28 novembre 2009

Un avis subjectif sur le Parti Populaire

Subjectif, en effet…
A ceux qui ne connaissent pas mon « passé » politique, je rappellerai en deux mots que j’étais des débuts de l’aventure de Rudy Aernoudt en politique l’an passé en tant que coordinateur pour la province de Namur.

J’avais été séduit par le discours de ses co-fondateurs sur l’écologie non dogmatique (par exemple, qui envisageait d’étudier les solutions que proposent les nouvelles technologies avant de parler directement de « décroissance »), ses discours contre la particratie qui sclérose le pays ou encore sur le principe mis en avant d’un parti qui se voulait résolument au dessus de la mêlée, ni à gauche, ni à droite, mais en mettant en avant le bon sens pour chaque sujet.

Avec le temps, je me suis rendu compte que c’étaient de beaux discours creux et que monsieur Aernoudt n’avait aucun intérêt pour l’écologie ou pour un parti au dessus de la mêlée car il voulait en réalité un parti « de droite ». J’ai remarqué que passer à la télé et dans les médias était plus important que le contenu qu’il y défendait et surtout, qu’il avait un agenda caché (obtenir une place éligible pour sa personne, que ce soit avec un autre parti ou seul) et qu’il était prêt à « omettre certains détails » pour obtenir ce qu’il désirait (amalgame avec l’extrême droite pour se débarrasser de personnes qu'il avait accepté en connaissance de cause et alors qu’il écrivait la préface d'un livre d’une personne cataloguée de ce milieu, histoires aux médias namurois pour leur faire croire qu’il allait s’y présenter alors qu’il n’était même pas domicilié en Wallonie, accords secrets avec le MR qu’il ne présentait pas à ses co-fondateurs, etc.)

Ceci vous expliquera pourquoi, même si je considère que monsieur Aernoudt est un économiste compétent, un tribun de premier ordre et une personne intelligente, je le verrai toujours comme un manipulateur prêt à tout pour arriver à ses fins et c’est pourquoi, tout parti auquel il collabore ne sera pour moi qu’un outil visant à le mettre en valeur avant d’être un outil visant à changer la société.

Voici donc mon avis subjectif :

- Le Parti Populaire semble n’avoir de populaire que le nom car, comme le faisait remarquer un journaliste de « l’Echo », sa présentation s’est faite dans un quartier huppé de la capitale, entre personnes nanties protégées par des vigiles ! On pouvait même considérer – d’après la DH - que le parking extérieur pouvait servir d’exposition de voitures de luxe. Un bizarre démarrage pour un parti qui se veut issu du peuple…

- Michaël Modrikamen est présenté par un journaliste de la RTBF comme se voyant bien comme le « sauveur » de l’état belge. Il revendique ensuite sur Bel-RTL son populisme dans la lignée des Jaurès et autre Clémenceau, rien que cela… Certains sur la même radio avancent l’idée que son discours sur ses origines fluctue selon ses interlocuteurs… Un démarrage un peu mégalomane pour quelqu’un qui se dit faire de la politique pour le peuple et par le peuple…

- Le parti dit s’opposer à la multi culturalité car il faut que « l’étranger » s’adapte à la culture belge… Qu’est-ce que la culture « belge » ? C’est d’ailleurs amusant pour un parti qui se veut aussi bien flamand que wallon et donc qui veut réunir des cultures sacrément différentes quand on regarde les mentalités et la culture des deux parties du pays. Leur parti est à la base multiculturel alors qu’ils s’y opposent…

- Les statuts du parti donnent quasi tous pouvoirs aux co-fondateurs : «Les présentes règles peuvent être modifiées sur proposition des co-présidents ou de deux tiers des membres du bureau politique (…)» en sachant que le bureau est composé « des co-présidents, des membres du mouvement élus au sein d’une des assemblées parlementaires belge ou européenne, qui en sont membres de droit, et des membres cooptés conjointement par les co-présidents en raison de leur compétence particulière. »
En clair, tous pouvoirs aux co-présidents. Bizarre pour un parti qui revendique l’instauration du référendum. Le pouvoir au peuple, sauf en interne ?

