24 mai 2010

« Vers une nouvelle prospérité, mieux partagée » disait le prospectus...

Pour quelqu’un comme moi qui s’évertue à expliquer à mes contacts qu’Ecolo n’est pas « aussi gauchiste ou lié au PS » que certains ne veulent le faire croire, une présence lorsque l’on parle du socio-économique vu par Ecolo était nécessaire afin de pouvoir consolider – ou pas – cette conviction.

Voici ce que j’ai personnellement retiré du congrès sous forme de bons et de moins bons points…

Les points discutables en ce qui me concerne:

- Par deux fois, les intervenants ont parlé de réduction du temps de travail à salaire égal. Je suis d’accord qu’il faut une répartition du travail, spécialement pour permettre un passage entre les plus âgés et les plus jeunes. Je suis néanmoins pragmatique: réduire le travail à salaire égal ne peut pas être un slogan valable pour tout le monde. C’est bien plus compliqué que cela : dans certains cas, réduire le temps de travail doit se faire avec une baisse de salaire proportionnelle. Je n’aime pas ce slogan car j’ai l’impression d’entendre certaines idées simplistes « Made in PS ».

- La vidéo « rencontre avec Eva Joly » de Georges Gilkinet – tête de liste namuroise - qui est bien meilleur député que monteur de vidéo (private Joke).

- La partie du discours de Guy Fays, secrétaire général de la FGTB, où il oublie lorsqu’il s’attaque « aux patrons et aux actionnaires » qu’il ne parle que de 20 pourcents des employeurs wallons que sont les multinationales et qu’au niveau du tissu local des PME et TPME voire des indépendants, ses exigences ne sont pas toujours justifiées. Par contre, je reconnais que lorsqu’il parle de ces multinationales, je suis assez d’accord avec lui. Par exemple lorsqu’il explique que les banques n’ont rien appris de leurs erreurs du passé et recommencent dans la même direction.

- L’obligation de Jean-Michel Javaux de se justifier pour une semaine médiatique agitée, maladroite, mais aux résonances bien trop importantes. Mais bon, certains groupes journalistiques s’en nourrissent, il fallait faire attention et comme il l’a cité : « ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort » …

Les points où je trouve une confirmation qu’Ecolo est actuellement un parti d’avenir socio-économique si l’électeur lui en donne le mandat :

- L’intervention de Géraldine Thiry qui explique que le PIB - en tant qu’indice de mesure se basant sur la possibilité d’une croissance sans fin alors que notre terre est à ressources finies - n’est pas une solution équitable et qu’il vaudrait mieux d’autres indicateurs qui prendraient aussi en compte ce qui influe sur le bien-être d’une population. Je suis tout à fait d’accord.

- Zoé Genot passe souvent pour une Pasionaria. Il est indéniable qu’elle est très à gauche. Trop à gauche ? Je ne le pense plus depuis ce week-end. En effet, quand on compare par exemple les discours simplistes et réducteurs d’une Céline Caudron, porte-parole du front des gauches à la RTBF et le discours concret et étayé de Zoé, je ne peux qu’y voir une sacrée différence. Ce week-end, Zoé a expliqué par l’exemple pourquoi elle était contre la « chasse aux chômeurs » : une jeune femme à qui l’administration avait demandé de ne pas suivre une formation en langues parce que « cela pourrait l’empêcher de répondre rapidement à des éventuelles propositions d’interviews pour un emploi » avait refusé pour malgré tout suivre sa formation et a été par la suite exclue : c’est injuste. Je suis d’accord avec elle. Elle reconnaît qu’il faut un véritable accompagnement au cas par cas et qu’il faut former pour permettre de rejoindre l’offre et la demande. Je ne dis pas autre chose. Zoé croit en ce qu’elle fait et fait passer sa motivation. Parfois de manière excessive, mais surtout avec le cœur. Cependant, elle est réfléchie et responsable et c’est le principal : on l’accuse par exemple souvent d’être « pro-burqa » alors que même si elle explique pourquoi la loi « anti-burqa » n’est pas parfaite, elle l’a votée.

- L’intervention de Benoit Coppee, administrateur général d’Investsud qui a démontré qu’en dehors des idées reçues, les emplois verts sont très concrets et que par exemple dans les métiers de la construction, on peut avoir de beaux projets de ce type, motivants, à taille humaine et qui donnent de grands résultats reconnus partout dans le monde.

- La présence de Christophe Wambersie, secrétaire général de l’Union des Classes Moyennes qui a expliqué que l’esprit d’entreprendre est important et qu’il faut aussi en Wallonie des indépendants et patrons d’entreprises à échelle humaine et locale afin de créer de la richesse (qui peut ensuite être redistribuée équitablement). Le fait que son intervention ait été applaudie à sa juste valeur démontre que l’audience n’était pas « anti-entrepreneuriat », loin de là. On est donc loin de la gauche caricaturée par les partis qui ne veulent pas d’un Ecolo dans le champ d’action de leurs électeurs.

En résumé, je suis ressorti de ce congrès convaincu qu’entre ce qu’est un parti et ce qu’en présentent certains médias, il y a une marge et qu’Ecolo – parti solidaire et à visée durable – n’est pas « clientéliste » ni « pro assistanat » mais pour un monde où la prospérité apportée par l'esprit d'entreprise et l'économie verte peut être redistribuée de manière plus équitable (et non égalitaire) afin de soutenir également les plus fragilisés de notre société. Avec cela, je ne peux qu'être d'accord.

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