14 février 2010

De l'exemple dans notre société

- Un ministre du budget qui prône l'austérité mais dépense sans compter en frais de bouche,
- Un ministre de la justice qui prône le respect de la loi mais qui utilise son pouvoir pour accorder des passes-droits,
- Un ancien ministre passé dans l'opposition qui critique les agissements de son successeur, alors qu'il faisait la même chose quand il était au pouvoir,
- Un bourgmestre qui prône le respect des accords de majorité dans sa commune mais se permet d'agir à l'encontre des décisions de son conseil communal,
- Un chef d'entreprise qui restructure et demande des efforts à ses employés alors que sa société fait des bénéfices et qu'il gonfle ses propres bonus,
- Un patron qui exige l'utilisation d'une méthodologie dans son entreprise mais qui passe outre celle-ci dès qu'il s'agit de faire travailler pour son propre intérêt,
- Un prince qui se permet de rouler à 140km/h lorsque le reste de ses sujets est prié pour raison de pollution de rouler à 90 km/h,
- Un partisan de la fraude fiscale et du travail au noir qui se plaint de payer "trop d'impôts",
- Un responsable des tarifs qui décide de prix quand son statut lui accorde la gratuité d'utilisation de services qu'il n'utiliserait sans doute pas s'il devait payer lui-même,
- Un responsable de transports en commun qui ne se déplace qu'en voiture avec chauffeur,
etc.

Tous les jours, nous sommes confrontés à des comportements de personnes qui sont dans une logique “faites ce que je dis, pas ce que je fais”.

Chacun, à son propre niveau, utilise sans doute cette méthode. Je m'en rends compte à chaque fois qu'une de mes filles me prend en flagrant délit de faire quelque chose qu'il leur est interdit de faire. Comment s'en sortir? En leur expliquant que "les adultes peuvent bien, pas les enfants"...

Cet argument tient souvent la route, car les enfants sont en apprentissage et doivent comprendre qu'avant un certain âge, il y a des interdits à respecter. Souvent, le respect de ces choses leur permettra de grandir et par après, lorsqu'ils auront suffisamment de points de comparaison et d'accès à une information objective, ils pourront utiliser leur libre arbitre et faire des choix en âme et conscience.

Mais dans certains cas cités ci-avant, le problème est que l'on ne parle pas de grandir pour choisir en connaissance de cause de faire "des bêtises comme les grands"; on parle ici à la limite d'abus de pouvoir: de décisions réfléchies de personnes qui savent que leurs actions vont à l'encontre de ce qu'ils demandent aux autres, mais s'en moquent parce qu'eux, se sentent les détenteurs d'un certain savoir, voire d'un certain pouvoir...

Et comme il est rare qu'il y ait un retour de manivelle, pourquoi changeraient-ils?
Souvent, les "bad boys" sont en plus ceux que l'on met en avant dans les médias: parler d'un comportement exemplaire fait souvent moins recette que de celui déviant. Les exemples ne sont plus les "héros" d'antan.

Je pense qu'une partie de nos problèmes vient (aussi) de là...

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