27 mai 2010

Relever les divergences plutôt qu’écouter les convergences ?

Il est facile de trouver au moins un point commun avec un parti politique qui se présente aux élections et formate son discours aux désirs du moment. Les états-majors des partis mettent en avant certains points tout en en laissant d’autres de côté et en grugeant ainsi sciemment l’électeur qui ne voit que le dessus de l’iceberg.

Au PS, on vise à attirer le vote des moins nantis en période de crise en jouant sur le « bain social » mais on occulte sa participation à certaines décisions peu économes en argent public ou au comportement peu éthique - voire à la situation pécuniaire - de certains de ses élus.
Au MR, on vise à se positionner en défenseur des francophones en passant sous silence le fait que militairement, on se sent proche des positions conservatrices américaines ou simplement du fonctionnement boursier tant décrié actuellement.
Au cdH, on se positionne au centre, défenseur de l’unité du pays, en oubliant d’insister sur le fait qu’au fédéral, c’est souvent grâce à un parti « frère » chrétien, conservateur et flamand qu’on accède au pouvoir.
Chez Ecolo, on se positionne par défaut sur les grands enjeux de ces élections en mettant en avant une collaboration "Groen-Ecolo" parce que l’environnement n’est pas porteur pour l’instant dans l’opinion publique.

C'est ce que l'on appelle de l’omission. On pourrait toujours argumenter que l’électeur pourrait aussi faire un effort pour s’informer avant de choisir.
J’ai donc décidé d’illustrer par l’exemple en présentant de manière tout à fait subjective un point unique par programme des partis « qui comptent » et qui me pose problème parce que je le trouve peu cohérent, voire simplement irréaliste ou peu pragmatique.

Charité bien ordonnée commençant par soi-même : Ecolo.
Le point qui me pose le plus problème dans la campagne d’Ecolo, c’est la demande d’investissement dans la SNCB, visant à améliorer « pour tous » l’accessibilité, la sécurité, la ponctualité, etc. En effet, je reste convaincu qu’espérer atteindre un service de qualité accessible à tous alors que chacun n’a pas les mêmes besoins est d’abord irréaliste et ensuite du gaspillage. Une meilleure répartition « route – rail » et une alternative de transports en commun sur route à consommation « verte » selon les besoins de mobilité me semblerait plus utile qu’investir dans un sac percé…

Ensuite, le PRL-FDF-MCC ou MR
A partir du moment où, pour moi, le FDF est un parti qui vit grâce à l’antagonisme avec les flamands, il ne pourra jamais faire de concessions acceptables (à ses yeux) sur le communautaire. Dès lors, même si des points d’accords programmatiques peuvent se mettre en place avec les autres partis francophones ou les flamands modérés sur tout le reste, on risque le blocage.
Pour étayer ces dires, je prendrai un point du programme du MR qui me semble difficile à négocier par un FDF levé sur ses ergots face aux flamands: « L’attribution à la Communauté française de compétences dans les six communes à facilités. »

Puis, le cdH
Plein de « pactes » pour les belges dans son programme. Parmi tous les points à l’ordre du jour, l’un d’entre eux me semble spécialement irréaliste, parce que ce parti a eu la chance d’agir et n’a rien fait dans ce domaine à d’autres niveaux de pouvoir. Le cdH désirerait, pour ce qui concerne les mandataires « Renforcer les règles destinées à éviter les conflits d’intérêts et les cumuls » ou encore « Plafonner les rémunérations et avantages de toute nature ». Ce ne sont que deux exemples du programme. Lorsque l’on sait que c’est le cdh, au niveau de la région wallonne et de la CF, qui a le plus freiné pour éviter les demandes allant dans ce sens d’Ecolo lors de la confection du programme de « l’olivier », on peut s’étonner de ce discours. Il va dans le sens de ce que le citoyen espère, mais pas dans celui que les élus et mandataires du parti désirent. Quand au cumul, tout le monde sait qu’entre le discours et le passage à l’acte, les excuses sont faites pour s’en servir au cdH, présidence comme preuve à l’appui…

Le PS
Un programme lourd et complet. Si je ne dois ressortir qu’une idée qui ne parait pas tenir la route 5 minutes suite aux expériences antérieures: « la gestion dynamique et par objectifs des services publics fédéraux. »
S’il y a bien un parti côté francophone qui ne s’est jamais soucié de mettre en place des indicateurs de qualité objectifs dans les services publics, c’est bien le PS. En effet, le risque serait grand que cela ait un impact dans de multiples administrations où les arrangements politiques permettent de recaser des personnes dévouées au parti qui n’ont pas les qualités requises pour travailler de manière performante. Or, les indicateurs de qualité entraînent un besoin de performance. Ce point me parait en contradiction avec un comportement particratique. Peu crédible.

Du côté des partis « non encore élus », je n’aborderai que les gauches et droite radicales ainsi que les séparatistes.
Du côté de la gauche radicale (Front des gauches ou PTB), baser son programme sur un impôt sur la fortune est ridiculement insuffisant. Il est clair que cet impôt pourrait être utile et apporter une pierre à l’édifice mais c’est bien trop simpliste comme solution.

Du côté de la droite radicale (PP), le principe de reconduite aux frontières des illégaux est ridicule de naïveté. C’est ne pas tenir compte des filières mafieuses qui les importent pour gagner de l’argent ou de la motivation de personnes défavorisées n’ayant rien à perdre et qui reviendraient deux jours après avoir été mises hors du pays…

Pour finir, du côté du RWF, tous les points laissent sous-entendre que ce que l’on ne peut pas régler avec les flamands, nous pourrions le faire avec les français simplement parce que l’on parle la même langue ? Nos cultures sont sans doute plus proches, mais les problèmes seraient les mêmes. Les français ne voudraient sans doute même pas de nous.

En conclusion, on peut toujours trouver du positif et du négatif dans tous les partis. Plutôt que de s’attacher aux détails des programmes qui ne seront de toute manière pas suivis, faute d'accord avec les autres coalisés, il faut porter attention aux comportements des personnes qui se présentent, leurs valeurs, leurs actions, leur passé.

Il ne faut jamais oublier qu’une fois élus, ils n’auront plus de compte à rendre aux citoyens.
Réfléchissez bien avant de voter et choisissez en connaissance de cause, selon vos convictions mais aussi la démonstration des faits et des actes.

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