27 septembre 2009

Est-ce en saignant qu’on devient un bon enseignant ?

C’est reparti, les syndicats enseignants appellent à l’arrêt de travail pour la seconde fois (5 octobre). Cette fois-ci, ce n’est plus contre les pistes « inacceptables » du remplissage pour tous de la grille horaire ou encore de l’obligation de travailler après 55 ans.

Petite remarque personnelle préalable, je me permets de rappeler qu’on parle d’allonger la durée du travail des autres métiers après 65 ans et je me demande aussi pourquoi on ne parle pas des possibilités pour les enseignants de travailler en fin de carrière en service « non-actif » (plus dans les grandes classes), soit en tant que mentors des plus jeunes, soit en support ou remédiation au cas par cas avec un tout petit nombre d’étudiants….

Revenons-en aux syndicats enseignants, ils veulent maintenant montrer un « refus catégorique des mesures d’économie envisagées dans le secteur ».
C’est vrai, pourquoi le monde enseignant devrait-il aussi faire des économies alors que tout le reste de la société va le faire ? Non, c’est déconner !
Pourtant, cela se discute. En effet, les enseignants sont aussi des consommateurs, ce qui veut dire qu’ils vont de toute manière subir les augmentations qui auront inévitablement lieu dans tous les secteurs. Ensuite, l’enseignement, c’est l’avenir. Tout passe par là. Il serait donc normal qu’il soit le dernier à souffrir, s’il était performant...
Mon problème principal, c’est qu’au lieu de se battre CONTRE, les syndicats enseignants devraient se battre POUR !

En effet, l’enseignement dysfonctionne et c’est peu dire : dualisation, politisation, gaspillages entre réseaux, abus de certains au détriments d’autres « plus courageux », etc…

Et si on cherchait avant tout à attaquer le mal à sa base pour entraîner une augmentation de la qualité de l’enseignement, une diminution de la pénibilité du travail, ce qui permettrait de pouvoir en « demander plus » aux enseignants sans une levée de bouclier?

Pour ce faire, il faudrait d’abord faire un « cadastre » des écoles quant à la pénibilité. Ceci permettrait de voir le nombre d’écoles « vraiment » difficiles pour objectiver les demandes des enseignants par rapport à cette pénibilité. Bien évidemment, cela ferait sans doute de la mauvaise publicité pour certaines écoles mais elles auraient peut-être enfin l’obligation de chercher et demander de véritables solutions au risque de se voir se vider.

Ensuite, il faudrait trouver une alternative à l’école pour les élèves « plus âgés » qui sont en mode « gardiennage » et qui perturbent les classes en empêchant les enseignants de « faire classe ». Bien organisées, ces activités pourraient en plus ne pas coûter à la collectivité.

Enfin, il faut revaloriser le métier d’enseignant afin que le respect puisse revenir. Cela veut dire augmenter la durée des études afin de mieux les former et d’éviter que certains enseignants qui apprennent une matière aux enfants ne possèdent pas celle-ci correctement, mettre en place une charte du respect enseignants - parents (peut-on vraiment espérer le respect de parents avec qui on se « bourre la gueule » lors des fancy-fairs ou lorsque l’on se permet d’arriver en retard aux réunions de parents, par exemple…), augmenter le salaire des enseignants (ce qui va de pair avec la durée des études), redonner un vrai pouvoir de sanction contre les élèves en concertation avec les parents et la direction envers les perturbateurs, objectiver les heures de travail des enseignants en tenant compte des heures « non comptabilisées actuellement dans le décompte » : si un enseignant travaille 8h par week-end pour préparer ses cours, cela doit se savoir et être comptabilisé dans son horaire pour faire une différence avec celui qui n’en fait rien. La vérification de ce « travail » pourrait ensuite être confiée à une inspection scolaire dépolitisée, etc…

En écrivant tout ceci, je me dis que bien évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais je trouve qu’on manque de propositions positives par ceux qui se disent « représentants » de tous les enseignants… Au fait, quel est le pourcentage d’enseignants syndiqués ?

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