07 février 2010

De la difficulté de ne pas être croyant…

Comme le démontrait Isaac Asimov dans ses romans du cycle de « Fondation », lorsque des élites dirigeantes veulent maintenir une certaine emprise sur un peuple qui s’éveille à la libre pensée, il y a une solution facile: la religion.

Pour moi, il y en a une autre (que les romains avaient inventé à travers "du pain et des jeux"): leur fournir des "fast food" et des "soap's" télévisés.

Revenons-en à la religion. Celle-ci permet de ne pas avoir peur de l’avenir: l’être humain est en effet le seul animal conscient du fait qu’il mourra un jour, perspective effrayante s’il en est qui peut mener à des actes désespérés.
Elle le devient un peu moins si l’on est convaincu qu’il y a une vie après la mort. L’être humain est avant tout un animal géré par des émotions (cerveau reptilien) qui ne domine ses pulsions que grâce aux règles de civilisation stockées dans son cerveau supérieur (néo-cortex). Il est donc plus facile de le conserver dans une certaine "morale" en lui dictant sa conduite dès sa plus tendre enfance via des règles non discutables qui sont imposées par une autorité "non terrienne", ce que fait chaque religion.
Si en plus, la récompense est complétée par une vie idéale après le passage sur cette terre, la motivation est parfaite.

Soyons bien clair: loin de moi l’idée de dire que les êtres humains, puisqu'ils sont des animaux, ne doivent pas respecter ces règles morales et doivent se comporter comme tels. Les règles instaurées à la base sont même utiles pour juguler les populations qui n'ont pas accès à l'éducation et lorsque la simple loi et la morale laïque (principes de comportements dictés par l’être humain pour l’être humain) ne semblent pas pouvoir s’imposer sans la présence d'une épée de Damoclès "enfer" ou "force supérieure vengeresse".
Par contre, j’ai un grand problème avec les prophètes et autres hommes (tiens, ce ne sont jamais des femmes?) qui se disent les garants de la religion et trop souvent, corrompent le message pour faire passer leur vision personnelle du message "divin".

Revenons-en au titre de cet article: il est bien difficile dans notre société judéo-chrétienne de ne pas être croyant. Outre le fait - déjà cité - psychologiquement stressant que l’on doit vivre sa vie sans avoir l’impression qu’un entité bienveillante veille sur nous ou qu’après notre mort, nous aurons la possibilité d’accéder à un monde meilleur, on se retrouve également dans des minorités.
Je n’aborderai que le cas chrétien car je le connais de près mais je pense que ces réflexion s’appliquent à toutes les religions.

D'aussi longtemps que je m'en souvienne, les enfants qui ne suivaient pas le cours de religion étaient une minorité. Les mettre en "morale" est donc déjà les mettre "de côté" d'une certaine manière alors qu'il serait plus normal d'imposer un cours sur toutes les religions et laisser la religion pour le privé, hors école!
D'ailleurs, même si les parents ne sont pas spécialement croyants ou en tout cas pratiquants, il est de bon ton de mettre son enfant en religion. Cela lui permet à terme d’accéder aux cadeaux et à la fête de la "grande communion". Souvent, les enfants sont trop jeunes et le font "par obligation", "pour faire comme les autres" voire pire, uniquement par intérêt. Combien de fois ai-je entendu parler d'enfants - qui venaient de faire la promesse devant Dieu de bien se comporter - considérer que la cérémonie qui venait de se produire leur donnait justement l’accès aux comportements des "grands" qui vont à l’encontre des promesses qu’il viennent de faire?

Autre faille: lorsqu’un problème survient dans la vie, le non croyant doit se battre seul et assumer ses choix alors que le croyant peut trouver de la force dans un hypothétique soutien d'une force divine via la prière. Ensuite, si l’issue est négative, le non croyant n’a que ses yeux pour pleurer quand le croyant peut toujours trouver une bonne explication à la situation qui vient de se produire.
En fait, la religion donne une réponse simple à toutes les questions, et ceci depuis la nuit des temps.
- Complexe l’évolution? Mais non, la terre a été construite en 7 jours!
Terribles les catastrophes ou les guerres? Oui, mais c’est le symptôme de la lutte manichéenne entre les envoyés de Dieu et ceux du diable (ou les mécréants d’autres religions).
- Honteux les abuseurs, assassins et autres violeurs? Bien sûr, mais dès qu’ils auront retrouvé Dieu, ils comprendront, se repentiront et seront pardonnés! Au pire, ils seront punis par l’enfer… ce qui, ceci étant dit, ne corrigera rien du mal fait sur cette terre!!!
Et il y a bien d’autres exemples.

Pour moi, choisir le côté « libre penseur » est le chemin le plus ouvert à l'autre (car les actions religieuses sont jugées sur les actes, pas sur des dogmes enseignés), mais c'est aussi celui où l'on risque de se retrouver sans réponses à de nombreuses questions.
Cela oblige à prendre ses décisions sans pouvoir se réfugier derrière une instance supérieure et devoir assumer les conséquences de ses actes pour le reste de sa vie.

Je me dis de temps en temps que ce serait peut-être plus facile de céder à l'attrait d'une croyance, mais ce serait justement renoncer à une indépendance gagnée à force de réflexion personnelle et de remise en question permanente.

Et comme le dit très bien Alain Souchon: "[Si] Toutes ces femmes ignorantes, ces enfants orphelins, (...) ce n'était que le plaisir de zigouiller. (...) Et si en plus, il n'y a personne..."

Moi, j'aime à penser qu'il y a eu un jour quelque chose il y a des milliards d'années et que maintenant, ce ne sont que des réminiscences... Mais je n'en sais finalement pas plus que d'autres...

Aucun commentaire: