22 juin 2010

L’auberge espagnole MR craque de partout.

Contrairement à Ecolo, le MR est - comme l'entièreté du PS et un peu le cdH - un parti de pouvoir. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il possède de nombreux obligés.
Ces obligés ont droit, en échange de leur travail, de leur notoriété ou simplement de leur soutien à travers leurs réseaux de compétences à des mandats. Ces mandats sont souvent rémunérés.
Au plus un parti de ce type a de pouvoir, au plus il a de mandats à distribuer et au plus il peut faire plaisir à ses membres. Quand un parti de ce type perd les élections, il perd du pouvoir et devient donc moins intéressant pour ses obligés. C’est un peu pour cela que je pense que le parti socialiste ne sera renouvelé que lorsqu’il aura fait une grosse cure d’opposition à plusieurs niveaux afin de pouvoir se débarrasser de tous ceux qui ne sont là que pour des raisons égoïstes. Mais c’est une autre histoire. Revenons-en au MR.

Le MR est une auberge espagnole : on y trouve – regroupés sous une même bannière pour des raisons souvent intéressées expliquées ci-dessus – des libéraux sociaux, des conservateurs, des défenseurs intransigeants des francophones, des anciens socio-chrétiens, des capitalistes, des centristes, des écologistes de centre droite, etc. Les idéaux et les valeurs de ces personnes ne sont pas les mêmes, ce qui rend obligatoire pour éviter l’explosion d’avoir un « chef » qui décide sans trop laisser de démocratie interne. Lorsque le « chef » perd de son pouvoir et de son influence, le vernis craque et le parti est déstabilisé.

La situation du MR est donc critique : le « chef » est déstabilisé et les groupes internes s’opposent et cela commence à se voir. Mon avis sur l’avenir ? Deux solutions :
- Un nouveau chef prend la main et ressert la vis avec comme objectif de regagner des élections et reprendre du pouvoir pour calmer les obligés.
- Le parti explose et l'on voit la tendance droitière décomplexée partir au PP, la partie francophone radicale reprendre son indépendance sur l’exemple de la NVA qui avait claqué la porte du cartel avec le cd&V et le reste se repositionner au centre droit avec des idées libérales sociales.

Je ne sais pas ce que sera l’avenir du MR mais ce qui est certain, c’est que le parti est devant une période d’instabilité qui pourrait éventuellement mener à une nouvelle donne au niveau du panel politique francophone. A voir si le cdH, à son niveau le plus bas depuis toujours, ne pourrait pas également en profiter ou faire partie de la refonte…

A suivre au prochain mélodrame réformateur…

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