- Le parti veut s’opposer à la particratie et donc aux élus actuels (nommés de facto par la particratie) mais lance un appel à tout élu de le rejoindre… Un peu schizophrénique, non ?

- Le parti est donc lancé par des personnes nanties, qui pourraient donc très bien financer leur aventure, étant donné que ce seront – qu’ils acceptent de le reconnaître ou pas – eux les premiers bénéficiaires des résultats et que voit-on ? Que leur première demande est d’appeler à une levée de fonds issue du peuple…Ils veulent bien se mouiller, mais avec les sous des autres ?

- Le parti fixe sa cotisation pour être membre (et donc pouvoir avoir un droit de vote sur les décisions) à 20 euros minimum et peut être revue par le bureau… On a déjà connu prix plus démocratique pour un parti qui se veut le parti « du peuple »…

- Le parti veut une politique de tolérance zéro, soit « sanctionner réellement chaque infraction, même lorsque l'infraction est minime »… J’aurais peur de traverser en dehors des passages pour piétons avec une telle vision… Un état policier où quelques libertés semblent en danger alors que Rudy Aernoudt revendiquait son « libéralisme » il n’y a qu’un an de cela…

- Le parti veut que « Les étrangers délinquants multi-récidivistes ou qui inciteraient à la haine raciale seront expulsés. »… Bien d’accord, mais le problème est que la majorité des délinquants multi-récidivistes sont belges ou appartiennent à des mafias organisées et seraient donc de retour sur le terrain avant même que la justice ait le temps de dire ouf…

- Le parti veut faire de l’écologie en mettant en avant l’énergie la plus propre, soit l’énergie nucléaire… A se demander si les grands penseurs de ce parti ont déjà vu les quelques documentaires de valeur hautement scientifique sur le problème des déchets du nucléaire…

- Le parti ne veut pas qu’on le compare à un parti « d’extrême droite » mais dès sa création, il regrette l’existence d’un cordon sanitaire vis-à-vis de l’extrême droite flamande…

J’arrêterai ici, car comme je l’ai dit, je ne suis pas objectif : je ne fais le travail qu’à charge et je cherche la petite bête. Il n’est pas difficile de la trouver dans des idées qui ont été mises en place par deux ou trois personnes en quelques jours (ils parlent d’une « retraite » d’un week-end en Italie) quand on sait que les autres partis ont des dizaines de chercheurs et de personnes qui réfléchissent sur les problèmes de la société à longueur de journée dans des centres d’études. Je pense donc que chaque citoyen devra se faire sa propre idée à l’usage.

Je pense néanmoins que ce parti pourrait avoir un certain succès en Wallonie, car en se positionnant sur des thèmes avec lesquels la droite de la droite flamande a fait son succès, on peut penser qu’une partie suffisamment importante de l’électorat francophone verra en ces personnes les « sauveurs » qu’ils pensent être.
Cela a fonctionné pour Jean-Marie De Decker, pour Pim Fortuyn, dans une certaine mesure pour le Vlaams Belang ou pour Geert Wilders, il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas vu la crise ambiante, un certain extrémisme islamiste actuel qui entraîne des réactions et l’anti-politisme latent que les affaires des élus actuels ont laissé derrière eux.

Pour moi, le principal problème du PP sera interne : les partis populaires de droite fonctionnent bien car ils sont dirigés par un leader charismatique – un chef – qui prend toute l’attention des médias. Dans le cas du parti populaire, ils sont deux assoiffés de médias et de reconnaissances. Si l’un tire plus la couverture à lui que l’autre ou si à un moment, ils ne sont plus d’accord sur l’évolution qu’ils veulent donner à leur parti, ce sera la guerre interne. Ils n’ont pas des profils complémentaires…
Maintenant, comme je reste convaincu que leur parti est simplement un outil visant à leur ouvrir des portes vers le pouvoir, il est possible que si on leur propose dans un autre parti des places leur assurant un poste bien rémunéré, le problème du parti n’en sera plus un.

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