24 janvier 2010

Le MR nouveau / L'égoïsme / L'enseignement

Ces derniers temps, bien que les sujets ne manquent pas, je manque, moi, de temps pour commenter l’actualité.
J’ai donc décidé, après réflexion, d’aborder ici les 3 sujets qui m’interpellent actuellement.
Cela donnera un très gros article, dont chacun peut prendre la partie qui l’intéresse. :-)

1. Le MR nouveau est arrivé

Si l’on en croit Didier Reynders, le message du MR était déprécié.
En effet, le MR serait un vrai parti libéral au sens social et progressiste du terme : un vrai parti des travailleurs. Il serait pour une taxe sur les transactions financières, le CO2 ou les plus-values ainsi qu’une régularisation des marchés aux niveaux européen et mondial.

Si j’ai un jour collaboré avec le PRL de l’époque Louis Michel, puis ai accepté d’être président des Jeunes Réformateurs Namurois, c’était sur cette base. Le vrai libéralisme, celui qui était à la base de la sécurité sociale, de l’égalité homme-femme, des avancées de la libre pensée, etc.
Si je l’ai quitté, c’est aussi parce que derrière ce discours, il y a des hommes et qu'en réalité, le MR est un parti « de pouvoir ». Le MR souffre du même mal que le PS de ce point de vue.
En effet, les hommes qui le composent dans les localités sont prêts à de nombreuses compromissions pour rester au pouvoir et pour placer des obligés. Nombreux sont également ceux qui sont venus dans ce parti car ils avaient un fortune personnelle ou gagnaient des sommes qu'ils ne voulaient partager et voulaient se placer dans le parti « le plus à droite » de l’échiquier afin d'en faire un parti capitaliste.
Il y a donc une marge des paroles aux actes et la dernière affaire Fourneaux semble démontrer qu’entre les idées et les actes, il y a parfois une marge.

Néanmoins, l’émergence d’un « vrai » parti capitaliste de droite décomplexée comme le PéPé permettrait peut-être de clarifier la donne. Les vrais égoïstes capitalistes se tourneraient alors vers le « Parti des Porsches » et le MR, sans doute un peu moins puissant, deviendrait alors un vrai parti de centre droite avec lequel un parti comme Ecolo pourrait faire des alliances.
Ces alliances se feraient alors sur base d’un projet de monde solidaire et éthique, où chacun a des droits et des devoirs, où la justice sociale n’est pas un vain mot et où la survie de la race humaine se fait sur une planète remplie de biodiversité et dans des conditions de vie acceptables partout sans course à la croissance qui détruit des ressources finies.
Acceptons-en l’augure mais … je demande à voir !

2. L’égoïsme vs la solidarité

J’ai été surpris par certaines discussions autour de moi ces derniers jours. Certaines personnes défendaient leur droit à en pas être solidaire des pauvres d’Haïti.
Les raisons invoquées étaient triples : le fait qu’eux ne feraient pas la même chose s’il nous arrivait ce genre de problème; le principe qu’on ne sait jamais où l’argent va vraiment et enfin que ce n’est pas en faisant des actions ponctuelles que cela changera la misère du pays.

Pour moi, il y a deux types de personnes qui utilisent ces arguments. Ceux qui veulent en effet faire avancer le débat en posant des vrais questions mais qui payent malgré tout parce qu’ils ne peuvent rester insensibles aux images chocs vues dans les médias et ceux qui veulent trouver une excuse pour garder leur argent.
Les premiers ont raison sur un point : il manque un minimum de transparence ou d’information sur la manière dont les dons sont utilisés : n’y a-t-il pas un certain nombre de personnes qui se « sucrent » au passage ? Pas évident à dire mais il faut faire un minimum de confiance dans les ONG’s, car à la base, ce sont des gens motivés par l’altruisme qui y travaillent.

Pour le reste, il est vrai qu’il vaut sans doute mieux donner de l’argent aux îles de paix pour les travaux sur le long terme et qu’un pays pauvre ne pourrait se permettre de donner en cas de problème inverse.
Malgré tout, situation d’urgence demande aide d’urgence et avant de penser au long terme, agissons, tout en gardant dans un coin de la tête qu’il ne faudra pas s’arrêter en chemin.
Ensuite, il ne faut pas être ridicule non plus : Comment un pays qui baigne dans l’opulence où les plus pauvres qui font partie de la « société belge », s’ils le veulent, ont souvent droit à un minimum d’aide gratuite grâce à la sécurité sociale peut-il être comparé à un pays où l’on ampute à la scie parmi les mouches !!!
Bien sûr, ils ne pourront pas nous rendre la pareille, mais on ne peut pas reprocher à cette population le fait d’une situation macro-économique qui leur échappe totalement.
Non, il faut arrêter de se voiler la face : ceux qui ne veulent pas donner sont simplement trop égoïstes pour cela. Et ceci n’est pas un jugement de valeur : chaque être humain a ses défauts mais il doit pouvoir les reconnaître et ne pas se cacher derrière des excuses fallacieuses.

