23 avril 2010

BHV, tu ne vas pas crever... quoique...

Je ne pouvais pas ne pas commenter l’actualité politique de ces derniers jours. Néanmoins, pour être tout à fait honnête, je commence à être un peu lassé de ces débats qui ne se basent sur rien de rationnel.

- Certains flamands veulent arrêter que les « boulets » wallons les empêchent « d’aller plus haut » ? C’est faire fi du fait qu’avant 1960, c’étaient eux les « boulets » et les wallons les moteurs du pays et c’est oublier qu’avec la crise automobile et l’échec de la « silicon valley flamande », ils vivent actuellement sur leurs réserves…
- Certains flamands veulent imposer leur loi par la force législative parce qu’ils sont majoritaires ? C’est sans doute mathématiquement démocratique, mais cela n’est acceptable que quand on accepte de ratifier en contrepartie la convention de défense des minorités. Autrement, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre…
- Certains francophones de la périphérie veulent des droits ? Qu’ils appliquent leurs devoirs avant tout et apprennent le néerlandais, patois officiel de la région – qu’on le veuille ou non - ou qu’ils déménagent ailleurs : il y a plein de beaux coins en région francophone unilingue…
- Les bourgmestres FDF veulent être nommés ? Qu’ils appliquent les mêmes règles que la bourgmestre de Sint-Genesius-Rode, qui s’adresse toujours en français à ses concitoyens francophones mais tout en respectant les lois flamandes. C’est sans doute moins porteur électoralement car moins conflictuel, mais au moins, cela fonctionne…

Le problème, c’est que tous ces politiciens que l’on critique actuellement sont élus démocratiquement par « le peuple ». Les gens qui votent pour eux sont massivement influencés par les mass médias et les informations que certains y font passer.
Le Dictateur et criminel contre l’humanité mais néanmoins homme politique originellement élu démocratiquement Adolf Hitler avait tout compris dans la domination des foules. On disait de lui : « L'idée centrale de Hitler est simple : lorsqu'on s'adresse aux masses, point n'est besoin d'argumenter, il suffit de séduire et de frapper. Les discours passionnés, le refus de toute discussion, la répétition de quelques thèmes assénés à satiété constituent l'essentiel de son arsenal propagandiste »
C’est ainsi qu’il avait conquis le pouvoir et c’est ainsi qu’un grand nombre de politiciens belges agissent de nos jours.

On peut retrouver ce simplisme partout : que ce soient les nationalistes flamands (« avec l’indépendance, tout ira mieux »), les anciens frontistes francophones (« les flamands vous spolient »), les socialistes wallons (« avec nous, pas de bain de sang social »), les capitalistes (« la consommation sauvera le monde »), les populistes (« avec nous, tout ira mieux »), les centristes (« l'Humain est la solution ») et même certains écologistes avec lesquels j’ai le plus d’affinités mais qui restent parfois dogmatiques sur certains sujets tels que le nucléaire ou le soutien au GIEC.

Bien sûr, je caricature. Mais ce n’est jamais qu’une réponse du berger à la bergère.
Maintenant, il est un fait que « le peuple » ne fait pas non plus toujours les efforts nécessaires pour s’informer et s’intéresser aux enjeux. Il est donc aussi un peu coupable de la situation.

En conclusion, je pense qu’on gaspille de l’argent, de l’énergie, de la salive, du papier et bien d’autres choses pour un problème qui n’en serait pas un si un jour, des responsables politiques wallons n’avaient pas « vendu » l’accès territorial de la francophonie à Bruxelles contre argent et si les flamands qui avaient acheté ces communes n’avaient pas menti à propos de la durée transitoire des facilités.

C’est maintenant trop tard et franchement, je ne pense pas que l’on trouvera un jour une solution acceptable car plus personne ne voudra perdre la face.

Pauvre Belgique, royaume artificiel tu es, avenir incertain tu conserveras…

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