06 mars 2009

Luttes intestines : une histoire vécue…

Je vais vous raconter en quelques mots une histoire vécue. La vision en sera nécessairement subjective, car c’est à travers mes yeux qu’elle sera rendue et je l’ai vécue en tant qu’acteur direct des événements.

Tout démarre par un mouvement qui se met en place derrière un beau projet : réunir des forces vives pour s’opposer à la main mise des partis sur les décisions dans la société et remettre un enseignement de qualité comme la priorité des priorités. Un objectif « simple » avait été choisi comme revendication.
Les sympathisants étaient nombreux, on se déplaçait en train pour nos réunions, on parlait de nous à la télé. Un vrai mouvement de fond.

Puis, lorsque des élections s’approchèrent, deux logiques apparurent et envisagèrent de se présenter à l’électorat.

La première était partisane de l’affrontement : il fallait s’opposer à tout fléchissement de l’objectif d’origine, dire « non » à toute négociation, partir au combat au finish, s’opposer aux gens en place par des actions visibles sur le terrain, quitte à « espérer » un « martyr » devant les médias si la répression venait à se mettre en place.
Une équipe de « candidats » s’était naturellement préparée dans cette direction car il y avait de fortes personnalités qui n’avaient pas peur de cet affrontement.

La seconde était partisane du débat : l’objectif initial n’était pas une fin en soi et il fallait pouvoir négocier pour obtenir au moins une partie des revendications. Il y avait des penseurs, des changeurs de monde. Une équipe de « candidats » s’était mise en place vaille que vaille car la majorité de ses membres n’avait pas comme but d’avoir un certain pouvoir et c’était le projet, pas la visibilité qui les intéressaient. Je faisais partie de celle-ci.

Durant des mois, les luttes internes fratricides furent nombreuses. Les médias furent témoins de ces agressivités intestines. Des coups bas furent portés, des accusations de tricherie furent faites, des personnes partirent puis revinrent. Des élections se décidèrent sur des procurations récupérées vaille que vaille dans le camp des démotivés puis furent annulées puis refaites, etc.…

A la fin, l’équipe partisane du débat gagna grâce à la majorité silencieuse. Mais dès le début du travail de cette équipe, une partie de cette majorité peu motivée retourna dans son silence et la minorité de départ devint une majorité de fait grâce aux motivés et reprit le pouvoir dans les assemblées.
L’équipe de « dirigeants » passa donc son temps à devoir se justifier face à une base hostile et elle finit par abandonner et démissionna dans son ensemble cinq mois plus tard.
Les membres de l’équipe originalement battue revirent alors au pouvoir par la grande porte et firent par après du bon travail mais…. les déchirements internes avaient été tels que pendant des années, l’organisation n’eut plus la visibilité qu’elle avait au début de cette crise. Le mal était fait pour le mouvement…

Plus tard, il s’avéra qu’il y avait des gens très bien dans les deux « camps », que tout le monde s’était sans doute laissé entraîner par les émotions et que l’Ego de certains avait joué dans l’emballement.

A posteriori, je me dis qu’il n’aurait pas fallu pourrir la situation, tout mettre à plat quitte à diviser les forces et éclater le mouvement dès le début, ce qui arriva de toute manière à la fin. Par la suite, le temps effaça les blessures et la réunification fut de nouveau possible, mais on avait perdu un temps précieux.

L’objectif « simple » était le refinancement de l’enseignement.
Le projet était la FEF.
La période était la fin des années 90.

J’espère ne pas vivre une seconde fois ce type de situation…

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