28 mars 2010

Œuvrer pour le mieux de tous, ce n’est pas toujours faire plaisir au plus grand nombre…

Je me faisais une réflexion récemment sur ce que serait la plus grosse difficulté à surmonter pour un parti politique qui voudrait travailler pour la population humaine sur le long terme.

Celle-ci devrait être sa capacité, en démocratie, à passer d’une élection à l’autre tout en conservant des élus alors que vu la situation de notre société humaine, les décisions à prendre pour améliorer le bien-être des toutes les populations à long terme ne peuvent être perçues que de manière impopulaire par un grand nombre.

Prenons deux exemples concrets :
1. Le prix du tabac : la « masse populaire » fume plus; sa santé se dégrade; son espérance de vie diminue par rapport aux « plus nantis » mais les électeurs du peuple aiment fumer : il suffit de voir les débats quand on parle de l’interdire dans l’horeca.
Un parti « responsable » se devrait d’interdire le tabac dans tous les lieux publics et mettre un prix exorbitant au paquet de cigarettes.
A court terme, ce serait impopulaire et cela diminuerait les revenus de l’état.
A long terme, ce serait bénéfique pour la santé de tous et donc les dépenses en soins de santé. Seuls les « riches » pourraient alors se permettre des maladies liées au tabac mais ils auraient eux-mêmes les moyens de se faire soigner…
Pas une seule seconde un parti politique qui se présente tous les deux ans devant l’électeur ne pourra défendre cette théorie, de peur de voir son électorat fumeur fuir.

2.Le prix des biens et services exotiques : tout le monde aime la facilité à acheter tout et n’importe quoi à tout moment de l’année et à des prix défiant toute concurrence.
Les fraises en janvier en Belgique, c’est possible !
Les mandarines en Russie, cela existe !
Le matériel chinois au quart du prix du matériel qui serait fabriqué en Belgique, c’est un must !
Dans ce cadre – et contrairement au premier exemple – je m’inscris complètement dans les personnes coupables de suivre « la masse ».
Un parti responsable se devrait de taxer de manière très importante les biens et les services qui seraient produits bien loin en demandant une pollution importante pour un rapatriement dans nos contrées ou une exploitation de main d’œuvre ne permettant pas à celle-ci de bien vivre.
Prendre ce genre de position entraînerait directement une augmentation des prix pour de nombreuses choses. Dans certains cas, on peut même craindre que seuls certains « nantis » puissent se permettre de se payer certains biens et services à un prix répondant à son coût humain et environnemental.
Ce genre de décisions serait bien évidemment mal accueillie dans la « masse populaire » et cela pourrait de plus être pris pour du protectionnisme, mais c’est pourtant juste du bon sens…
Un parti suffisamment raisonnable pour défendre cette idée ne pourrait rester au pouvoir, du moins s’il ne trouve pas une méthode pour conscientiser et faire changer les habitudes, ce qui pourrait s'apparenter à une gageure...

Mon utilisation ci-dessus des termes « masse » et « populaire » peut sans doute paraître condescendante, mais je veux préciser qu’elle n’est en aucun cas méprisante. C’est un fait qu’une majorité de la population ne s’informe pas des enjeux de société, par manque d’intérêt voire par manque d’accès à la connaissance, que ce soit matériellement ou intellectuellement.
Dans une véritable démocratie, ce sera donc toujours difficile de prendre des décisions responsables. Certains barons locaux PS l’ont bien compris et c’est cela, que l’on appelle le clientélisme : brosser la « masse » dans le sens du poil pour continuer à profiter des avantages du pouvoir.

C’est pourquoi, pour la première fois en 37 ans, après avoir été le grand partisan de la démocratie directe et du référendum, confronté à l’inertie dans certains domaines de la majorité de la population, je suis en train de me demander si trop de pouvoir au « peuple » ne tue pas le « peuple »…. Cette réflexion est non encore aboutie, mais elle est en cours…

1 commentaire:

dopey a dit…

C'est toute la différence entre les leaders d'opinion que devraient être nos dirigeants et les populistes style P$ que nous avons depuis 30 ans...