14 mars 2010

La sécurité : Revenir au débat sans œillères…

Les débats de ce midi concernant « l’insécurité » m’ont encore démontré qu’entre personnes qui se parlent sans s’écouter, aucun débat n’est possible.

D’un côté, on entend un certain « besoin de sécurité » justifié auquel on s’oppose de l’autre côté en avançant une certaine « compréhension de la violence » par faute de l’insécurité d’emploi et de situations sociales difficiles…

Est-ce que certains jeunes sont désoeuvrés et socialement défavorisés et est-ce que cela joue dans leur comportement ? Sans doute.
Est-ce qu’il faut lutter contre cette situation en donnant des alternatives aux jeunes par l’éducation, le sport, la culture, le travail ou d’autres activités ? Certainement !
Est-ce qu’actuellement, les moyens publics pour la prévention sont suffisants ? Certainement pas !
Le constat est clair : certains quartiers et certaines situations sociales et familiales sont des moules à fabriquer de la délinquance et il faut tout faire pour améliorer ceci.

Maintenant, est-ce qu’il est acceptable de sacrifier de « bons élèves » ou de « bons citoyens » en attendant que les conditions soient meilleures parce que l’on ne serait pas assez répressifs pour l’instant ? Je ne pense pas.

Il faut donc agir à la base et empêcher le décrochage scolaire ou social, sur base volontaire ou par obligation. Un jeune à l’école ne sait pas traîner dans les rues pour fomenter un mauvais coup ; un jeune qui est puni par ses parents suite à un mauvais comportement non plus. Malheureusement, les parents ont souvent abdiqué dans ces milieux défavorisés ou moins éduqués.

La proposition d’Armand De Decker a cela de choquant que si l’on ne voit que la caricature, on imagine des jeunes en camp de redressement « à la guantanamo ». Ceci n’est bien évidemment pas acceptable.
Par contre, si l’on reprend cette proposition dans l’idée qui était aussi celle des centres de rescolarisation sous l’ère Hazette, elle ne me choque plus.
En effet, qu’y a-t-il de mal, lorsque l’autorité parentale est défaillante et que l’autorité scolaire n’arrive à rien, à placer des jeunes en décrochage scolaire ou social dans des institutions spécialisées où une autre autorité, quitte à ce qu’elle soit coercitive, expliquerait de nouveau les règles de la vie en communauté et en société, le principe de base que les droits ne sont là qu’en présence de devoirs et que dans la vie, le mérite et l’effort font partie intégrante d’une vie épanouissante et valorisante ?

Je pense que dans notre société, on manque de voies « obligatoires » de raccrochage pour jeunes et moins jeunes que les voies « classiques » n’arrivent pas à satisfaire.

Je pense également que ceux qui pensent qu’on a le droit de ne pas vouloir se conformer au cadre strict de la vie en société civilisée ont raison sur le fond, mais que dans ce cas, on se met en marge de la société et qu’il ne faut pas non plus en exiger le support.
Il est trop facile – par exemple - de ne pas vouloir payer ses impôts mais malgré tout vouloir recevoir un soutien public en cas de problème.

Bref, ce sujet est sans doute complexe, mais je pense que mettre sur le tapis le fait que trop de jeunes sont en train de glisser vers la délinquance, que la prévention n’est pas optimale et que la répression n’est pas suffisante n’est pas une mauvaise chose. En espérant que nos responsables politiques sortiront des débats stériles actuels. Il faut des solutions qui explorent tous les points de vue, pas seulement ceux du « tout aux droits sans devoirs » contre ceux du « tout au sécuritaire ». Il faut un juste milieu !!!

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