Le principe est le même au niveau des taxes « stupides » que l'on nous demande de payer. Oui, certaines taxes sont stupides ou dépassées; oui, certaines personnes abusent de notre confiance pour s'en mettre plein les poches avec l'argent public; oui, la Belgique est une outre de gaspillage par son overdose de structures inutiles... Et on est bien d'accord qu'il faut que cela change...

Mais il est un fait que sans ces taxes, pas de solidarité et sans solidarité, je conseille à ceux qui râlent de ne jamais tomber malade et de ne jamais avoir de problème imprévu dans la vie ou de vraiment gagner de l'or en barre, car il faut une sacrée fortune personnelle pour ne jamais avoir besoin de l'aide publique au cours de toute sa vie, surtout quand on se rend compte de la fragilité de l'aide privée en ces moments d'instabilité économique!

3. L’enseignement ne va pas mieux

La ministre a présenté les indicateurs de l’enseignement. La situation n’est pas brillante, notamment au niveau du redoublement. Les indicateurs montrent en effet qu'il existe trois périodes critiques dans la prise de retard des enfants : lors du passage de la troisième maternelle vers la première primaire (5 % redoublent), lors du passage de la sixième primaire vers la première secondaire (ils sont moins de 65 % à encore être dans les temps) et enfin au moment de rentrer en troisième secondaire (moins de 50 %).

Le constat de la ministre est on ne peut plus clair. « On n'arrive pas à endiguer l'échec . » Et un échec, estime Marie-Dominique Simonet, « c'est décourageant ». Il faut donc trouver une solution pour mettre un terme à cette évolution.
C’est bien, il semble que la ministre se rende compte que l’enseignement va mal, alors que cela fait quant même 20 ans que tout le monde le dit. Je ne vais pas remettre ici tout ce que j’ai déjà abordé sur l’enseignement dans ce blog, je vous invite à chercher vous-même :-)

Néanmoins, je reviens toujours à mes principes de base car parfois, il me semble qu'il ne sert à rien de chercher des solutions alambiquées quand elles sont faciles à trouver (mais parfois difficile politiquement à mettre en œuvre).
Pour améliorer les conditions ? Accepter que même si les enfants doivent tous avoir les mêmes chances devant l’enseignement, ils ne naissent pas tous avec les mêmes capacités ni dans les mêmes conditions sociales permettant un accompagnement suffisamment proche que pour combler d’éventuelles lacunes.

Il faut donc à mon avis mettre en place quatres choses :
- des classes moins peuplées où les enseignants peuvent plus facilement détecter les lacunes;
- des services publics extérieurs aux classes qui peuvent prendre ceux qui ont des difficultés en face à face pour voir si c’est une problème de capacité et qu’une réorientation s’impose (car l’intelligence des mains est parfois bien plus valorisante et porteuse d’avenir que celle de la mémoire) ou si c’est un problème d’accompagnement et alors proposer cet accompagnement/remise à niveau spécifique;
- une modularité de savoirs afin de permettre de considérer qu’un savoir acquis est connu et pouvoir s’attaquer à un autre savoir plutôt que repasser le même savoir l’année d’après en cas de redoublement. NDLR : point que je proposais dans un groupe de travail politique chez Mr Hazette en 1998, qui semble trouver écho chez Mme Simonet en 2010… Aurais-je eu raison trop tôt ? ;-)
- pour les plus âgés, fournir aux écoles une alternative à celle-ci et une capacité d’éloigner les grands perturbateurs récidivistes qui n’ont pas compris que l’école est une chance pour leur avenir. Ceci permettra aux enseignants de « faire classe » tout en trouvant à ces jeunes un cadre extérieur leur permettant de se développer pendant un an (travail jeune, aide à la collectivité, aide au développement, etc.) et leur permettre après, s’ils ont compris la leçon, de reprendre leurs études en n'ayant perdu qu'un minimum de temps.

Il y a sans doute bien d’autres solutions, mais en tout cas, il faut arrêter de tourner autour du pot et de penser qu’il est possible de sauver tout le monde en utilisant les mêmes moyens pour tous sans distinction : seul le cas par cas peut avoir un effet.

On me rétorquera qu’il faut des moyens pour arriver à une personnalisation. Sans doute. Et si on reparlait de la fusion des réseaux, gaspilleurs d’argent ou encore des subsides pour les fabriques d’église, sujet on ne peut plus privé, qui ne devrait pas être subsidié par la sphère publique…
Allez, je gage qu’on en reparlera :-)

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