que l’on cherche toujours de nos jours.

Les autres exemples :
• WC 1986 – Maradona le fourbe marque un but de la main contre l’Angleterre. Normalement, second carton jaune, expulsion et pas de petit génie pour le match suivant ni pour la fin du match contre l’Angleterre. Au lieu de cela, l’arbitre laisse passer et Maradona mènera seul son pays à la conquête du titre mondial.
• WC 2010 qualifications – Double main de Thierry Henri qui élimine l’Irlande de la coupe du monde et qualifie la France pour une peu reluisante participation à la coupe du monde.

Actuellement :
• WC 2010 – But égalisateur valable mais refusé de l’Angleterre contre l’Allemagne. La suite du match aurait pu être toute différente.
• WC 2010 – But d’ouverture sur un hors-jeu monstrueux des Argentins alors qu’ils étaient entassés par les Mexicains. Ces derniers ne s’en remettront jamais.

Je ne parle pas ici de tous les exemples hors coupe du monde, où l’arbitrage sans support vidéo a montré ses limites. A ces autres niveaux, je peux accepter les arguments disant que pour l’équité – car toutes les équipes ne bénéficient pas de la même capacité médiatique et n’ont pas les mêmes supports d’images – on ne peut donner le support vidéo à tous.
Ici, cet argument ne tient pas : les caméras et les systèmes vidéos sont les mêmes pour toutes les équipes qui participent à la coupe du monde.

En tennis et en Rugby, cette possibilité de support vidéo à l’arbitrage existe et cela démonte complètement les argumentaires autour du ralentissement du jeu ou de l’impossibilité technique.

Les lois du jeu servent aussi d’excuse à l’international board en disant que l’erreur « fait partie du football ». Argument fallacieux, car l’éthique sportive et la justice font aussi partie du football – en tout cas, il faut l’espérer – et ne sont actuellement plus respectées avec ces décisions.

Non, je crains qu’il ne faille parfois oser dire les choses comme elles semblent être : la seule raison qui pourrait encore empêcher la mise en place du soutien à la vidéo en football est la possibilité de donner l’avantage à certaines équipes pour des raisons commerciales ou pour des raisons partisanes. Combien d’exemple de petites équipes avantagées contre des grandes avec de grosses fautes d’arbitrage ? Combien de qualifications « frauduleuses » des petites nations face à des nations influentes dans le football mondial ?

Il est temps : soit l’international board accepte d’introduire l’aide vidéo à la coupe du monde pour 2014, soit il reconnaît implicitement qu’il veut pouvoir accepter de fermer les yeux sur le « trucage » de matchs quand c’est nécessaire pour certains grands pays.

Si c’est ainsi, autant arrêter tout de suite, cela n’a plus rien à voir avec du sport…

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