03 novembre 2009

Pourquoi je ne suis pas « de droite »

Il y a un peu plus de 6 mois, j’expliquais dans un billet pourquoi je ne me sentais pas comme quelqu’un « de gauche ».
Depuis lors, j’ai eu beaucoup de discussions, de lectures et d’informations avec des personnes faisant de la politique dans un parti catalogué « à gauche » (Ecolo) et je dois reconnaître que je me sens plutôt proche d'une majorité des valeurs de l'écologie politique (du moins les vraies, pas les caricaturales qui sont citées par certains opposants).
Je me suis donc demandé si je pouvais de la même manière me sentir comme quelqu’un « de droite »… ou pas...

Si je dois retirer deux qualificatifs sur ce qu’est pour moi « être de droite », c’est être conservateur au niveau des clivages sociaux (riches vs pauvres) et mettre en avant le travail comme valeur de base de la société.

En réfléchissant, les valeurs personnelles qui faisaient que certains pouvaient me cataloguer « de droite » sont ma volonté de la préséance du « respect de l’autre » sur tout autre valeur sans excuse liée à la « classe sociale », ma volonté d’imposer des devoirs en contrepartie aux droits demandés par le citoyen mais aussi le fait que je désire que le « mérite » soit récompensé.

Point 1
Si je mets en balance le conservatisme social de droite avec ma demande de respect de l’autre quelle que soit sa « classe sociale », on ne peut le lier que si l'on considère comme acquis le fait que les gens plus riches seraient plus respectueux que les moins fortunés.
Cette hypothèse n’est pas fondée car, même si souvent ceux qui ont plus de moyens ont plus accès à la culture et aux connaissances que les autres, ils ne peuvent pas vraiment se targuer d’être spécialement plus respectueux.
En caricaturant, on peut toujours dire que pour chaque « baraki » pauvre, on peut trouver un « ronny » riche et ni l'un ni l'autre ne se soucie de son prochain.
Il y a donc pour moi incompatibilité entre cette valeur de la droite et les valeurs que je défends. Les irrespectueux sont souvent ceux qui veulent des droits sans vouloir fournir les devoirs en échange et là, on en trouve « dans les deux camps ».

Point 2
Le travail est-il vraiment compatible avec le mérite? C’est le point le plus problématique et le plus « tricky »… En effet, entre ici en compte le difficile équilibre entre « travailler beaucoup » et « bien travailler ».

Quelques exemples/questions:
- Un élu politique qui se vante d’être occupé (par des boudins-compotes) 15h par jour mais qui ne vote que des lois dont il ne comprend rien parce que le parti décide pour lui, est-ce un bon élu ?
- Un administrateur de société qui travaille 15h par jour en relation publique et en propositions irréalistes mais qui gère son entreprise comme un dictateur, entraînant démotivation, maladie et faible rendement, est-ce un bon administrateur ?
- Un employé qui travaille 9h par jour pour faire un travail mal fait qui doit être retravaillé par quelqu’un d’autre avant d’être livré, est-ce un bon employé ?
- Un indépendant qui travaille 12h par jour sur un chantier mais qui a besoin d’un sacré support juridique pour se protéger contre les défauts de construction qu’il a laissé derrière lui, est-ce un bon indépendant ?

A contrario :
- Un élu politique qui est capable d’aller « right to the point », de défendre intelligemment ses arguments et qui peut utiliser les bons moyens pour faire passer ses idées et qui n’a besoin que de 8h par jour pour le faire, est-ce un mauvais élu ?
- Un administrateur de société qui ne travaille que 3 jours semaine pour faire fonctionner sa société mais qui délègue le reste du temps à des personnes de confiance et motive ses employés pour en tirer le meilleur, est-ce un mauvais administrateur ?
- Un employé doué et rentable qui peut faire en 5 heures le travail que la moyenne des employés mettrait 7h à faire et qui profite des heures de différence pour lui-même est-il un mauvais employé ?
- Un indépendant performant qui se contente de travailler à ¾ temps parce que la qualité de son travail lui permet de demander un prix supérieur pour compenser et qui profite à ¼ temps de sa famille est-il un mauvais indépendant ?

Pour moi, le rendement est plus important que la quantité de travail en tant que telle. Mieux vaut un travail vite fait, bien fait que beaucoup de travail qui n’amène qu’à un résultat moyen.
Je ne me considère donc pas comme un défenseur du « travail » en tant qu'unité de mesure à proprement parler, mais bien comme un défenseur du mérite. Ce mérite se mesure, lui, à travers le rendement et la qualité du travail et pas vraiment par sa quantité.

En conclusion, je ne me sens donc pas plus spécialement de droite que de gauche. Je continue à penser que chaque problème demande une solution après étude au cas par cas et qu’une même personne émettant un avis politique peut être une fois « de gauche » et une fois « de droite » selon les sujets.

L’important est donc d’avoir des valeurs communes et d’être dans un parti où la liberté d’expression et la démocratie interne existent… Dont acte (jusqu’à preuve du contraire)…

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