26 février 2010

Le jeu de la mort : l’être humain dans toute sa splendeur ?

Dans les années 80, deux émissions m’avaient (déjà) fait me poser question sur la nature de l’être humain et sur son rapport à l’autorité et à la notoriété :

- d’abord, lors d’une émission du samedi après-midi sur une chaîne française où était présenté un reportage qui expliquait une version française de l’expérience de Milgram. Cette expérience démontre comment un être humain soumis à une « certaine » autorité (car on ne parle pas ici d’une arme sur la tempe, mais juste d’un scientifique donnant des ordres) peut infliger des souffrances à ses semblables ;

- ensuite, lors de la vision du film « Le prix du danger », où l’on explique les potentielles dérives des télé-réalités qui pourraient pousser un être humain - soumis à un certain appât du gain et à une certaine notoriété télévisuelle - à aller jusqu’à tuer.

Par la suite, j’ai lu divers ouvrages et vu divers reportages où l’on expliquait les tortures et souffrances faites aux opposants par les nazis pendant la guerre.
Le fait que sous couvert de l’autorité, de véritables abominations pouvaient être considérées comme « acceptables » par les bourreaux m'avait interpellé.
On peut prendre les nazis, mais ce n’est – malheureusement – pas le seul exemple : les génocidaires en Afrique, les goulags en Russie, les soldats – fussent-ils de pays dits civilisés - en opération militaire, etc.

Il m’est impossible de bloguer de manière détaillée sur un sujet qui à mon avis fait déjà l’objet de nombreux articles et thèses de personnes bien plus compétentes que moi dans le sujet, mais:

- Les diverses expériences et réflexions sur la capacité de l’être humain à faire souffrir son prochain « sous couvert de l’autorité » semblent démontrer que celui-ci laisse son éducation où on lui a appris à écouter les directives des supérieurs passer avant l’empathie envers son prochain…

Et si c’était justement l’inverse ?

1. On sait que l’être humain possède trois sous-cerveaux : le reptilien, le lymbique et le néo-cortex.
2. On sait que le néo-cortex est celui qui permet de passer outre ses instincts et ses émotions pour avoir un comportement social qui correspond à des normes morales que l’on a apprises au cours de son éducation.
3. On dit que certains circonstances font que le cerveau reptilien prend le dessus sur les autres parties du cerveau : l’abus d’alcool, la peur panique, la douleur, etc…

Si ce n’était donc pas son éducation à l’obéissance qui permettait à un homme (plus rarement un femme ?) d’outre passer ses valeurs mais bien le fait que cette excuse permet à son cerveau reptilien de prendre le dessus sur son éducation sociale et laisser le champ libre à ses plus bas instincts ?

Se poser cette question est politiquement incorrect, car ce serait changer le précepte de base de notre société qui est que l’être humain est fondamentalement bon et que ce sont les circonstances de la vie qui le rendent mauvais…
Et si l’homme était fondamentalement mauvais et que ce sont des siècles de civilisation qui avaient bridé ses bas instincts?
Ce serait pouvoir imaginer que nous sommes tous des bombes à retardement en puissance. Brrrr...
Quand on voit notre monde actuel, sa violence, son égoïsme, son manque d’empathie naturelle, ce ne serait peut-être pas une idée à effacer d’un revers de la main !

A réfléchir…

Et en attendant, je vous conseille l'émission de ce soir sur la deux!

1 commentaire:

yozzman a dit…

Je pense que tu vois juste. Je crois aussi que l'autorité est une excuse pour lacher la bride à des instincts profonds enfouis.

Mais pourquoi avec l'autorité? Parce qu'elle est socialement acceptable.

Ainsi, ce genre de situation cumule l'effet culture (acceptation de l'autorité) et l'effet nature (les instincts profonds). Du coup tout converge à laisser tomber un autre effet culturel (empathie).

'fin, c'est comme ça que je le vois.