12 septembre 2009

Ces syndicats qui opposent les enseignants au reste du monde

Je précise d'emblée que j'ai beaucoup de respect pour le travail des enseignants et que je pense que c'est - par la faute d'un système politique insatisfaisant - actuellement un métier souvent très pénible...

Néanmoins:

2004 : Marie Aréna, ministre socialiste, débarque en pleine embellie économique au ministère de l’enseignement obligatoire. Les décisions qui vont être prises dans les années suivantes ne vont jamais aller dans le sens d’une amélioration de la qualité de l’enseignement, d’une amélioration du respect envers les profs dans les classes, d’une revalorisation du technique et professionnel, etc.
Bien au contraire, ses décisions vont mettre les parents d’élèves dans la rue. Entend-on les enseignants revendiquer quelque chose, se plaindre ? Voit-on les syndicats se mobiliser ? Les parents « travailleurs » peuvent-ils faire grève pour se plaindre? Non…

2008 : Marie Aréna est envoyée ailleurs où elle pourra faire moins de bêtises et elle est remplacée par un autre ministre socialiste, Christian Dupont. Le pauvre, malgré sa bonne volonté et ses connaissances n’aura jamais l’occasion de faire ses preuves, entravé qu’il est par l’héritage de son prédécesseur. Les enfants auront des problèmes pour s’inscrire, les parents seront devant des cas de conscience. Y aura-t-il des changements dans la qualité de l’enseignement, des outils pour permettre aux enseignants de « faire classe » sans perturbateurs et parents agressifs, une revalorisation du technique et professionnel, etc. ? Non… Entend-on les enseignants revendiquer quelque chose, se plaindre ? Voit-on les syndicats se mobiliser ? Les parents « travailleurs » peuvent-ils faire grève pour se plaindre? Non…

2009 : Une nouvelle ministre (pour une fois non socialiste, y a-t-il un lien de cause à effet ?) prend la main sur l’enseignement obligatoire dans des circonstances économiques de crise avec des budgets catastrophiques. Un journaliste sort une information sur une piste (pas une loi, comme chez les ministres précédents) déplaisante et dans la journée, on voit poindre menace de grève, arrêt de travail prévu, etc.

Deux poids, deux mesures ? Certainement ! Qui en sortira gagnant ? Certainement pas les enseignants !

En effet, l’enseignant n’a pas « bonne presse » dans le « reste » de la population :

- Certains enseignants d’écoles à discrimination positive vivent un véritable enfer dans leurs classes par la faute de quelques perturbateurs que l’on ne peut éloigner. Travailler même 20h par semaine dans une telle ambiance est pénible. Mais à côté de cela, certains enseignants d’écoles favorisées ne travaillent que 20h par semaine… Ceux qui en travaillent 40 dans leur usine ou bureau sont jaloux…
- Certains enseignants motivés renouvellent leurs préparations chaque année pour présenter un enseignement adapté à leur public. Ceux-là travaillent le soir et le week-end et font donc plus d’heures que le salarié moyen. Mais à côté de cela, certains enseignants (sans doute démotivés ?) se contentent de photocopier leurs cours d’une année à l’autre et donnent ces cours sans interaction avec les élèves… Ceux-ci ne travaillent pas vraiment autant que le salarié moyen.
- Le salaire d’un enseignant est calculé sur 10 mois et réparti sur 12. On ne peut donc pas considérer qu’il est payé à ne rien faire pendant les congés d’été contrairement à ce que certains disent. Par contre, là où le salarié moyen doit cotiser pour sa pension, l’enseignant ne doit pas s’en soucier, l’état s’en chargeant.
- Certains enseignants sont passés par les mailles du filet lors de leurs études et doivent enseigner par exemple l’orthographe et la grammaire alors que leur niveau est insuffisant pour le faire avec qualité. D’un autre côté, certains font de véritables formations en dehors de leurs heures pour se perfectionner ou se corriger.
- etc., etc.

On pourra encore discuter plus tard sur les reproches que font les parents et les employés « du privé » envers les enseignants. Je suis persuadé que le manichéisme n’existe pas et que c’est du cas par cas. Comme dans le cas des chasseurs (référence aux « inconnus »), il y a certainement de bons enseignants et de mauvais enseignants, comme il y a de bons employés et de mauvais employés, de bons patrons et de mauvais patrons… Il ne faut pas faire d’amalgame.

Par contre, il y a un vrai problème : la politisation des syndicats et la propension à faire grève pour un rien, sans doute parce que le ministre n’est pas « de la bonne tendance ».
On ne peut pas passer sous silence les incohérences de la gestion de l’enseignement des 5 dernières années (socialistes) qui n’ont permis aucune amélioration QUALITATIVE de l’enseignement et sauter sur la ministre sociale-chrétienne deux semaines après la rentrée sous prétexte qu’une PISTE pourrait toucher à des « acquis sociaux »… José Happart défend aussi ses « acquis sociaux », mais là, cela ne fait rire personne.

Les syndicats d’enseignants doivent garder une certaine humilité et éviter d’utiliser leur arme de destruction massive (la grève) tout de suite. Cette arme a des impacts graves sur tous les parents qui travaillent. Quand on n’a que 20 jours de congé par an, devoir en « sacrifier » pour garder ses enfants ne fait pas plaisir, surtout pour des raisons aussi peu concrètes. Le dialogue apportera toujours plus que la guerre… La guerre apporte toujours son lot de victimes et ces victimes, ce seront avant tout les enfants.

Battez-vous pour une meilleure qualité de l’enseignement, pour le respect du calme en classe, pour le respect des parents, pour moins d’administration, pour des classes plus petites, pour des supports extérieurs, pour des parents qui accompagnent les enseignants avec comme but commun l’apprentissage des enfants, etc.
Vous n’aurez alors plus peur de travailler après 55 ans ou plus de 24 heures par semaine, car travailler ne sera plus pénible et sera de nouveau un credo pour la majorité.
Ne vous trompez pas d’ennemis. Il n’est pas trop tard, mais il est temps !

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